CHAPITRE XXX
ÉTiLBLISSEMElUT D'U5 HÔPITAL POUR LES ENFANTS TROUVES.
Les peintres voulant représenter la Charité sous quelque figure sensible, la dépeignent ordinairement avec plusieurs mamelles, et un nombre de petits enfants qu elle tient entre ses bras et sur son sein. Si on voulait faire un emblème de la charité de M. Vincent, il ne faudrait point se servir d'autre peinture que de celle-là, qui viendrait aussi fort à propos au sujet dont nous allons parler en ce chapitre. >'ous y verrons ce saint homme, comme le père nourricier d*uu trèsgrand nombre de pauvres petits enfants délaissés, auxquels ou peut dire qu'il a donné et couservé la \ie, leur procurant, au lieu de leurs marâtres qui les avaient si inhumainement exposés et abandonnés, autant de mères très-charitables, qu'il a excité et porté de dames ver tueuses à prendre soin de pourvoir à leur nourriture et à leurs autres nécessités. Voici de quelle façon et par quelle occasion cette entreprise vraiment chrétienne a commencé.
I^ ville de Paris étant d'une étendue excessive, et le nombre de ses habitants presque innombrable, il se trouve beaucoup de dérèglemt-iits en la vie de quelques personnes particulières, auxquels il n'est
pas possible d'apporter un tel remède qu'il ne rcBte toujoors ptûsieurs dt^^^ordresj entre IcnqtieJH un di*s p\m peniicîeuK est TeipoKition et rabfliidon des enfants nouvellement nës, dont souvent on met| noQ-^eulerîïent la vie^ mais aueii le satut en péril ; les nièrmdéii^fl tarées, ou autres qui exercent cette itiliumanité envers cm petit^P créatures uinoeente^f ne ne soaciant guère de leur procurer le bïip* tème pour les mettre en état de salut, * ^H
Ou a reinarqu*^ qu'il ne se passe auruiic année qull ne s'en retrouva au DioîoB troi» ou qualro eentA fî]i[>osë8, tant en la ville qu'aux faubourgs i et selori Tordre de l*t poUce, il appartient à rofttcedcs cauiini*^* eaires du CluUelet, et de îcvcrcus enfaotsaitif^i expoëéî*, et de faire dus procès- vrrbaux du lieu et de Tétat où ils le« ont trouvés.
Ils les faimeut porter ci-deVant en une maison qu'on appc^lalt la Coutlie, eu la rue Saîtit-Landry, où ils étaieut reçus par utiecurtnine veuve qui y demeurait avee une ou deux servantes, et se chargeait du soin de leur uourriture; mais ne pouvant s^uflire pour uu si grand nombre, iti entretenir des nourrices pour les allaiter, iii uournr et ëli ver c(ux qui étaient fevrés, faute d uu revenu suffisant, la plupart < ^ei pauvrjs enfants mouraieut de laa^^u^ur eu cette miiifioui ou mi^me les Bervaiiïrs, pour se délivrer de l'importunitéde leurs cris, leur faisaient pretuirii uu<;< drogue pour les endormir, qui causait la mort à plusieurs. Ceux qui écbappaieiit n cedan^er^ étaient ou donnes a qui les venait demander, ou vendus à si vil prix, qu'il j^ en a eu pour lesquels on u'a pajé que vingt sous. On les acbelait ainsi , quelquefois pour leur faire téter des femmes gâtées, dont le lailcornunpu les faisait mourir; d*autre^ fois pour servir aux niauvHL!^ desseins de que^^f qaes personnes qui supposaient des enfants dans les famille^^ iïm^ arrivaient d'étranges désordres- Et on a su qu ou en avait acheté (ce qui fait horreur) pour servir à des opérations magiques et diaboliques^ ; de Rorte qu'il nemblatt que ces pauvres îunoceuts fussent tous coq^ damnés a la mort, ou à quelque chose de jnre, n'y en ayant pas seul qui échappât à ce malheur, parce qu'il n'y avait f»ersonne qi prit soin de leur conservation p Et ce qui est encore pi un déptorabii plusieurs mouraient sans baptême^ cette veuve ayant avoufi qu'ell n'en avait jamais baptisé ni fait baptiser aucun.
Ce désordre si étrange dans une ville si riclie, si bien poticéeet ch retienne qu'est celle de Paris, toucha sensiblement le cœur de lit Vincent lorsqu'il en eut conuaifisauce ; mais ne sachant commeut y pourvoir, il en parla a quelques-unes dos damcH do la Charité, et les coQviad'tilIerquelquefoifi dans cette maison, non pas tant pour découvrir le mal qui était assez connu^ que pour voir s'il n*y aurait point qmelque moyeu d*y remédier. Ce qu ayant fait, elles furent excitées à
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hieaeidMi^piMireo dn lait de ebèm on de ta-^
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i qn'eUei avaient de eenx
I tonlle rèrte^ etd'entro-
: maieeoinnweetteobargeetoetle'
i*de leart fonmj rimpoaibUité d*7 satie-
•fcligiiit deifitenteeee bons monvemente dins leur eœnr,
I avÉir JMan&oiMp prié Dien^ et ooneerté souvent ensem-
itiment nae assemblée générale an eommence-
liiMMOv danslaqueUe M. Tinosnt lenr représenta aveo
. de son sàlOy riavortanes et la néosssité ds oette
icsnvre, etla ginnd esnioe qn'on 7 ponvtft rendreà Meo, en
I v«Hn fni tai est si ipi^le } eHsB prirent
le soin de ifc nonnltnre et de
ravisdseeSssedireolenr,eUes sans desÉsin de s'en eharger par * 'sminii>lntlm:qna poor lors il b'j avait qna doate on >peiR?nida:invenn assaMf$fJfalsqnoiqne, depuis, (ipiéHMiinilteUvtfes psr annâtaw Éor lesdnq gro
InaMIi ¥insan|fvn0t9nn(eeta eeiiieité b piM ntfenailteeeslMiiNnr dépense aliait tons les ans à près de qoafaA^jnHa livniii^lia^MMft^ee eont tronvéei de teiîips en tsmps fort ^9Ê^mé$ ilsiinifedsiail^greBria efaarge^etdane l'apprébemionde lA'nne leUa entcepries. QebLObligpa M. Titiœdt > environ l'an 164B,obil mit en liadiveilQssser^onbîsneentinosr à prendre ïéK Iwnnititwniili» rmenhnts^élentensalibsfftédes'endéshar-
gcr, puisqa*cUc n'avait point d'autre obligation à cette bonne œuvre que celle d'une simple charité- Il leur proïK)<îalcfi raîsonâqui pouvaient les dissuader ou pei*suader; il leur fit voir que jusqu'alors^ par leurs cliaritables soins, elles en avaient fait vivre jusqu'à cinq ou six cents, qui fussent morts sans leur assistance , dont plusieurs apprenaient iïiétjer,el d'autres étaient en état d'en apprendre; que par leur moyeu tous ces pauvres enfants, en apprenant à parler, avaient appris à connaître et à servir Dieu ; que de ces commencements elles pouvaient inférer quel serait à Ta venir le fruit de leur charité. Et puis élevant nu peu sa voix, il conclut avec ces paroles : « Or sus, Mesdames, la compassion et la charité vous a fait adopter ces petites créatures pour vos enfants; vous avez été leurs mères selon la grâce depuis que leurs mères selon la nature les ont abandonnés ; voje^ maintenant si vous voulez aussi les abandotmcr. Cesser d'être leurs mères, pour devenir à prt%cnl leurs juges, leur vie et leur mort sont entre vos mains; Je m'en vais prendre les voiit et Iciî suffrages : il est temps de prononcer leur arrêt, et de savoir si vous ne voulez plus avoir de miséricorde pour eux. Ils vivront, si vous continuez d'en prendre un charitable soin ; et au contraire, ils mourront et périront infailliblement^ si vous les abandonnei^ : rexpërience ne vous permet pas d'eu douter M. Vincent ayant prononcé ces paroles avec un ton de voix qui faisai assez connaître quel était son sentiment, ces dames furent si î\ touchées, que toutes unanimement conclurent quHl fallait soutenir, & quelque prix que ce fut, e^lte entreprise de charité, et pour cela elli délibérèrent entre elles des moyens de la faire subsister.
Ce fut ensuite de cette résolution qu'elles obtinrent du roi les bâtiments du château de BictHre, où elles ont logé pendant quelque temps ces enfants, après qu'ils étaient sevrés ; mais outre que Tair y était trop fiubtil pour ces petites créatures, il y avait encore d autres incommodités qui obligèrent les dames de les faire ramènera Paris, et de prendre à louage une grande maison au bout du faubourg de Saint-Lazare, où ils sont encore présentement nourris et élevés par dix ou douze filles de la Charité. On entretient plusieurs nourrices dans cet hôpital, ' donner du lait aux enfants nouvellement apportés, en attendant id'aulres nourrices des champs les viennent prendre, auxquelles on paie par mois le salaire dont on convient avec elles. Lorsque les enfants sont sevrés^ elles les rapportent au nn^me hôpital, oii ces bonnes filles de la Charité prennent soin d'eux, et en leur apprenant à parler, leur apprennent à prier Dieu, à le bien cou naître, à l'aimer et à le servir; et quand ils avancent un peu en âge, elles les occupent à faire quelque petit ouvrage pour éviter loisivcîé, en attendant que
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\ «MwlM pour les poarroir, et ''leiir tnintt et industrie.
•mMPM|ilÉi««fcélé lBg«nills de cette eainto crayre qui e'ert eonti-
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dtakfaehirité e été si eTutageoie et ei li?onble i
feM dire qn'ite iMt ^ns heuveu du» Fabandim
qM eHIe efiient été nourris et élefés penni
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DIen seaUe SYolr Tonln irérifler par le monte-
: k premier piineipe de eette duniteUe en-
nn pkophèle : qne s'il se trontait d«|jnères
ipa'de mettre en onbtt et i l'abandon leon propres
patanidle en prendrait le sdn, leur suscitant et
ii qui auraient ralBwtioni et qui
ai»«défMit des antres.
DB. Kcsmms sfajTWAfRiw b'bggl^sustiquis,
iflMHisitMIftè twt «séjours eontmnant leur cours ters TO-
lenis eauxy par la déduurge de
l'éUes rsgoiTent dans leur sein : ainsi
i^ M portant UNqeun plus parfriMment
de nonteanx aeoroissements^ aussi
At ; non pm tanTà la térité en
I isOMSi qn'en se eemnnndquant et répandant
I la Protidenee ditine
iue
des chajriitres précédents le aèle
M<Mifeini qnV a pris pour lilre revi«ip le premier
le clergé; c'estpouredaqnlJiÉ'emplojaà
orcHiMinlSy Im oonfénncm, et les retraites
Or, comme cm moyens, quelque très-
Uèt ywptcs^ n» produisiiMt pas encore tout le fruit
H jugea funttyait p<ffter le remède jusque
dsPMlgÉflffaliire, c'eslHà-direde prépîow et
iilt«|iteq^ atoir quelqn»
étit| pÊt lé mejen dm i
ds'-mukw-' - ' . •
C'est la raison pour laquelle, après qu'il se fat retiré en la maison de Saint Lazare, environ l'an 163G, il destina le collège des Bons- Enfants pour servir de séminaire, dans lequel on élèverait de jeunes clercs aux lettres et aux bonnes mœurs, pour les rendre capables et dignes de Télat auquel ils aspiraient. Néanmoins, ayant reconnu depuis que les fruits de ces séminaires déjeunes clercs étaient un peu tardifs, à cause du long temps qui se passait avant quils fussent en âge et en disposition de recevoir les saints ordres ; etdailleurs voyant le grand besoin que 1 Église avait qu'on formât de bons prêtres, qui fussent propres pour être bientôt employés aux fonctions ecclésiastiques, son sèle lui faisait souhaiter qu il piùt à Dieu de pourvoir à cette nécessité, par rétablissement de plusieurs séminaires pour ceux qui avaient reçu K*ft ordres sacrés, ou qui seraient en volonté de les recevoir, afin qu'ils y prissent l'esprit ecclésiastique et se formassent aux fonctions de leur état ; mais comme son humilité ne lui permettait pas de s'ingérer de lui-même en cette sainte entreprise, la divine Providence qui l'avait fait connaître à M. le cardinal de Bichelieu, lequel témoignait être fort aise de le voir de temps en temps, et même de le consulter quelquefois sur les moyens de procurer la gloire de Dieu dans le clergé, lui donna occasion de déclarer un jour à ce bon seigncnr les sentiments qu'il avait sur ce sujet. Il lui dit donc qu'après les exercices des ordinands et l'usage des conférences spirituelles entre les ecclésiastiques, qui se pratiquaient déjà en plusieurs lieux, il semblait qu'il ne restait plus rien à désirer, sinon l'établissement des séminaires dans les diocèses, non tant pour les jeunes clercs, dont les fruits étaient un peu tardifs, que pour ceux qui étaient déjà entrés, ou en disposition prochaine d'entrer dans les saints ordres, afin d'y être exercés pendant un ou deux ans, à la vertu, à l'oraison, au service divin, aux cérémouies, au chant, à Tadministration des sacrements, au catéchisme, à la prédication, et aux autres fonctions ecclésiastiques, comme aussi pour y apprendre les cas de conscience et les autres parties plus nécessaires de la théologie ; en un mot, pour être rendus capables non-seulement de travailler à leur perfection particulière, mais aussi de conduire les âmes dans les voies de la justice et du salut ; que faute de cela on voyait fort peu de prêtres qui eussent les qualités nécessaires pour servir et édifier l'Église, et au contraire qu'il y en avait gcand nombre de vicieux, d'ignorants et de scandaleux qui servaient de pierre d'achoppement aux peuples.
M. le caidinal l'ayant écouté avec satisfaction, témoigna qu il goûtait fort cette proposition, et l'exhorta efficacement d'entreprendre lui-même un tel séminaire ; et pour lui donner les moyens de le commencer, il lui envoya mille éciis qui furent employa à l'oitretien des
lien ecclésiastiques que M. Vineeut reçut au collège des Bonsnts au mois de février de Tannée 1642. Il les fit nourrir et inre Tespace de deux ans, pour les rendre capables de tout ce qui rtenait à leur condition ; et plusieurs autres se présentèrent dequi offrirent de payer leur pension, pour être élevés de môme à fté et à la science. C'est ainsi que le séminaire des Bons-£nfants (lença sous la sage conduite de M. Vincent, avec la permission paient de feu M. rarcbevèque de Paris. Ce bon prélat avait )eroiis aux prêtres de la communauté de Saint-lVicolas-du-Char^ et d'en commencer un autre, sur lequel Dieu versait beaucoup înédictions, par les soins de ces messieurs, et particulièrement Bzèle incomparable de M. Bourdoise, à qui iVotre-Seigueur avait é Tesprit clérical en abondance dès sa jeunesse , et une ardeur •jable pour le communiquer aux autres.
lelqaes années après l'établissement de ce nouveau séminaire au ^ des Bons-£nfants, le nombre des ecclésiastiques s'y étant beauaccru y et le logement, qui est assez resserré, ne pouvant conteintde personnes sans incommodité, M. Vincent en retira les « clercs qui étudiaient aux humanités, et les transféra daus une m qui est au bout de l'enclos Saint-Lazare hors les faubourgs, nomma le séminaire de St-Charles, où les prêtres de sa Congren ont toujours depuis continué, et continuent encore maintenant traire aux humanités, et d'élever à la vertu les jeunes enfants qui Ignent avoir quelque inclination d'embrasser Tétat ecclésiastique. ;puis ce temps-là, les prélats de ce royaume, considérant la néces u*il y avait d'établir de semblables séminaires pour les personnes nautiques, en ont pour la plupart érigé dans leurs diocèses, et eurs d'entre eux eu ont confié la conduite aux prêtres de la Conition de la Mission, comme à Cahors, Saintes, Saint-Malo, Tré- ', Agen, Montauban, Agde, Troyes, Amiens, INoyon, et en plu- 8 autres lieux, non-seulement de la Trance, mais aussi de Tltalie, et atres provinces étrangères. £n quoi Ton a remarqué que, comme lit des missions faites par M. Vincent et par ceux de sa Congrem, a excité plusieurs autres vertueux ecclésiastiques de s'adoniux mêmes exercices des missions ; ainsi depuis qu'il se fut applik l'emploi des séminaires, et que Texpérience en eut fait voir clairement la nécessité, l'utilité et la facilité, ils ont été établis usieurs diocèses du royaume ; ce qui a beaucoup contribué au de tout le clergé de France, qui commence, par la miséricorde ieuy à reprendre sa première splendeur, laquelle semblait avoir m peu ternie dans les siècles passés.
davantage de eequ'ib n'ont pas pour eux le^iehoiesméme qui leuTî nécessaires.
3° De se comporter envers ien pauvre:^ malades avec grande lUé, douceur et afTabUité, leur parlani d'une maotère familière etc iliale, pour lea gagner plus facilement à Dieu. Ehéîd, IL leur mari de quelle façon elles devaient leur parler de la eonfea^ion gënértlc quoique ce fût en termes fort simples et populaires, le pieux lei^leur a consolation en les lisant ici, d'y voir une expression naïve de la cha dont le cœur de ce père des pauvres était rempli. Yoîci comme ilc viaît ces vertueuses dames de parler aux pauvres femmea et fiHes ! lades, pour Im disposer et instruire à faire une confession géiiém
* Ma bonne sœur, y a-t-il longtemps que vous ne voua êtes p< confessée? N'auries-vons point la dtSvotion défaire nue contessioa nérale^ si Ton vous disait comme il la faut faire? On m'a dit qu'il était important pour mou salut d'eu faire une bonne avaril demourir, tant pour réparer tes défauts des confessions ordinaire i j*ai peut-être mal fait^^ que pour concevoir un plus grand regrdl mes péchés, en me représentant les plus griefs que j'ai commi^â eu te ma vie, et la grande miséricorde avec laquelle Dieu m'a supporli m* ayant pas condamnée ni envoyée au fen d'enfer lorsque je Y\ rite, maU m' ayant attendue à pénitence pour me les pardonn pour me donner enfin le paradis^ si je me convertissaiB à lui de 1 mon cœur y comme j'ai un bon désir de faire avec le secours d* grâce. Or, vous pouvezavoir lesmèraes raisons que moi de fairee confession générale, et de vous donner à Dieu pour bien vivre à venir. Et si vous voule^savoir ce que vous aveis à faire pour vouaj souvenir de vos péchés, et ensuite pour vous bien coufesBer, ûM appris h moi-m^me à m'examiner comme je vais vous le dire,efl[ m'a aussi appris comment il fallait former en mon cceur une vraiec trilioD de mes péchés, et à en faire les actes en cette manière, On m'a aussi enseigné à faire des actes de foi, d'espérance, û'mè de Dieu en cette manière, etc. - ^
Voilà comment ces vertueuses et charitables dames, par Tafto ce sage directeur de leur assemblée, se comportaient envers ces p vres malades^ pour les instruire et pour les préparera faire une bo confession; ce qu'elles faisait non-seulement avec succès et hé diclioti, mais aussi d'une telle manièi^e que personne m pt>uva trouvera redire^ mais plutôt en tirer do rédillcalioti, et profi leurs bons exemptent.
Environ di ux ans après le premier établissemeut de cette com gnie^ M, Vincent jugea qu*il était expédient de députe)
nombre de dames, de trois mois en trois mois, qui s'appliqueraient partîcalièremeiir à Tinstruction et consolation spirituelle des pauvres ■alades, pendant que les autres vaqueraient à leur donner queI(|U(^ loolagement corporel ; l'expérience ayant fait connaître qu'il était dit' fidk que celles qui travaillaient à Tun, pussent s'employer à l'autre; oatre qu on pourrait, par ce moyen, choisir et députer celles qui sentent trouvées les plus propres pour l'exercice de ces œuvres de milôioorde spirituelle, les unes n'y ayant pas si grande aptitude que ki autres. Elles s'assemblèrent donc toutes à cet effet, et la compagnie ayant approuvé la proposition qui en fut faite, on prit résolutioa de l'exécuter, et ou en députa quatorze pour travailler pendant tma mois à ce saint emploi. Dès le lendemain celles qui avaient été ainsi députées, furent, suivant l'avis de M. Vincent, prendre la bénédiction de celui ou de ceux d'entre MM. les chanoines de Notre- Oame qui exerçaient la charge de supérieurs de rUôtel-Dicu, et enlûte elles commencèrent à aller deux chaque jour de la semaine, les nnes après les autres, visiter, consoler et instruire les malades. De Irma mois en trois mois aux quatre temps de l'année, on en élisait d'autres qui faisaient de même, et U. Vincent assemblait tant celles qui sortaient de charge que les autres qui y entraient, avec les oUicièm de la compagnie, dans leur chambre près de l' Hôtel-Dieu; et là celles qui sortaient de charge rapportaient de quelle façon elles y avaient procédé, et les fruits que Dieu en avait fait réussir, afin que ee qu'elles avaient bien fait servit de règle aux autres qui leur succédaient, et leurs bons succès d'encouragement pour s'employer avec plus d'affection au même exercice. M. Vincent appuyait de ses avis, qaand il le jugeait nécessaire, les 4:hoses qu'il fallait suivre et faisait prendre garde à celles qui étaient à éviter, leur recommandant toujoure de se comporter envers les religieuses et les pauvres de la manière qui a été dite ci-devant.
Quand les pauvres malades étaient suffisamment instruits et disposés à faire leurs confessions générales, les dames prenaient au comaKncement le soin de faire prier quelques religieux de les aller entendre; mais quelques difficultés étant survenues qui les empêchèrent de eontinuer, elles y employèrent, avec l'approbation et permission des supérieurs, denx prêtres, eu leur donnant quelque honnête rétribution; l'un desquels savait parler plusieurs langues pour la commodité des pauvres malades étrangers. Et comme ces deux n'y purent »uiGre, et que d'ailleurs le nombre des malades augmentant , les dames retrouvaient surchargées de l'instruction; outre que la bienséance oe leur permettait pas de vaquer à celle des hommes, pour leur np* prendre à bien faire leurs confessions générales ; elles co\\N\utç\\\.
avec MH. les supérieure de mettre six prêtres à FUôtel- Dieu pour instruire les hommes et entendre les confessions tant des hommes qtie des femmes^ afin de suppléer par ce moyen au défaut des autres prêtres habituas au même lieu, lesquels étant attaches au ehceur pour les divins oJ£ces^ ne pouYaient s'appliquer au soiu des malades. Ces sis: prêtres nedevaients'employerquà Tassistance spirituelle de ces pauvres malades, et pour cela ils u'étaieut point du tout obligés d'assister àu% oiBees ; et avant d*entrer à THêtel-Dieu, ils devaient faire une retraite eu la maison de Saint-Lazare^ où demeurait M. Vincent^ et la renouveler en la même maison tons les ans, pour se bien disposer aux offices de charité qu ils eiereaicnt* Les dames leur donnaient quarante éeus à chacun, et outre cela, ils avaient tous les jours leurs messes en réglise de INotre-Dame, et étaient logés et nourris à rHôteUDieu.
Or, pour connaître les grands biens que celle c ompagnie des dames a produits pour le salut et pour la sanctificalion des pauvres malades de rH6tel-Dieu, il faut remarquer qu avant qu'elle fût établie, c'était la coutume de faire confesser les malades en entrant, lesquels, pour l'ordinaire, n'ayant point été instruits ni disposés, et étant dans le trouble et dans la douleur que leur causait leur mal, faisaient souvent des confessions nulles et sacrilégea : d'ailleurs il se trouvait parmi ces malades assez fréquemment des hérétiques qui, n'osant pas dire quelle était leur religion d^ peur d'être renvoyés, faisaient semblant de se confesser comme les autres, et de la sorte 11 s'y commettait de trèsgrands abus, et ne s'y faisait que très-peu de vraies conversions. On ne leur parlait jamais de confession générale, ni même de faire une autre confession, sinon aux approches de la mort, lorsqu'ils étaient autant ou plus incapables de se bien confesser que la première fois. C'ef^t à tons ces besoins et à tous ces abus qu'il a plu h Dieu de pourvoir par rétablissement de cette compagnie des dames ; lesquelles, par leurs emplois charitables et par leur zèle soutenu et assisté de la prudente conduitcdc M. Vincent, ont non-seulement remédié ù ces maux, mais aussi procuré de très- grands biens pour la sanctification et pour le salut de ces pauvres malades. C'est Dieu seul qui connaît tous les bons effets que cette assistance a produits avec le secours de sa grîice; c'est lui qui sait le nombre de ceux qui ont été mis en état de bien mourir ou de commencer une bonne vie. On peut néanmoins direqu^il ne peut avoir été que très-grand, quant à la conversion des mœurs, s'il est permis d'en juger par la comparabon des conversions qui regardaient la religion : car dès la première année seulement, sans parler des antres suivantes, la bcnédiclionde Dieu fut si abondante sur celte sainte oeuvre, qu'il y eut pins de sept cent soixante personnes dévoyées de la M aie foi, tant luthériens, calvinistes que Turcs, dont plusieurs avaient
VHiMlteBWnéi àPiitey etenfûjés àfEAtalet mbÊ$ÊÊèimt îm religion catlioliqiie^ Et moB Um répuiAdt tnr 1m «mplois et let rHAtol*Dîea ea telle igHme, qpi*one Fifift éHH malade, demanda d'y^tie reçae en et Heu au-delà, pour j èlre aeooorae et aasietée les panims, ee qulhii fut aeeordé.
^enlneoneoiatioaide Toir tons eeê grands biens, qoi les4t«flii de^ses mains et de ses charitalto entrendses, HAHmtt'WlgoMer pendant sa vie, dnnnt pins de vlngteneore après sa UHNrt, avee la même BiBfltB nn Joar ks^dames en lenr assemblée i la reoon- IpMles dentafr nndfe à Dien de ce qn*il avait daigné les M eanlrid^ellsa'ponr opérer de si grands bicBS. « O mesir dit»fl,*qQe veos deiw bien rendra grâces i Dien de l'at* MB a fidt ftdrannK besoins corporels de ces panvres ! de 4ilm corps a produit cet elfet de la grâce, de tous 4Menr «dnt en nn= temps si opportun, que la plupart Jamolafanirapoar se Uen préparer à la mort. Et ceux qui driNdadio ne penseraient guèra à changer de vie, sans les ék^oo tâehs de les mettra. »
ai ^ JmwM. ^ - CBÎAfOTRE m.
^^JaiJtUftigÊMIP^^i^^ POlinL UE8 ERFARTS TBOnvSS.
, Mm psintrm imilani rff réscnter la Charité sous quelque figura aen- 4lléS Jn défeipMBA.4Mdinalnmanl avec plusienn mamelles, et un WÊÊÊÊmù infelila enliwnts «n'elle tient entra ses bras et sur son sein. I^emhlftmcjde: la dharîté de M. Yincent, il ne fou» jît'ailia peintftin que de celle-là, qui vimdrait i4n«qet(éûnlnous allons parler en ce chapitra, i jstot bon|ms>*eoa>me le pèra nourricier d'un trèsk petits eniMits délaissés, auiquels on peut fcetSMSsrféia yie^ leor procurant, au lieu de leun i^qni lesjMienliSàiRlunalnament exposés et abandonnés, Um^t'il a excité et porté de dames TerlàfsmrihmMiaidinfânwîr à leur nourritura et à leurs antres i TuMjde q/Ê^jtfÊtiom M par qudle occanon cette entra- É^coaDunencé.
Jm«ilift4aiBaiia#snl4'«M;étendaeexcea8i?(s «i ^ nombn deaes ■MlsInipBniiii liniamhral^lSj il se: traura beaucoup de dérègle* icnlieB>lauriBjéiH|feelfwa perfeonoes particulières, auxquels il n*est
|la0 poisfble d'apporter un tel remède qu'il ne rente toajaars pitiftienfi^ ddHordres, entre Icmjuris un drs plu» peroicieux est lexpositioD et rabatidon des enfants nouvellement né^^ dotit saavent on met, uoa^seulemetit la vie, mah auBsi le salut eu péril ; les mères dé0i|fl turét'é, ou autres qui exercent cette in humanité niTcrs ces peiît^^ créaturi'S mnocenteii, ne Re Boueiant guère de leur procurer le buptéme pour les mettre en état de ftalut. * ^H
Ou a reiuarqué qu*il ne si* passée aucune annëe qu'il ne s'en rrtrouv^^ au motuB ImiH nu qualrc eenls e^puséa^ tant en la ville qu'aux faubourgs; et seloo Tordri^ de la police^ il appartient et i'ot'licede^ en m mi» «aircH du CluUelet,ctde îtvtîreca enfants aîu^i expoiés, et de faire di prot*cs-vrrbaux du lieu et de 1 état où Us te^ ont trouvés.
Ile k>s faisaient porter ci -devant eU une maison qu'on appelait lu Goucfie, en la rue Saint-Landry, où ils étaient reçus par une certaine veuve qui j demeurait avec une ou deux servantes, eteeeliargeaitdu soin de leur nourriture; mais tie pouvant suftire pour uu si grand nombre j ni entretenir deâ nourrice;! pour les allaiter, ni nourrir et élfl vercrux qui élaient sevrée, faute d un revenu suffisant, la plupart c&é pauvr.^"^ enfants miiuniient de lau^u^'uren cette miisou, ou in^^me les *ser%auNs, pour se délivrer de rimportunitéde leurs cria, leur faisaient prcnUie nue drogue pour les endormir, qui causait la mort ù plusieui8. (Jcu?t qui êcbappaient a ce danger, étaient ou dounéî^ a qui les venait demander, ou vendus à si vil prix, qu'il y en a eti pour lei* quels on n'a payé que vin^tsousA)u les achetait aiu^i ,quei({uefais pour leur faire téter dcj; femmas gâtées, doni le lait corrompu tes fai- , sait mourir ^ d autres fois pour servir aux mauvais desseum de quali^f ques personnes qui supposaient des enfants dans les famille^^, d'ol^' Cirrivaieni d'étranges désordres, El on a su qn ou en avait uciieté(ce qui fait horreurj pour servir à des opérations magiques et diaboliqu de sorte qu'il fiemblait que ces pauvres itinocents fussent tous eo damnés h la mort, ou à quelque chose de pi!*€, n'y en uvaut pa^* ieul qui échappât à ce malheur, parce qu*il n'y avait personne q prît scîu de leur conservation . Et ce qui est encore plus déplorahli plusieurs mouraietït sans baptême, cette veuve ayant avoué quel n'en avait jamais baptisé ni fait baptiser aucun.
Ce désordre si étrange dans une ville si riche, û bien policée et ehrétieune qu'est celle de Paris, toucha sensiblement le coîur IL VîneenI lorsqif it en eut connaissance ; mais ne sachant comment y pourvoir, il vu parla à quelques-unes des dames di; la r-hanté, et i convia d aller quelquefois dans cette maison, uou pas tant [>our déco Yrir k mal qui était asseK connu, que pour voir s'il n'y aurait poi quelque moyen d'y remédier. Ce qu'ayant fait, elles furent excitées à