CHAPITRE XVIII
MADAME LA GÉNÉRALE DBS GALERES PASSE DE CETTE VIB A UHB MlIIr LEtRE, ET M. VINCENT SE RETIRE AU COLLEGE DES BOMS-EIIPABTS.
Comme la fondation des prêtres delà Mission était Touvrage que celle vertueuse dame avait le plus affectionné, reconnaissant lesfndti qu'il pouvait produire dans l'Église, pour le salut et la sanetiflcation d\ni trtVgrand nombre îd'àmes; aussi après que Dieu lui eut ftiith gràee d' v mettre la dernière main, le voyant parfait et accompli, il loi semblait qu'elle ne pouvait plus rien désirer en cette vie, etoomme une atilre sainte Monique, elle pouvait bien dire en son cœur qu'elle n'avait pins rien àfairesur la terre, Dieu ayant donnéle comble à ses plus ar* dents souhaits; et partant qu'elle ne devait plus qu'aspirer anriel, pour y recevoir la couronne préparée aux services qu'elle avait lAdié de rendre à sd divine Majesté*. Et en effet, deux mois n'étaient pas
* Liuiiii (!iui prupU:r quod in b&i: vità aliqiiaiitiiliiin immoiari rupiebam; cumuliUà» li»r iiiihi Diiis pr.T8litli; quid Isllur adhnc hlr farlo? Auquxt. lih. 0 Conféss , «pp. 10.
^ vMMv ocpnt ^pM €0 0fMitntd6 fitMMrtkNi tôt été pMiéy qii'eli6
I d'oM maladie, laqodle en pra de jaon ajaBt réduit
ieMieorpe déjàftnt atténué par mb maladieapréeédeniee,
I Me peiiMa et fhtignes qne son tèle et sa charité hd avaient
B, en aé^MN enfin aori^îkme, ponr la transmettre dans
MM fat la veille de la fftte de saint Jean-Baptiste de
ItéÊÛMifgii qttlarrKa cette nrart, laqaelle n'a pn ttre qoe trè&«*pré-
ctanÉlf wvÉbt Oknl ayant été précédée d'une vie très-sunte, dont l'bis-
MHna ettt été eapabtede fournir de qurt remplir un Juste volame, à la
ttèa grlMh éttleatlM dètoute la postérité ; mais comme il n'y avait
^pM M ;»Tfnwiit'i|nl éii pAt donner les meilleurs mémoires^ ayant en
fh» de eomiataance qu'aucun autre des excellentes qoaMMsetdes
AtfiifMtas de la détente, et d'ailleurs son humilité lui faisant tou-
|siM «SidMr Mmle toile du silence tous les biens où il avait quelque
fif^'fSdi i été la taÉie pour laquelle il a toujours évité de déelarer ce
fd^ tetfirvatt, pour ikei|Mia donner connaissance de ce qui était de lui-
lAM^éeUè iaiiileet vertueuse dame n'ayant presque rien fidt de con-
lidftrride pêe» le ierviceet la gloire de Dieu, oh M. Yincent n'eût *
gMidCiBMnt toopéré, et par conséquent n'eût mérité d'avoir beaucoup
êê part à la Hmange qtt'on lui en eût rendue, ce qu'il craignait le
ftai et qtt*n «fiyrft auimit qu'il lui était possible.
Apifèsqu^on èeft rendu les derniers devoirs à madame la générale, et
qne, mituf es qn'dle avait ordonné, son corps eut été porté an mo
naaière des Carmélites de la rue Chapon, M. Yincoit partit aussitôt
pour aller en Provence porter cette triste nouvelle à monsieur Kon
mari; et eonilM II savait bien qu'eDelui causerait une grande douleur
4 qn'mie telle séparatbm ne Ini pounidtètre que très-sensible, du pre*
Mer slb^rd ayaift par prudence dissimulé le sujet de sa venue, il ne lui
lartaqfaedea grandes obligations qu'il avait à Dieu, ponr les grâces
trik-jpttrffcirilèrea qui! en avait reçues, tant en sa personne qu'en toute
m HûÊÊié ; M de la reoonnaisaance qa'il lui en devait rendre, dont un
dea pHndpaox actes était de se tenir continudlement dans une parfaite
dépcndaDM et entière conformité k sa très-sainte volonté en toutes
ehoaea, sans aucune réserve : et ainsi l'ayant peu k peu disposé, il lui
Jtelaf eiiAkeeqnl était arrivé; et après avoir donné lieu aux premiers
moateÊUttâB dé la nature, il employa tout ce que son grand jugement
al l'taiietiAn du Safnt-Bsprit, dont il était abondamment rempli, loi
purent suggérer, pour adoudr la douleur causée par une si fâcheuse
aotrrelle,et pour hil aider à poMar cette affliction, qui lui était très-
aeaaiblaot amèm, avec paix et tranquillité d'esprit : car on peut dire
avec vérité, qu'entre les grâces parUcalières qne M. Vincent avait
I e.;(u s i\v Dieu, une défi; principales étaitccllede Gonsoler les aflUgé8|Ct adoucir louis plus grandes peines et angoisses intérieam; Hotn-Sâgih ur Jésus-Cbristlui a\aut donné pour cet effet unespéciakrwmiuinioation de son esprit, par la vertu et l'onction duqael il pouTaitdircâ son imitation, que Cesprit du Seigneur^éiait sur lut, pour itangéliur les pauvres, et pour consoler hs affligés et guérir le$ frleifimi ib leur cœur^ . Ce que cette vertueuse damedéfunte availBOUvenléprouTé parmi les angoisses et peines intérieures, dans lesquelles il plainiiî I)ieu Texercer ; car dans cet état de souffrance, elle ne pouvait troaver de consolation plus solide que celle qu'elle recevait de M. YineentiCD quielle avait reconnu une si parfaite charité pour lui proGorerievni bien de son àme, et pour attirer toutes sortes de grâces sar sa famille qu'elle avait toujours souhaité qu'il n*en sortit point, estimant qu'il J serait comme Tarche en la maison d'Ubededonii qui y attirerait abondammentlesbénédictiousdivines :ce fut pourquoi en lui faisant unlcp par son testament, pour un témoignage de sa reconnais6anoe|dlej ajouta • qu'elle le sMPpliait, pour Tamour de Notre-Seigneur Jésus- Christ et de sa sainte 3lère,de ne vouloir jamais quitter la maison de M. le général des galères, ni après sa mort ses enfants; et non coatente de cela elle supplie par son même testament M. le général de vouloir retenir chez lui M. Vincent etde l'ordonner à ses enfants après lui, les priant de se souvenir de ses saintes instructions et de les suivre, connaissant bien, s'ils le font, l'utilité qu'en recevra leur Ame, et la bénédiction qui en arrivera à eu\ et à toute la famille. •
M, Vincent toutefois n'était pas en sou élément dans cette granle maison, laquelle, quoique très-bien réglée et ordonnée, l'exposaittrop au grand air du monde; ce fut pourquoi regardant plus ce que Dieu demandait de lui, que ce que cette vertueuse dame en avait désiré, et prOférunt l'amour souverain qu'il devait au Créateur à toutes lescousidôrations humaines qui semblaient Tobliger a rendre cette satisfaction et reconnaissance à la créature, il pria instamment M. le généra! d'agrcer qu'il se retirùt au collège des Bons-Enfants; ce qu*il obtint enfin de lui, et avec sa permission étant sorti de sa maison| il alla s'établir eu celte nouvelle demeure.
Ce fut en l'an l (525 que ce fidèle serviteur de l)icu,après avoir YOgiu plusicurs années sur la mer orageuse du monde, aborda enfin par uni conduite toute particulière delà diviue Provideuce en cette retraite, ciiunni en un port assuré, pour y eommencir une vie tout apostolique. et en renonçant absolument aux honneurs, aux dignités et aux aairc^
• S|>iiiiii6 Ooiiiini huptT luf. cvHi^ohwirr |>uu[Hfribue misil me, Mnare eontriU» cuiik uin>iiMiiBici onine^tugcnlis. ha.^ xu, Luc, 1.
nondcy j faire ane profession particulière de travailler à m rfection et au salât des peuples dans la pratique des vertus •Christ a enseignées, et dont il nous a laissé Texemple. m ce lieu où il jeta les premiers fondements de la Congréga- Mission, toute dédiée comme celle des premiers disciples de iBt, à suivre ce grand et premier missionnaire venu du ciel, dller au même ouvrage auquel il s'est employé pendant le sa vie mortelle.
Dr mieux pénétrer dans les desseins de Dieu touchant cette nstitution de la Congrégation de la Mission, il est nécessaire nnaitrequel a été celui duquel sa providence infiniment sage ses conduites, a voulu se servir pour en être le premier instit comment il lui adonné toutes les qualités de corps et d'es- ^nables pour bien réussir dans une entreprise si importante à et au bien de son Eglise. Il est vrai qu'il ne sera pas aisé de sr ce que ce grand serviteur de Dieu s'est toujours efforcé de itant qu'il lui a été possible, sous le voile d'une profonde huest pourquoi nous n'en pouvons dire que ce que la charité sance l'ont obligé de produire au dehors, dont néanmoins la ) partie qui est toute intérieure et spirituelle, nous est inconirtant nous en représenterons au chapitre suivant seulement 1, lequel, quoique fort grossier et imparfait, ne laissera pas ' quelque lumière au lecteur, pour mieux concevoir tout ce avons à lui rapporter dans la suite de cet ouvrage.