‹ Vie de S. Vincent de PaulChapitre 17 sur 115 · CHAPITRE Wll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Wll

IL £ST POURVU DE LA PRINCIPAUTÉ DV COLLEGE DES BONS-ERFAIITS, EMSUITC DE QUOI SE FIT LA PREMlICllE FONDATION DE LA GOHGRXGA- TION DE LA MISSION.

Madame la générale des galères, comme il a été déjà dit, avant reconnu la nécessité et les fruits des missions, avait conçu depuis plusieurs années le pieux dessein de faire une fondation, pour l'entretieo et subsistance de quelques bons prêtres ou religieux, qui allassent de temps en tempsexercer cet office de charitédans ses terres; et iedéûr de voir ce dessein accompli, allait tous les jours s'augoientant en son cœur; de sorte que renouvelant chaque année son testameut, par le-

* Magna laus^ laudari à laudato viro. Ciccro, /i/'. 6. Epist, 12.

* AiljiciUaudum digiiitati honor laudanlit*. Hamerti», in l'ancijijr, Jnfian.

• «BetattmltwlM «lilto itvmpovoetta bMiiio<Mfn,«llfr«i MmudtaoMirexéMtlonà M. ¥ioeeiit,leqocld6 m psrtdwrekait mnrtléi leB moyens et ToeeMiraprofMipoar mettra iMMtadtéetteirertMiuedMM. Il m parla ploiieoniUsaai sapfinde dîfenes ccNninaiiautâi, et employa toate son iadustria poar r^eiMaderd'acoepter celte fondation; ee qoil ne pat peuHant enlTy n'ayant troofé aoeno sopérienr qui vonlM y engager sa oaninanté; diacan ayant ses raisons partienKères, pov lesqneitar 11 fait ne le devoir pas fidre : maîA la principale était que Diea témih t eet oiinvge I M. Yhaeentt et comme sa ptoTidenee dispose sa»ml tontes choses pour pareenif à ses Uns, tt employa le eooeovfa «anses secondes les pins propres poor le ftdre rénsdr et pour y ager son Adèle senritenr. Void de quelle fap». iadaBM la générale sadiani le raftas qne fusaient IssoommnnaMdB fiansesy et d*altlsnfs croyant plaslenfs doctents et antres Yertnen idastiqoes qnl se joignaient oCfeinairemenC à M. Y inesnt pour tx^ isr ans missioas,dlajngeaqoe s*il y avait ne maison dûs tarie, Htdeetinée potfeeni qni Tondraient eontinncr ces missions^ qnsi» hnns d'entre eu ponmients'y rettrert ^ 7 ^^^ ensemble en Ifne ftiraede oommnnanté, en laquelle d'nMrsa prétrss étant d^ itiçH, cette bonne oonvrepoorraitaind se perpétneV|ft safondn- «volrnn efettelqn'ella le désîmiL Elle en paria à M. aon nwri, nno seulement approuva sa pensés, mais aussi voulut se rendre lalsui conjointement avec die, et tous deu conunnniquèraBi leur BinàM. Jean-Frsnçoia de Gondy, leur iktas, sneeessrar de M. le ImI de Rets au gcavtmenmnt de Péglisc de Paris, dont il fut le lier arduvéqua, laqud approuva grandeoMUt leur ado; et condr nft qœ son diocèse pourrait en rscevmr beaucoup d'avantagm, il ni ausd y contribuer, en destinant le eollégedes Bons-Bnfmtsqni isa disposition, poor le logeoMit deces prMiw. Après avoir ifd eneemble de ce qu'il leur ecmblait être le plus capédient pour I léusrir un d grand bien, ilsserésolnrent d'en psrier Ions traie à ^tament, pour eoupcrcbemîn atonies ha oaeuars que son bnmililé fnKdlégncr, etroblig»irto8 rfBeacementdeseeonforaMr àlems aaents; ee qui réussit sdon leur inlsntion, le singulier leflpeetqw Ineent portdi ècss trais penoMm lui ayantCdt donner les mains it M qu'ils désirdcni de lui» il eonasnlit è la propodiion qu'ilalnî ty prmiènment de rasevoir la prindpanté de ce collège aveaia Mondes prêtres qni sTy retireraient avec lui, et des pelles ils s'eppliqueraient; sercndrment, d'accepter la in nom desdits prêtres; et en Iroidème lien, de rhoMr M

même ceui qu'il trouverait propres et dispoeéipoor

La chose étant ainsi résolue, elle fut ensuite e&éeatée^ek peadi jours après, c'est-à-dire le premier jour de mars 1624, rairahsféfn loi fit expédier les provisions de la principauté du oolUga dit Bom* Enfants.

Et le 1 7 avril de Tannée suivante M. le général des galteas et msr dame sa femme passèrent le contrat de fondation, qui fut par kv ordre, et suivant leur intention, conçu en des termes dignea de km piété.

. Ils déclarèrent en premier lieu, • que Dieu leur ayant donné dep» quelques années le désir de le faire honorer tant en leurs terras qn'Mtrès lieuiy ils avaient considéré qu'ayant plu à sa divine majesté pouvoir par sa miséricorde infinie ani nécessités Sfnrituelles des TilkSi pir quantité de bons docteurs et de vertueui religieux qui les ptUbaA it catéchisent, et qui les conservent en Fesprit de dévotioD^ ilnn'Mli que le pauvre peuplede la campagne, quiseul demeure eomme - dÉnh donné , àquoi il leur avait semblé qu'on pourrait remédier par InpiflW association de quelques ecclésiastiques, de doctrine, piélé ékmÊfUllâ connues, qui voulussent renoncer tant aux conditions deadUeuiAs qu'à tous bénéfices, charges et dignités de TÉglise, pour, plaisir des prélats, s'appliquer entièrement et purement an pauvre peuple, aHantde villageen village, aux dépenadolenr commune, prêcher, instruire, exhorter et catédiisercespannwganB,ft les porter à faire une confossion générale detoute leur vie paMéei mm en prendre aucune rétribution, en quelque sorte et manière cpaa CBaott, afin de distribuer gratuitement les dons qu'ils auront reçus de la main de Dieu. Et pour y parvenir, lesdits seîgnemr «ti en reconnaissance des biens etgrtoes qu'ils ont reçues et îoumellement de sadite majesté divine, pour eontribnerà Vi désir qu'elle a do salut des pauvres âmes, pour honorw' le rincarnaiion, delaYieetde la Mort de Jésus-Christ Noirs Brfg—r, pour Tamour de sa très-sainte Mère, et encore pour Piaayar A'eUasir la grâce de si bien vivre le reste de leurs jours, qu'ils pnÉnantavee leur famille parvenir à la gloire étemelle ; et qu'à cet efirt landilisis gneur et dame ont donné et auniAné la somme de quarante «ailb Ivres, qu'ils ont délivrées comptant ès-mains de M. Vinesnt 4» Pialf prêtre du diocèse d'Acqs, aux clauses et charges snivantaa. C^â à savoir, que lesdits seigneur etdame ont remis et remettent an dudit sieur de Paul, d'élire et choishr dans un an tel sonnes ecclésiastiques que le revenu de la présente porter, dont la doctrine, piété, bonnes mœurs et intégrité éc: ^hri

triTailler aadit œavre, loo^ndinelîoii sa vie t ; Aqw leiditi sâgneor et dame entendent et Teolent exprèsity tant poar la eonflanee qu'ib ont en sa eondnité, que pour r«mpérienee qa'H s^eet aequise an fait desdites missions, ès-quelles Bien Ini a donné grande bénédiction. Nonobstant laquelle direction tontefoiai lesdits seigneur et dame entendent qn'icdui sieur de Paul fMsesa résideaee continuelle et actnelle en leur maison^ pour conti- MMT à eox et à leur funille l'assistance spirituelle qu'il leur a rendue depuis hmgaes annéss.

• QnelesdUa (ÉnlésiattiqaeB et autres qui désireront à présent et à r«f eairs'adoiineràeeaaint oeuTre, s'appliqueront entièrement an soin dudit pamnre peuple de la campagne, et à cet effet s'obligeront de ne ' ni admiiristrer aucun sacrement ès-Tilles ès-quelles il y aura éyérèeiié onprésidial, sinon encas de notable nécessité. Que luea vivront en communsous Tobéissance dudit sieur da[ Vanl^elde leoit supérieursà l'avenir après son décès, sous le nom son Gongfrégation des Prêtres de la mission. Que ceux qui tcBuvre seront obligés d'avoir intention d'y •mir Dlen eala manière susdite, et d'observer le règlement qui sera ma m entre eux dressé. Qu'ils seront tenus d'aller de cinq ans en cinq «if par tMtes Ica terres desditsseigneur et dame pour y prêcher, con- !.cllaire toutes les bonnes œuvres susdites; etd'assis- \ pauvres forvais, afin qu'ils profitent de leurs peines eorp(»dlea^A^'en ceci ledit seigneur général satisfasse à ce Oi quoi il seaent aoemiement obligé; charité qu'il entend être conti- > à perpétuité à Tavenir auxdits forçats par lesdits ecclésiastiqucF,

s. £t enfin, que lesdits seigneur et i fondateurs dudit œuvre, et comme tile«u elleoiB hoirs etsnccessenrs descendants de leur famille joui> M*t i perpétuité des droits et prérogatives concédés et accordés aux palMM pac.lca saints canons, excepté au droit de nommer aux charfSSb auquel ils ont renoncé. »]

Il J a qneiqMs antres danses dansle contrat qui ne regardent que le boA ordre qoidoîiêtre observé par les prêtres, tant pour les intervalles des pissions qne pour leur propre perfection, ^ui eussent été trop iongoes à rapporter: ce quhenaété extrait ci*dessus suflira pour faire coiinaitrenoa-seulemsnt quelle a été la première fondation des prêtresde la Congrégation de la Mission ; mais aussi combien pure et agréable àDiea aélé l'intention de leurs premiers fondateurs^ lesquels y; oui . nniqueasent recherché sa plus grande gloire, et le salut des Ames q\ i srmblaientlespitts délaissées, telles que sont celles des pauvres gens ce

la campagne. Et ce qui est particulièrement digne deremarqne, etqu fait voir leur grand déftintëressement en cette affaire^ est qu'ils ii*OBt point voulu imposer aucune obligation ni demes8e',ni deprièmpour eux, ni d'autres charge ou bonncR œuvres qui leur fussent appliciibki en particulier, soit pendant leur vie ou apri^s leur mort ; aOn qne kl prêtres de cette Congn«gation étant dc^gagës de ces sortes d'obligatiom pussent avec plus de liberté s'appliquer aux fonctions de leur miniitère, et travailler avec plus d'assiduité aux missions: ces charitaUes fondateurs s'élant ainsi volontairement privés de tous les Boulagemeots spirituels qu'ils eussent pu prétendre, afin que les pauvres en fussent mieux servis et secoîirus, et que par ce moyen Dieu en fût plus glorifie.

Peu de temps après que ce contrat eut été passé, M. le général des galères s'en alla en Provence, et Madame demeura à Paris, tous deux gninflementconsolésdu sacrifice qu'ils venaient d'offrir à Dieu, et fort sati^^faits d'avoir assuré leur fondation, l'ayant ainsi mise entre ki mains de M. Vincent, en qui ils avaient une entière confiance, tenait pour certain qu'il se comporterait comme ce vigilant serviteur de i'Kvangile, qui fit profiter les talents qu'il avait reçus de son maître: en quoi ils n'ont pas été trompés, cette première fondation ayants! bien profitéentreles mains et sous la sage et fidèle conduite de M. Vincent, qu'elle ena produit un grand nombre d'autres par la bénédietioB qu'il a plu à Dieu lui donner, comme il se verra en la suite de ce livre.

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