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gep, puisqu'elle n'avait point d'antre obligation à cette bonne cBU^rifl que celle d'une simple eharité* Il leur pro postales raisonsqui pouvaient" 1 es diî^suader ou persuader; il leur fit voir que jusqu'alors, par leurs charitables soius, elles en avaient fait vivre jusqu'à cinq ou six cents, qui fussent morts sans leur assistance, dont plusieurs apprenaient métier^cL d*au très étaient en état d'en apprendre ; que par leur moyen tous ces pauvres e!ifants, en apprenant à parler, avaient appris 1^ connaitrc et à servir Dieu ; que de ces commencements elles pouvaient^ inférer quel serait à l'avenir le fruit de leur charité* Et puis élevant un peu sa voix, il conclut avec ces paroles : « Or sus, Mesdames, la compassion et la charité vous a fait adopter ces petites créatures pour vos enfants j vous avez été leurs mères selon ta grâce depuis que leurs mères selon la nature les ont ahandonnéa j voyez maintenant si vous voulez, aussi les abandonner. Cesser d'être leurs mères, pour devenir à présent leurs juges, leur vie et leur mort sont entre vos mains ; je m'en vais prendre les voix et les suiïrages ; il est temps de prononcer leur arrôt, et de savoir si vous ne voulez plus avoir de miséricorde pour eux. Ils vivront, si voua continuez d'en prendre un charitable soin; et au contraire, ils mourront et périront infailliblement, si vous lea abandonnez : rexpérience ne vous permet pas d'en douter* »4fl| M, Vincent ayarU prononcé ces paroles avec un ton de voix qui faiî^ait « assez connaitre quel était son sentiment, ces dames furent si fort touchées, que toutes unanimement conclurent qu'il fallait soutenir, à quelque prix que ce fût, cette entreprise de charité, et pour cela elles^i détibérèrent entre elles des moyens de la faire subsister. ^|
Ce fut ensuite de cette résolution qu'elles obtinrent du roi les bÂti* ments du ehàtean de Bieètre, où elles ont logé pendant quelque temps ces enfants, après qu'ils étaient sevrés ; mais outre que Tair y était trop subtil pour ces petites créatures, il y avait encore d autres incommodités qui obligèrent les dames de les faire ramènera Paris, et de prendre à louage une grande maison au bout du faubourg de Saint- Lazare, où ils sont encore présentement nourris et élevés par dix ou douze filles de la Charité. On entretient plusieurs nourrices dans cet hùpital^M pour donner du lait aux enfants nouvellemcut apportés, en attendanlw que d'autres nourrices des champs les viennent prendre, auxquelles on paie par mois le Falaire dont on convient avec elles. Lorsque les enfants sont se vréiî, elles les rapportent au même b6pital, où ces bonnes filles de la Charité prennent soin d eux, et en leur apprenant à parler, leur apprennent h prier Dieu, h le bien connaitre, k Tatmer et à le servir;et quand ils avancent un peu en âge, elles les ociîupent à faire quelque petit ouvrage pour éviter loisiveté, en attendant que lapro-
Tidence de Dieu fasse naître quelque occasion pour les pourvoir, et mettre en état de subsister par leur travail et industrie.
Voilà quels ont été les fruits de cette sainte œuvre qui s'est continuée avec grande bénédiction depuis plus de vingt-cinq ans, par la sage oMidaite de M. Vincent, et par les soins et les bienfaits de ces vertoeasea dames, dont U charité a été si avantageuse et si favorable à ces enfants, qu'on peut dire qu'ils sont plus bcureux dans l'abandon où ils ont été exposés, qne s'ils avaient été nourris et élevés parmi lean parents, qne 1 on pent présumer être ou très-pauvres ou trèsvicieux ; en sorte que Dieu semble avoir voulu vérifier par le mouvenent de sa grâce, qui est le premier principe de cette charitable entreprise, ce qu'il a dit par un prophète : que s'il se trouvait des mères ^i dénaturées, que de mettre en oubli et à l'abandon leurs propres enfants, sa Providence paternelle en prendrait le soin, leur suscitant et donnant d'autres mères bien meilleures, qui auraient TaiFeclion, et qui prendraient le soin de suppléer abondamment au défaut des autres.