‹ Vie de S. Vincent de PaulChapitre 90 sur 115 · SECTION UNIQUE · texte numérisé non relu

SECTION UNIQUE

EECUXIL DE QU£LQU£S AVEBTISSEIUUITS ET INSTRUCTIORS DK

u. viacENT sua le sujet de l'oraison.

L*Ecritiir6 sainte, parlant du prophète Samuel ^â\l cyaL\\\i^\Amr T. u. \'v

hait pas une de ses paroles en terre ' : et nous ponvona dire le eu quelque sens des paroles de M. Vincent, lesquelles étant animési de Tesprit de Dieu et assaisonnées de sa grâce, faisaient impressioD sur ceux qui les écoutaient, et en frappant l'oreille touchaient k cœur. C'est pour cette raison que nous ayons estimé que le todenr catholique recevrait consolation et édification, si poos inaéiioiis îà quelques avertissements et instructions qu'il a donnés en diviaa temps aux siens sur le sujet de l'oraison, et qui ont été soigneoiBment recueillis par quelques-uns d'entre eux. Et quoique ce bea serviteur de Dieu ait fait ces discours sur-le-champ, sans les avoir prémédités, selon les occasions qui se présentaient k sa charité| li simplicité néanmoins avec laquelle il parle comme un père qui inrtnit ses enfants, leur donnera une grâce particulière, et qième fera qis les âmes bien disposées en tireront un plus grand profit.

Parlant donc un jour à sa communauté sur ce sujet : « On oonnait, dit- il, ceux qui font bien oraison, non-seulement eu la numière de k rapporter, mais encore plus par leurs actions et par leora déportements, par lesquels ils font paraître le fruit qu'ils en retirent : ilia faut dire de même de ceux qui la font mol ; en sorte qu'il est ailé êê voir que ceux-là s'avancent et que ceux-ci reculent. Oc, pour tirer di profit de son oraison, il faut s'y préparer, et ceux-là manquent gnadement qui négligent cette préparation et qui ne vienuent faire mason que par coutume et parce que les autres y vont : Aniê prœpara animam iuam, dit le Sage ; avant que de te préeenterà Fi son, prépare ton àme ; car l'oraison est une élévation de Teafirit à Diiai pour lui représenter nos nécessités, et pour implorer le seooorfde^ miséricorde et de sa grâce ; il est donc bien raisonnable qn'ayaat i traiter avec si haute et si sublime Majesté, Ton pense un peu qn'e*« qu'on va faire, devant qui est-ce qu'on va se présenter, qu'eafr^ee qa'ea lui veut dire, quelle grâce on lui doit demander. U aniTe nénnmiwni souvent que la paresse et lalÂcheté empêchent de penepr à eala; oa bien tout au contraire la précipitation et l'ineonridération nom m détournent; ce qui fait que Ton tombe ence défaut de prépamtîo|i,à quoi il est nécessaire de remédier. Il faut encore prendre garda à nottt imagination vagabonde et coureuse pour l'arrêter, et à la légèrclé di notre pauvre esprit, pour le tenir en la présence de Dieu, aana poa^ tant faire un trop grand effort, car Texcès e^t toujours nuisible.

« L'oraison a trois parties, chacun eu sait l'ordre et la méthodSiil s'y faut tenir. Le sujet est d'une chose sensible ou insensîbiil: û dk

' Crevit Samuel; et Dominiu erat cmn eo; et non eeddlt ei «ji ^ i

ttmm. 1 Reg,, cap. &• ^

est i-cnsible, comme un mystère, il faut se la représenter et faire atttiuiiou à toutes ses parties et circonstauces ; si la chose est iuseusi- Me, comme si c*e&t uue irertu, il faut considérer eu quoi elle consiste, 1 1 quelles sont ses principales propriétés, comme aussi quelles sont h es marques, ses effets, et particulièrement quels sont ses actes et les nuivciis (le la mettre eu pratique. Il est bon aussi de rechercher les j aisous qui nous portent à embrasser cette vertu, et nous arrêter aux motil's qui nous touchcut davantage. Ils se peuvent tirer des saintes If^crilui es ou bien des saints Pères ; et quand quelques passages de leurs écrits nous revieunent en la mémoire sur ce sujet pendant Toruisuu, il est bon de les ruminer en son esprit; mais il ne faut pas alors les i echercher, ni même s'appliquer à plusieurs de ces passages ; car à quoi bcrt d'arrêter sa pensée à un ramas de passages et de raibous, siuoa peut-être à éclairer et subtiliser notre entendement ? ce qui est piulùl vaquer à Tétude que faire oraison.

u Quaud on veut avoir du feu, Ton se sert d'un fusil, on le bat, et uushitôt que le feu s'est pris à la matière disposée, on allume de la cliaadelle ; et celui-là se rendrait ridicule qui ayant allumé sa chandelle contiuuerdit de battre le fusil ; de même quand une àme est assez cclaii'ée par les eousidéralions, qu'eât-il besoin d'en chercher d'autres, et de battre et de rebattre notre esprit pour multiplier les raisons t;t leb pensées? ne voyez- vous pas que c'est perdre le temps, et qu'alors il iauts^appliquer à eullammer la volonté, et à eiciter ses affections pai* la beauté de la vertu et par la laideur du vice contraire? ce qui u est pas malaisé, puisque la volonté suit la lumière de reuteudeluent, etbe porte a ce qui lui est proposé comme bon et désirable. Mais ce u est pab encore assez : il ne suffit pas d'avoir de bonnes affections, il faut passer plus avant, et se porter aux résolutions de travailler tout de bon a l'avenir, pour l'acquisition de la vertu, se proposant ue la mtttic en la pratique et d eu faire des actes. C'est ici le point important et le iruit qu un doit tirer de l'oraison; c'est pourquoi il ue iuut pas passer iégeremeut sur ses résolutions, mais les réitérer, et les i)ien mettxe daus sou cœur ; et même il est bon de prévoir les empècUemeuts qui peuvent suivemr, et les moyens qui peuvent aider poui' en venir à celle pratique, et se proposer d'éviter les uns etd'embras&er icb autres.

- Ur, eu cela, U n'est pas nécessaire ni souvent expédient d'avoir de grands senuments de celte vertu que nous voulons employer, ni même de désirer d'avoir ces sentiments; car le désir de se rendre «eusibieales vertus, qui sont des qualités purement spirituelles, peut quelquefoiii nuire et faire peine a l'esprit, et la trop gcdad^ ^^^Nnsj^ Uon dorwModMMai échauffe le cerveau el cduae Ol^ ^to\i\fe>^^^^^'^*^

ci.nime aussi les actes de la volonté trop souvent réitérés , oo tro^ violents, épuisent le cœur et l'affaiblissent ; il faut s6 mcklérer en tont. s l'iioscs, cl Tcxcès n'est jamais louable en quoi que ce puisse être, purticulièrcnient dans l'oraison; il faut agir modérément et suavement, et couherver surtout la paix deTcsprit et du cœur. »

Cue autre fois expliquant la différence qu*il y a entre les penste («ui vienuentdc nous-mêmes et celles quinous sont inspirées de Dieu: <. Voyez, dil-il, la différence qu'il y a entre la lumière de Dieu el c. Ile du soleil ; pendant la nuit notre feu nous éclaire, et par le moyeo di' sa lueur nous soyons les choses, mais nous ne les voyons qu'im- |)arfaitement, nous n'en découvrons que la superficie, et cette lueor no vu pas pi us avant : mais le soleil remplit et vivifie tout par sa lauÂbse , il ne dccouvre pas seulement l'extérieur des choses, mais par une vertu secrète il pénètre au dedans, il les fait agir et les rend même iniclueuses et fertiles, selon la qualité de leur nature. Or les penséei vX I os considérations qui viennent do notre entendement ne sontqw (les petits feux qui montrent seulement un peu le dehors des objeli, ol ue produisent rien davantage ; mais les lumières de la grâce que le ^'oleil de justice répand dans nos dmes découvrent et pénètrent jiis(iu'au fond et au plus intime de notre cœur, qu'elles excitent et portent à faire des productions merveilleuses. Il faut donc demander i\ Dieu que ce soit lui-même qui nous éclaire et qui noas inspire ce qui lui est agréable. Toutes ces considérations hautes et recherchées lie sont point oraison ; ce sont plutôt quelquefois des surgeons de la superbe ; et il eu va de même de ceux qui s'y arrêtent et qui s'y taisent, comme d'un prédicateur lequel se pavanerait en ses beaux diirour.s, qui prendrait toute sa complaisance à voir les assistants satiifa ils de ce qu'il leur débite; en quoi il est évident que ce uesenil pas le Saint-Esprit, mais plutôt l'esprit de superbe qui éclairerait soa entendement, et qui pousserait au dehors toutes ces belles pensées; ou pour mieux dire, ce serait le démon qui Texciterait et qai le ferait ]uirler de la sorte. II en va de même eu l'oraison lorsqu'on recherche de belles considérations, qu'on s^entretient en des pensées extraordinaires, particulièrement lorsque c'est pour les débiter aa dehors en rapportant son oraison, afin que les autres en aient de Testime : c'est là une espèce de blasphème; c*est en quelque fiçon iMre idolâtre de son esprit ; car en traitant avec Dien dans roraisoBi vous méditez de quoi satisfaire à votre superbe, vous employa ce saint temps a rechercher votre satisfaction, et à vous complaire dafli cille belle estime de vos pensées; vous sacrifiez à celte idoh deh vanité. T'"

« Ali ! mes Vvères, guYÙo\\*-A\ow% V\*«^ Ae tR% '

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que nous sommes tous remplis de misères ; ne recheroiioos que ce qui nous peut davantage humilier, et nous porter à la pratique solide des vertus. Abaissons-nous toujours dans l'oraison jusqu'au néant, et dans nos répétitions d*oraison, disons hnmblement nos pensées; ctsil s'en présente quelques-unes qui nous semblent belles, défionsnous beaucoup de nous-mêmes, et craignons que ce ne soit l'esprit de superbe qui les produise, ou le diable qui les inspire. C'est pourquoi nous devons toujours nous humilier profondément quand ces belles pensées nous viennent, soit en faisant oraison, soit en prêchant, soit dans la conversation avec les autres. HélasI le Fils de Dieu pouvait ravir tous les hommes par son éloquence toute divine, et il uc Ta pas voulu faire; mais au contraire, en enseignant les vérités do son Évangile, il s'est toujours servi des expressions et paroles communes et familières; il a toujours aimé d'être plutàt avili et méprisé que loué et estimé. Voyons donc, mes Frères, comment nous le pourrons imiter; et pour cela retranchons ces pensées de superbe dans l'oraison et ailleurs; suivons en tout les traces de l'humilité de Jésus- Christ; usons de paroles simples, communes et familières, et quand Dieu le permettra ainsi, soyons bien aises qu'on ne tienne compte de ce que nous dirons, qu'on nous méprise, qu'on se moque de nous, et tenons pour certain que, sans une véritable et sincère humilité, il nous est impossible de profiter ni à nous ni aux autres. »

Quelqu'un de la communauté rapportant un jour son oraison, et ayant dit qu'il avait douté s'il devait prendre des résolutions, à cause de .sou infidélité à les mettre en pratique, M. Vincent prenant la parole et l'adressant à tons ceux qui étaient présents leur dit : « Pour avoir été infidèle à exécuter ses résolutions, il ne faut pas désister d'en prendre de nouvelles en toutes ses oraisons ; de même qu'enc4>ro qu'il ne paraisse point de profit de la nourriture qu'on prend, on ne laisse pas pour cela de manger : car c'est une des plus importantes parties, et même la plus importante de Toraison, de faire de bonnes résolutions, et c'est à cela particulièrement qu'il faut s'arrêter, et non pas tant au raisonnement et au discours; le principal fruit de Toraison consiste à se bien résoudre, mais à se résoudre fortement, à bien fonder ses résolutions, s'en bien convaincre, se bien préparer à les exécuter, et prévoir les obstacles pour les surmonter ; ce n*est pas néanmoins encore tout, car enfin nos résolutions ne sont d'ellesmêmes que des actions physiques et moi'ales; et quoique nous fa.ssioTis bien de les former en notre cœur, et de nous y affermir, nous devous néanmoins reconnaître que ce qu'elles ont de bon, leurs pratiques et leurs effets dépendent absolument de Dieu. £t d'où ^\)Sft^-^^'^

que provient le plus souYent que nous manquons à nos résoliitioiii? C'est que nous nous y fions trop ; nous nous assurons star HM boM désirs, nous nous appuyons sur nos propres forces, et cela est tânm que nous n'en tirons aucun fruit. C'est pourquoi, après qm mm avons pris quelques résolutions en l'oraison, il faut beaucoop prier Dieu et invoquer, instamment sa grâce avec une grande ddfiattee 4» nous-mêmes, afin qu'il lui plaise nous communiquer les grâces irfcessaires pour faire fructifier ces résolutions; et quoiqa'aptès eda nous venions encore à y manquer, non-seulement une ou deai fabî mais en plusieurs recontres et pendant un long temps, qoand Met même nous n'en aurions pas mis une seule en exécution, il ne ftttt jamais laisser pour cela de les renouveler et de recourir à la miâài^ corde de Dieu et implorer les secours de sa grâce. Les fautes passéèi doivent bien nous humilier, mais non pas nous faire perdre eoairage; et en quelque faute que l'on tombe, il ne faut pas pour cela Hen diminuer de la confiance que Dieu veut que nous ayons eil loi, nrib prendre toujours une nouvelle résolution de s'en relever etde aegt^ der d*y retomber moyennant le secours de sa grâce que nous lui de* vons demander. Quoique les médecins ne voient aucun effet des itmèdes qu'ils donnent à un malade, ils ne laissent pas poiir ààki^ les continuer et réitérer, jusqu'à ce qu'ils y reconnaissent qtill^ espérance de vie. Si donc Ton continue ainsi d'appliquer dés ireiHk^ des pour les maladies du corps, quoique longues et exirteleSy ettMC qu'on n'y voie aucun amendement, à plus forte raison doit-on fUn le même pour les infirmités de nos ftmes, dans lesqiteUes, quâfidl platt à Dieu, la grâce opère de très- grandes merveilIeÉ;. >

En une autre rencontre H. Vincent àyatit pris srijét de ^àlNtorMÉ ce qu'un des Frères de la compagnie suivait toujours tont dttl^lBiBiHt une même manière de faire son oraison, divisant le sujets oâisitt points : « Mon Frère, lui dit-il, vous avez bien fidt dé diviM^ vtfM oraison; néanmoins lorsque Ton prend quelque mysIèM ]^dafSÉ)it de la méditation, il n'est pas nécessaire ni expédient de s'alrrlWt une vertu particulière, et de faire votre division ordinaire sur feSQ|tt de cette vertu; mais il est plus à propos d'envisager rhistdtaeda mystère, etde faire attention à toutes ces circonstanees, n'y en iyadt aucunes, si petites et si communes qu'elles puissent étMi4iftBlBH quelles il n'y ait de grands trésors cacbés,8i notas bSvobA MMiMy chercher. Je le reconnus dernièrement dans une oonféreâtse de eM Messieurs qui s'assemblent céans : ils avaient pour sujet de Mirsitretien ce qu'il fallait faire pour employer saintement la 1 carême : c'était un sujél fort commun, dotat IM svaiMIt l

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traiter tous les ans ; et cependant on dit de si bonnes choses, que tous les assistants eu furent grandement toucbés, et moi particulièrement ; et je puis dire en mérité que je n*ai point vu de conférence plus dévote quecclic-lày ni qui eût fait plus d*imprcssion sur les esprits : car bien qu'ils eussent plusieurs fois parlé du même sujet, il semblait que ce n'étaient plus les mêmes personnes qui parlaient. Dieu leur avait inspiré dans l'oraison tout un autre langage. Voilà, mes Frères, comme Dieu cache des trésors dans ces choses qui semblent si communes, et dans les moindres circonstances des vérités et des mystères de notre religion : ce sont comme de petits grains de sénevé, qui produisent de grands arbres, quand ii pliil à >iotre -Seigneur y répandre sa bénédiction. •

Dans une autre occasion, parlant sur le même sujet de i'oraisoii : « Quelques-uns, dit-il, ont de belles pensées et de bons sentiments, mais ils ne se les appliquent pas à eux-mé mes, et ne font pas a^scz de réflexion sur leur état intérieur : et néanmoins on a souvent recommandé que lorsque Dieu communique quelques lumières ou quelques bons mouvements dans l'oraison, il les faut toujours faire servir à ses besoins particuliers; il faut considérer ses propres défauts, les confesser et reconnaître devant Dieu, et quelquefois même s en accuser devant la compagnie, pour s'en humilier et confondre davantage, et prendre une forte résolution de s'en corriger : ce qui ne se fait jamais sans quelque profit. Pendant qu'on répétait l'oraison je pensais en moi-même d'où pourrait provenir que quelques-uns fissent si peu de progrès en ce saint exercice de la méditation ; il y a sujet de craindre que la cause de ce mal ne soit qu'ils ne s'exercent pas assez en la mortification, et qu'ils doniient trop de liberté à leurs sens. Qu'on lise ce que les plus habiles maîtres de la vie spirituelle ont laissé par écrit touchant l'oraison, et on verra que tous unanimement ont tenu que la pratique de la mortification était absolument nécessaire pour bien faire ses oraisons, et que pour s'y bien disposer il faut non-seulement mortifier ses yeux, sa langue, ses oreillrs vt ses autres sens extérieurs, mais aussi les facultés de son Ame, l'entendement, la mémoire et la volonté ; par ce moyen, la mortification disposera a bien faire l'oraison, et réciproquement l'oraison aidera à bien pratiquer la mortification. •

Un des Frères de la compagnie s'étant un jour mis à genoux devant les autres, pour demander pardon de ce que depuis quelquetemps il ne faisait rien à l'oraison, et même qu'il avait peine de s'y appliquer : « Mon Frère, lui dit M. Vincent, Dieu permet quelque fois qu'on perde le goût qu'on ressentait, et l'attrait qu'on ^n^\V v^\n^

r— 216 — rorâiflon, et même qu'on s'y déplaise. Mais ç est oTdinaîremeaiQD exercice qu'il nous envoie, et une épreuve qu'il vent faire de notw, pour laquelle il ne faut pas se désoler, ni ^ laisser aller au déeonra* gement : il 7 a de bonnes Ames qui sont quelquefois traitées de la sorte, comme plugîetirs saints Vont aussi et é< Oui, fe connais plasieaîf B personnes fort vertueuses qui n*ont qne des dégoûts et des sécfaeitsses en Toraison; mais comme elles sont bieu fidèles à Dieu, elles <>n font un très-bon usage, ce qui ne contribue pas peu pour lenr avari* ■ cément en la vertu. 11 est vrai que quand ces dégoûts et eéchere^es

arrivent à ceux qui commencent à s'adonner à Toraison, il j a qttel«^H

quefois sujet de craindre que cela ne provienne de quelque nt%li' gence de leur part; et c'est à quoi, mon Frère, voas devez faire attention. *

Ensuite de cela, lui ayant demandé s'il n*avait point ma! à la téte,j et ce Frère ayant tout sioiplement répondu cp'oui^ pour avoir vont^ en sa dernière retraite se rendre les choiies sensibles en roraison • Il ne faut pas, mon Frère, lai répliqua- t-il, agir de ta sorte, im s*efforcer de se rendre sensible en Toraison ce qui ne Test pas de m nature : car c'est Tamour-propre qui se rechercbe en cela. Nous d vous agir par esprit de foi dans Toraisan, et considérer Iciî mystt' et les vertus que nous méditons dans cet esprit de foi, doucetiicïï! bumbiement^ sans faire effort sur l'imagination, et appliquer plolM la volonté pour les affections et résolutions, que reutendemeDt poar les connaissances. >

Un autre Frère, répétant son oraison, se plaignait quHl n'avait poii d'esprit pour bien faire cette action^ et que des facultés de son àW t n'en avait qu'une dont il put se servir, qui était la volonté, laquell commençait dès la seule proposition du sujet, et sans user d*an< raisonnement, à produire ses affections, tantôt remerciant Dieu,tâi tôt lui demandant miséricorde, et s'excitant à la confusion et au re gret de ses péchés, ou bien le suppliant de lui donner quelque pour imiter Notre-Seîgneur en quelque vertu, et ensuite preiiâ quelques résolutions, etc. '• Tenez-vous là, mon Frère, lui di H. Vincent, et ne vous mettes pas en peine des applicatious de I tendement, qui ne se font que pour exciter la volonté, puisque vôtre, sans ces considérations, se porte ainsi aui affections et au! résolutions de pratiquer la vertu : Dieu vous fasse la grâce de oûnlinuer de la sorte^ et de vous rendre de plus en plus fidèle à toutes 40 volontés, *

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