SA DÉVOTION F UITICULIÈRE ENVERS LE TRÈS-SAINT SACREMENT
DE l'autel.
Mais une des i lus grandes et des plus particulières dévotions de M. Vincent a été envers la très-sainte Eucharistie, considérée nonseulement comme sacrifice, dont nous avons pai*lé en ce chapitre, mais missi comme sacrement, sous les espèces duquel le Eils de Dieu se rend lécllement présent dans nos églises, et accomplit d'une manière aul aat véritable que merveilleuse, la promesse qu'il a faite de demeurer avec nous jusqu'à la consommation des siècles.
Cette dévotion de M. Vincent s'est manifestée premièrement par le
rèfl-graod respect avec lequel il se comportait dans les églises où
1 «posait ce Muvenient très-adorable, et par l'aflection trèsi^vakuds^
' ^u^il avait pour ces saints lieux que Jésus-Christ hetiorait de ta pri
i^aee. Voici ce qu'un perso oQâge de tK-s-graude vertu en a i^mm-
gaé : i J'ai remarqué plusieurs fois, dit-il^ lorsque M. Vmcent éM
eu prière devant le Saint-Sacrement, qu'on pouvait âisémeut r€C0ii-
naître en son extérieur la véritable et sluçère dévotion de son iule*
lieor : ît se tenait toujours prosterné à deux genoux, avec une coat^
nauce si liumble» qu'il sembtail qu1i se fût volontiers abaissé jusqti'l
centre de la terre pour témoigner davantage son respect en%cr» j
[majesté de celui qu'il reconnaissait présent. Et certes eu considér
[celte Diodestiti respectueuse qui paraissait en son visage, ou eût j
[dire qu'il voyait de ses yeux Jésus-Christ : et la coniposition dei
I extérieur était ëi dévote et si religieUBc, qu'elle était capable dei
rveiller la foi ta plus endormie , et donuer aux plus iuscnsible^déSM-
[tlmenls de pieté envers cet adorable mystère. >
Or ce n^était pas seulement en ollrant ses prières qu'il faisait paril* lire son respect et sa dévotion envers ce très-saini Sacrement fiaÉi toutes les fois qu'il se trouvait dans les égiises où il reposait pW ; quelque occaBion que ce fût, il se tenait toujours dans une trëd-griodf [modestie; et autant qu'il lui était possible, il évitait de parler à \ I sonne eu ces saints lieux : que sMl ne se trouvait en quelque nt j de le faire, il tàcbait de faire sortir hors de réalise ceux qui lui va laient parler: ce qu'il observait aussi envers les personnes les plof I qualifiées, et même envers les prélats, sans toutefois rien dire qm |>ût I blesser le respect qui leur était dû.
L'affection pariiculière qu'il avait pour les lieux honorés de eeU [divine présence était tel le ^ que les jours auxquels il n était pas si 1 embarrassé d'uiïaires ni obligé de sortir de la maison, on le voy* aller à Téglise, où il demeurait devant le très-saint Sacrement tout k temps qu'il pouvait avoir libre, et quelquefois plusieurs heures J recourait surtout^ comme un autre Moïse, à ce sacré tahernacli^ da la rencontre d?5 ail'aires épineuses et didiciles, pour y consulter 1*4 racle de la vérité : et Ton a vu souvent, lorsqu'il recevait des letU9 ' qu'il prévoyait contenir la nouvelle de quelque bon ou mauvais mfr f ces en chose importante, s en aller derrière le grand autel é$ StinK Lazare^ et là melt^tnt les genoux en terre, et ayant la tète une, oiivi! y et lire ses lettres en la présence de Notre-Seigueur : ce qu'il fa aussi en tous les autres lieux où il se rencontrait* Et un jour, < on lui eut présenté une lettre dans la cour du l^alats à Paris^ \ tant qu'elle lui annoncerait révénement d*une alfalre fort coc ble pour la gloire de Dieu^ quoique pour lors il fût fort iuc de ses jaml>es^ il ne. laissa pas de monter l'escalier pour aller à kl
ite chapelle du Palais^ où repose le très-saint Sacrement ; et l'ayant QTée fermée, il se mit néanmoins à genoux à la porte, et en cet t il fit la lecture de sa lettre. Il en nsait sans doute de la sorte ir protester plus parfaitement de sa soumission à toutes les dispoons de la Tolonté de Dieu qui lui seraient manifestées par ces let- »y et pour lui faire un sacrifice de tous les mouvements de joie, ou tristesse, que les nouYclles qui y étaient contenues pourraient iter en son âme.
2uand il sortait de la maison de Saint-Lazare, il allait premièaent se prosterner devant Notre-Seignenr en ce très-saint Sament, pour demander sa bénédiction; et aussitôt qu'il était de our, il allait derechef se présenter devant lui, comme pour lui ren- I compte de ce qu'il avait fait à la ville, le remercier des grâces 'il avait reçues, et s'humilier des manquements qu'il pouvait avoir mmis : ce qu'il faisait non par manière d'acquit, mais avec un ritable sentiment de religion et de piété, se tenant chaque fois un nps assez long devant le très-saint Sacrement, avec une posture t humble et dévote. Il a mis les siens dans cette pratique, disant i'il était bien juste qu'on rendit ce devoir au maître de la maison. Lorsqu'allant par la ville il rencontrait le Saint-Sacrement dans les », il se mettait aussitôt à genoux en quelqu'endroit qu'il se trouty et demeurait en cette humble posture autant de temps qu'il le avait voir; si ce n'esl qu'on le portât le long de son chemin, car ce cas il le suivait tète nue, quoique de fort loin, ne pouvant le vre de près à cause de la difficulté qu'il avait à marcher. Dans ses voyages il avait cette sainte coutume, passant par les lages, si les églises se rencontraient ouvertes, de descendre de )val pour aller visiter et adorer le très-saint Sacrement ; que si » se trouvaient fermées, il y entrait en esprit et lui n^ndait intéurement les mômes devoirs : et lorsqu'il était arrivé aux lieux où Allait s arrêter pour diner ou pour coucher, avant toute autre NK, il allait à l'église rendre ses respects et ses hommages au trèsit Sacrement.
Dans ses grandes maladies, lorsqu'il ne pouvait point marcher ni ionteuir pour célébrer la sainte Hesse,il avait la dévotion de comnier tous les jours, s*il ne survenait quelque empêchement insur- Dtable qui le privât de cette consolation ; et dans ses communions malières il y apportait de si grandes ^positions, et témoignait tel respect et une telle affection envers celui qu'il adorait et recei ea ce sacrement, qu'il semblait être comme transporté et ravi • de loi-mème. Sur ce sujet, partant un jour aux Mens des efTels T. II. \i
que ce divin sacrement opère eu ceux qui le reçoivent avee les diipisitions convenables, il leur dit : « Ne ressentez- vous pas, mes Fièroi ue ressentez- vous pas ce feu divin brûler dans vos poitrines, quail vous avez reçu le corps adorable de Jésus-Cbrist dans la comainion? » G^était de l'abondance de son cœur que sortaient ccspardo^ qui faisaient assez connaître ce que par sa propre expérieiiGe il goitait et ressentait eu ses communions. C'était aussi ce qui le pcNlaîti exhorter un chacun de se bien disposer pour recevoir dignement à fréquemment la sainte communion du corps de Jésus-Christ : car 3 n'approuvait pas qu'on s'en éloignât sans grande raison ; et nne p»sonne de piété, qui prenait conseil de lui, s'étant une fois alistsufi de recevoir ce sacrement, pour quelque peine intérieure qui loi étaft survenue, voici ce qu'il lui en écrivit le même jour dans un bilki: « Vous avez un peu mal fait de vous être aujourd'hui retirée de h sainte communion pour la peine intérieure que vous ayez ressentie: ue voyez-vous pas que c'est une tentation, et que vous donnes psrff moyen prise à ^renuemi de ce très-adorable sacrement? Pemovous devenir plus capable et mieux disposée de vous unir à Hêtre-Seigneur en vous éloignant de lui? Ob ! certes, si vous aviescelli pensée, vous vous tromperiez grandement, et ce serait une pan illusion. •
Une autre fois, parlant à ceux de sa communauté sur le mène ■jet, il leur dit « qu'ils devaient demander à Dieu qu'il lui plût Um donner le désir de communier souvent ; qu'il y avait sujet de gén devant Dieu, et de s'attrister de ce qu'où voyait cette dévotion se lefroidir parmi les chrétiens, et qu'en partie les opinions nouvdks es étaient la cause. » Sur quoi s'entretenaut avec le supérieur d'sM sainte compagnie et avec un autre qui était grand directeur des èoMiy et leur ayant demantlc s'ils voyaient maintenant autant depersonafli que par le passé se |}résenter à leurs confessionnaux et fréquenter h sainte communion, ils lui avaient répondu « qu'il s'en fiiilait coup, et que le nombre en était notablement dimipné ; que l'j ristie était pourtant le pain quotidien que Notre-Seigneo qu'on lui demandât, et que c était la pratique des premiers de communier tous les jours ; mais que ces nouveaux -venus en avaûat détourné grand nombre de personnes ; que ce n'était pas mervôlb si ou les écoutait, parce que la nature y trouvait son ocmpte, Aqm ceux qui suivaient ses inclinations embrassaient volontien «s noavelles opinions qui semblaient les soulager, eu les à^^^w^mmk ^ soin et de la peine qu'il y a de se mettre et de se naîttlSBir diislv dispositions requises pour recevoir dignement Sll M
sainte commuuiou. Il ajouta qu'il avait connu une dame de condition et de piété, laquelle ayant par le conseil de ses directeurs conti* iiué longtemps à communier les dimanches et jeudis de chaque semaine, et que s*étant mise depuis entre les mains d'un confesseur qui suivait cette nouvelle doctrine, par je ne sais quelle curiosité et affectation de plus grande perfection, il l'avait détournée de cette sainte pratique, ne la faisant communie^ au commencement qu'une fois en l'espace de huit jours ; puis il l'avait remise à la quinzaine, ensuite au mois, etc. ; et qu'après avoir demeuré huit mois dans ce relâchement, faisant un jour réflexion sur elle-même, elle s'était trouvée dans un état très-déplorable, toute pleine d'imperfections et sujette à commettre un grand nombre de fautes, à se plaire dans la vanité, à se laisser emporter à la colère, à l'impatience et à ses autres passions, et enfin tout autre qu'elle n'était avant cet éloignement de la sainte communion : de quoi étant extrêmement étonnée et touchée : 0 malheureuse! dit-elle en pleurant, en quel état est-ce que je me trouve maintenant? d'oîi est-ce que je suis déchue, et où est-ce qu'aboutiront tous ces désordres et emportements? Mais d'où m'est arrivé un ai malheureux changement? C'est sons doute d'avoir quitté ma première conduite, et d'avoir écouté et suivi les conseils de ces nouveaux directeurs, qui sont bien pernicieux puis qu'ils produisent desimau- \ais effets, comme je le connais par ma propre expérience. 0 mouDieu qui m ouvrez les yeux pour le rcconnaitre, donnez-moi la force de m'en dégager entièrement ! Après quoi s'étant séparée de ces nouveaux directeurs, et ayant renoncé in leurs dangereuses maximes qui rayaient toute détraquée et presque perdue, elle se remit par des conseils plus salutaires dans ses premières pratiques; et fréquentant comme auparavant les sacrements avec les dispositions requises, elle y trouva le repos de sa conscience et le remède pour tous se» défauts. » M. Vincent s'est plusieurs fois servi de cet exemple pour faire mieux connaître par l'opposition de son contraire les grandesbénédictious qui se recueillaient par la fréquente et digne réception de ce très-saint sacrement, dans lequel Kotre-Seigneur nous donne, nonseuleuicut une abondance de grâces, mais aussi la source de toutes les grâces, qui n'est autre que lui-même. Et comme ce dévot serviteur de Jésus-Christ était touché d'un grand ressentiment de cet excès d'amour et de charité d'un Dieu envers ses créatures, il exhortait souvent les sieus de lui rendre des actions de grâces toutes particulières d'un si incompréhensible bienfait, tâchant de reconnaître cette incomparable obligation par de fréquentes adorations, humi- Uations et gioçifioationa envers le Fils de Dieu résidant en ce très-
saint sacrement; et en se confessant mémo incapablesjd'y satisfaire, prier les saints anges de leur aider à lai rendre ces justes reeonnaîisaiices.
Dans ce mùmc sentiment il les avertissait de s*acquitter soigneiscnicnt de tons les devoirs extérieurs de révérence enyen le tièi* ^aillt Sacrement, reprenant ceu\ qu'il voyait y manquer; en quoi il iUait si exact, que s'il s'apercevait que quelqu'un eu passant devait li^ ^'rand autel de l'église où il repose ne fit pas la génuflesùon jv- (]iron terre, ou qu'il la fit trop brusquement, il l'en avertissait ei [•arliculier, ou même en public quand il le jugeait expédient, disiiil .: d'il ne fallait pas se présenter devant Dieu comme des marionnetta a*j\quelles on faisait faire des mouvements légers et des révérenos hai!S Âme et sans esprit; et ayant un jour remarqué qu*un bèn n'avait pas fait la geuullexion entière, il l'appela, et lui montra jgii[\xo\i et de quelle façon il la fallait faire. Pour lui, il s'est Iodjoob at'i;uitté exactement de ce devoir et a fait cette génuflexion autMt qu'il Ta pu et même au-delà, puisque souvent il avait besoin d'aidi puur se relever; et lorsque son grand âge et les fikchenses incomnodiii'à de ses jambes ne lui permirent plus de la faire du tont, il ei (l;.'nandait pardou de fois à autre publiquement devant toute sa eoBinauauté, disant que ses pécbés l'avaient privé de Tusage libre (b SCS genoux. Une fois entre autres, après avoir représeuté avec mm nuinilité ordinaire qu'il avait un grand regret de ce que son èged si's infirmités l'empochaient de faire cette génuflexiou, il dit : « S luannioins je vois que la compagnie s'y relâche, je m'efforcerai di inetlre le genou en terre, quoi qu'il m'en coûte, sauf à me relever k mieux que je pourrai en m'appuyaut des mains sur la terre, poir (ioiiner par ce moyen l'exemple tel que je le dois; car les fiiutesqui Si' commettent dans nne communauté sont imputées an Bnpérieor il celles de la Congrégation en ce point sont de conséquence* tanti raiise qu'il s'agit d'un devoir de religion et d'une révérence exlérioure qui marque le respect intérieur que nous rendons à Dieu. (|ue parce que si nous sommes les premiers à y manquer, ne faisant qu'une petite ou demi-génuflcxion, les ecclésiastiques de dehors qui \icnnent ici croiront qu'ils ne sont pas obligés d'en faire daYantacecl ceux de la compagnie qui viendiont après nous, et qui se régleront sur nous, en feront encore moins; et ainsi tout s'en ira en décadence : car si l'original e^t défectueux, que sera-ce des copies? Je vous prie donc, Messieurs et mes Frères, d'y faire grande atteotioa cl de TOUS comporter en celte action de telle sorte que la révérence intcrieore prévienne et accompagne toujoure l'extérienre. Dien ^
être adoré en e^rit et en mérité, et tons les yéritables chrétiens doivent se comporter de la sorte, à l'exemple du Fils de Dieu, lequel se prosternant la face contre terre au Jardin des OliTCS, accompagna cette dévote postnre d'une humiliation intérieure très-profonde, par respect à la majorité souveraine de son Père. »
Que s'il avait une telle affection pour faire en sorte qu*on ne manquât point à la moindre partie du respect, même extérieur, qui était dû à cet adorable sacrement, à plus forte raison peut-on croire que c'était avec un déplaisir extrême et une douleur très-sensible qu'il entendait les nouvelles qu'on lui a quelquefois rapportées des profanations et impiétés que l'insolence des soldats et des hérétiques avait commises, pendant le malheur des guerres, contre ce même sacrement. Il ne se peut dire combien il en était touché, quels ressentiments il en a eus, combien de larmes il a versées pour ce sujet, et combien de pénitences extraordinaires il a faites pour réparer autant qu'il était en lui ces injures et c«s attentats commis contre la personne de Jésus-Christ. Mais, non content de ce qu'il pouvait faire par lui-même et des autres remèdes qu'il procurait par l'entremise des personnes charitables, envoyant des ciboires, des calices et d'autres semblables ornements aux églises qui avaient été pillées, il voulait encore que ceux de sa communauté fussent employés à ces mêmes réparations, les envoyant les uns après les autres faire des pèlerinages et visiter en esprit de pénitence les églises où ces profanations sacrilèges avaient été commises. Les prêtres y célébraient la sainte Messe, et les autres, tant clercs que laïques, communiaient. Aprè« cela il leur ordonnait de faire des missions dans les villages vt autres lieux où ces malheurs étaient arrivés, pour exciter le peuple à faire pénitence et à pratiquer d'autres œuvres de piété propres pour apaiser l'indignation de Dieu^ et réparer en quelque façon les injures et offenses commises contre sa souveraine Majesté.
SECTION II
SA DÉVOTION TOUTE SINGULIERE POUR IMITER j£sUS-CHRIST, ET SE CONFORMER A SES EXEMPLES.
L'amour suppose la ressemblance ou bien la produit, et fait que l'aimant tâche de se transformer autant qu'il peut en la personne aimée et de lui devenir semblable pour lui plaire davantage, et rendre par ce moyen plus stable et plus parfaite l'union de leur amitié. C'est pour cela que le Fils de Dieu, voulant nous témoigner l'excès de son amour, a voulu se faire homme pour se rendre semblable ù nous. C*est
aussi pour la métne raison qae ceux qui aiment vraiment Jésns-Qnh doivent autant qu'il est en eux, avec le secours de sa grftoe^ ft rendre semblables à lui par rimitation de ses divines vertus ; et phi cet amour est grand^ plus aussi cette imitation doit*eIle être parfiôb et accomplie.
Nous avons vu en la section précédente la singulière dérotiofiqK M. Vincent avait pour Notre-Seigneur Jésus -Christ au très-saiMSlcremcnt de Tautel : la grandeur de son amour envers ce divin vifH ne s'arrêtait pas seulement à lui rendre ses devoirs dans cet adoraÛe mystère; elle s'étendait encore à tons les états de sa Tie mortrilert glorieuse, pour lui rendre eu chacun de particuliers hommagM, et surtout pour tâcher d'exprimer en soi-même les traits de ses adidri' blés vertus, afin de se rendre semblable & lui. Il savait que le ûutm du Père éternel dans l'incarnation de son Fils était non-Sealemeiftde nous donner un rédempteur pour nous tirer de l'esclavage du fèii et de l'enfer, mais aussi de nous proposer un modèle accompli è toutes sortes de vertus pour nous y conformer : c'est poarqùoi Û (bi une forte résolution de correspondre à ce dessein de Dlea, sejKt^ eaiit d'imiter soigneusement ce divin exemplaire etd*en formerai parfaite copie dans son cœur. C'est ce qu'il a si fidèlement et sià»stamment pratiqué, que l'on peut dire avec vérité que sa vien'itf autre chose qu'une parfaite expression de la vie de Jésus-Cbrist;^ sorte qu'il a vérifié en sa personne la parole de ce divin SàuTonr: Que le disciple serait parfait lorsqu'il se rendrait semblable à m maître.
Or, pour ne nous étendre trop au long sur tontes les pratiqan qu'il a faites de cette imitation du Fils de Dieu, à laquelle on pourrait rapporter toutes les actions de sa vie, nous nous arrêterons 8e(d^ ment à la considération de deux ou trois chefs que nous avons jdg<s dignes d'une remarque particulière.
Premièrement, M. Vincent s'est étudié d'imiter Jésus-Christ enfl manière dévie commune et cachée, qui ne paraissait avoir rienib singulier pour l'extérieur, et néanmoins était tout admirable, tooit sainte et toute divine dans l'extérieur : car, à l'imitation de cet iBcomparable Maître, il a mené une vie basse et commune eu apparencCf ne faisant rien paraître en lui d'éclatant ni d*extraordinaire, cl fuyant toute ostentation et singularité ; mais il pratiquait au dedatf et dans le secret de sou cœur des actions excellentes et vraiment héroïques de toutes sortes de vertus. Il n'a pas toujours été retiré ettin particulier, ni toujours exposé en public, mais, suivant réxempléde son divin prototype, il afalt un parfait mélange de la vie aeU^ 118^
la coutemplative; il a élë quelquefois dans la solitude avec Jésus- Christ, il l'a aussi quittée comme lui pour aller prêcher la pénitence, et pour s'employer à procurer la conversion des pécheurs et le salut des àmcs.
Nous pouvons encore dire que Notre-Seigneur a pratiqué la vie cachée, non tant en se séparant de la conversation des hommes qu'en tenant couvert et ne leur manifestant pas ce qu'il avait de plus excellent et de plus divin : il pouvait se faire connaître et honorer en tous Jieux comme le vrai FUs de Dieu ; il pouvait faire éclater les rayons de sa gloire aussi bien par toute la Judée comme sur la montagne du Thabor ; il n'a toutefois youIu paraître à l'extérieur que le fils d'un simple charpentier et un homme du commun. M. Vincent, à son exemple, faisait gloire de dire en toutes sortes de rencontres qu'il n'était que le fils d'un pauTre paysan, et recherchait de n'ôtre tenu que pour un simple prêtre de village, cachant autant qu'il pou- Tait aux yeux des hommes les excellents dons de nature et de grdce qu'il avait reçus de Dieu, et qui le rendaient digne d'honneur et de vénération, il avait fort bien étudié en théologie, et même, comme nous avons remarqué au premier livre, il avait été élevé aux degrés de la Faculté de théologie de Toulouse, et néanmoins il ne parlait de lui que comme d'un ignorant, et ne se qualifiait ordinairement qu'un pauvre écolier de quatrième. Il a fui les dignités avec plus de soin et d'affectation que les ambitieux ne Jes recherchent ; et en toutes sortes d'occasions il a singulièrement chéri et parfaitement imité cette vie commune et cachée de son divin Bfaitre; et comme il connaissait, par sa propre expérience, le trésor de grâces qui est caché dans ce mystique champ de l'Évangile, il invitait et exhortait les antres d'y participer. Yoici quelques extraits de diverses lettres qu'il a écrites à une même personne qu'il conduisait par cette voie :
« Honorons toujours, lui dit-il, l'état inconnu du Fils de Dieu. C'est là notre centre, et c'est ce qu'il demande de nous pour le présent, et pour l'avenir, et pour toujours, si sa divine Majesté ne nous fait connaître en sa manière, qui ne peut tromper, qu'il veuille autre chose de nous. Honorons, dis-je, la Tie commune que Notre- Seigneur a menée sur la terre, son humilité, son anéantissement, et la pratique qu'il a faite des plus excellentes vertus dans cette ma-* niëre de vie. Mais honorons particulièrement ce divin Maître dans la modération de son agir. Non, il n'a pas voulu faire toujours tout ce qu'il a pu, pour nous apprendre à nous contenter, lorsqu'il n'est pas expédient de faire tout ce que nous pourrions faire, mais seulement ce qui est convaiable à la charité et conforme aux ordres de la divine volonté.
Oh! queyeetimc cette généreuse résolutioQ que voas ai^ez priai
dliDÎter la vie cachée de Notrc-Seignetir I II parait bien que wtÎJà
I peo&ée vicDt de Dieu, puiâqu'etle est si éloignée des sentiments dek
! chair et da sang. Tenez pour cer tain que c'est là proprement ïwh
' siettc qui convient aux enfants de Dieu, et par conséquent demeir-
rez-y ferme, et résistez courageusement à tous les BcoUments mt
|traires qui pourraient arriver. Assurez-vous que par ce moyen voos
f ferez en Tétat auquel Dieu vous demande, et que vons ferez inces*
ifammentfia sainte volouté, qui est la fin à laquelle nous tendooé^ct
à laquelle ont tendu tous les saints, «
M. Yincent ne portait pas seulement les personnes partîcuUèrciÉ
[cette sainte pratique^ mais aussi tous ceux de sa compagnie en géaé|^
I rai, les eithortant souvent de se rendre vrais imitateurs de Jt^si^H
Ichrist en sa vte commune et cachée, Â ce sujet, leur expliquant U9^
[jour en quoi consistait le renoncement qu'on doit faire de soi-mé{Di,
[fielon que Notre-Seigneur Ta ordonné à tous ceux qui le veukii
I suivre^ entre six ou sept manières de le pratiquer quHl leur enseij
qui se rapportaient toutes aux exemples de ce divin Sauveur, il
proposa une tirée de la doctrine de saint Basile, qui est de renoo"
^a% pompes. Sur quoi il forma une objection, à laquelle il fit
réponse digne de lui, qui donne asse^ à connaître ce qu'il pratiqni
lu i- même j en leur déclarant ce qu'ils devaient faire. Voici ses paroleit
■ Vous me direz peut-être ; Nous ne sommes, Monsieuri que é$
pauvres prêtres, qui avons déjà renoncé à toutes les pompes
monde ; nous n'avons que de simples habits, des meubles fort ebt
I tifs, et rien qui ressente la vanité ou le luxe, dont on fait parade dioi
le monde : qu*est'il donc besoin de nous exhorter a renoncer aa*
i pompes, dont nous sommes si éloignés ? 0 Slussieurs et mes Frèn
ne nous y trompons pas I quoique nous ayons de pauv res babiU
de pauvres meubles^ nous pouvons avec cela avoir l'esprit pompeti
Et comment cela, me direz -vous ? C est, par exemple, quand on b'
tudie à faire de belles prédications ; quand on est bien aise que
que Ton dit soit approuvé et estimé des antres ; quand on se réjo
d'entendre ses louanges, ou que Ton publie le bien que Ton a fait,
même que l'on y prend quelque vaine complaisance : toutes
choses sont des marques que Ton a l'esprit pompeux ; et pour k
combattre et le terrasser, il est plus expédient quelquefois de faii
moins bien une chose quant a Textérieur, que de se complaire
ravoir bien faite. Il faut avec cela prendre bien garde de ne donm
aucune entrée en notre esprit à la vanité, mais renoncer aussi Li
à tontes les pensées et à tons les sentiments qui nous en viennent i
terieurementy comme a\i% aç^W^diia^^meati qui nous sont faits e
térieurement. Il faut se donner à Dieu^ mes Frères, pour s'éloigner le la propre estime et des louanges du monde, qui font la pompe de Tesprit. Et à ce propos, un prédicateur célèbre me disait ces jours passés que celui qui cherche, dans le ministère de la prédication, [*honneur et l'applaudissement du peuple, se livre à la tyrannie du public ; et pensant se rendre considérable par ses beaux discours, il m rend esclave d'une vaine et frivole réputation. Nous pouvons ijouter à cela que celui qui dan» la prédication débite de belles et iches pensées avec un style pompeux, est directement opposé à Tesirit et aux maximes de Notre-Seigneur 'Jésus-Christ, qui a dit en son ^angile que bienheureux sont les pauvres d'esprit : en quoi cette lagesse éternelle nous montre combien les ouvriers évangéliques loivent soigneusement éviter l'éclat des actions et l'éloquence pom- [leUse des paroles, et prendre une manière d'agir et de parler humble, simple et commune, dont il a voulu lui-même nous donner l'exemple. Prenez garde, mes Frères, que c'est le démon qui nous suggère ces [lensées de vouloir réussir, et qui fait que quelques-uns se persualent que la manière de parler simplement, dont nous usons, est trop basse, et que par ce moyen nous laissons avilir en notre bouche la {randeur et la majesté des vérités chrétiennes. Tout cela n'est qu'une use du démon, dont vous devez soigneusement vous garder ; et, relonçant à toutes ces vanités, demeurer fidèlement et constamment lans la pratique de la simplicité et humilité de Notre-Seigneur Jésusjhrist, lequel pouvant donner un grand éclat à ses œuvres, et une ouveraine vertu à ses paroles, ne l'a pas voulu faire ; et passant enore plus avant, pour confondre davantage notre superbe par ses baissements admirables, il a voulu que ses disciples fissent beauoup plus que lui. Vous ferez, leur disait-il, ce que je fais, et vous n ferez encore bien davantage. Mais pourquoi cela ? C'est, Messieurs, [oe Notre-Seigneur se veut laisser surmonter dans les actions publiques qui paraissent au dehors, pour exceller dans les humbles et Ans les plus basses, dont les hommes ne connaissent point la valeur. i veut les fruits de l'Évangile, et non pas les bruits du monde ; et tour cela il a plus fait par ses serviteurs que par lui-même : il a prêché eulement en quelques cantons de la Judée, et il a voulu que ses ipôtres aient annoncé son Évangile par toute la terre, et qu'ils aient claire tout le monde de la lumière de sa doctrine ; et ainsi ayant fait €u de choses extérieurement par lui-même, il a voulu que ses Apôres et disciples, quoique pauvres, ignorants et grossiers, étant toute- >is animés de son esprit et de sa vertu, en aient fait beaucoup daantage. Pourquoi cela ? Pour nous donner l'exemple d'une très-
parfaite hamilitd. 0 Messieurs, que ne suivons -noua Texempledeec divin BTaifre ? Qnc ne cédons-nous toujours l'avantage iMix antra, et que ne choisissons-nous le pire et le plus humiliant pour DM! car assurément c'est le plus agréable et le plus honorable pour Katai Seigneur, qui est tout ce que nous devons prétendre. Prenoni ém aujourd'hui la résolution de le suivre, et de lui offrir ces petili ttcriiiccs de notre amour-propre : comme, par exemple, si je laisw action publique, et que je la puisse pousser bien ayant, je ne le M pas, j'en retrancherai telle et telle chose qui pourrait lai donner calque lustre, et à moi quelque réputation ; de deux pensées qui povM me venir en l'esprit, je produirai la moindre au dehors pour mil' mi lier, et je retiendrai la plus belle pour en faire an saeriflee i DIh dans le secret de mon cœur. Enfin, c'est une vérité de rÉvangOefK Notre-Seigneur ne se plaît rien tant que dans rhumilité dtt MT, et dans la simplicité des paroles et des actions; c'est là où son«i|iit réside, et en vain le cherche-t-on ailleurs. Si done tous voÉkik trouver, il faut renoncer à Taffection et au désir de parattn^àli pompe de l'esprit aussi bien qu'à celle du corps, et enfin à tentai to vanités et satisfactions de la vie. »
Ce Tidèle imitateur de Jésus-Christ ne se contentait pas deieflliformer en général à sa vie commune et cachée ; mais, oQtre edif i s'étudiait de l'imiter, autant qu'il était en lui, en aa maniera i9ft et de parler : voici le témoignage que le supérieur d'une ds m maisons en a rendu par écrit :
< L'amour que M. Vincent avait pour Notre-Seignenr faiaaitq^il ne le perdait presque jamais de vue, marchant toujonn en tapi'sence, et se conformant à lui en toutes ses actions, paroles et pattito; car je puis dire avec vérité, et nous le savons tous, qa*il ne padri presque jamais qu'il n'alléguât eu même temps, on qoelqoe mïxiA ou quelque action du Fils de Dieu ; tant il était rempli de son o^frili et conforme à ses conduites. J ai souvent admiré comme il appliquait si bien et si à propos les paroles et les exemples de eaditii Sauveur, et cela en tout ce qu'il conseillait on reconunandait;Ci j'ai OUI dire à Tun des plus anciens prêtres de notre Gongr^atta? c'est M. Portail, qui le connaissait et le pratiquait depnis plili ^ quarante-cinq ou cinquante ans, que M. Vincent était une imagede Jésus-Christ des plus parfaites qu'il eût connues sur la terre, rt qu'il ne lui avait jamais ouï dire ni vu faire aucune chose qMF rapport à celui qui s'est proposé aux hommes pour e:iempley et 4* leur a dit : Exemphim dedi vobiSy ut quemadmodum ègo pui^ fti^ vosfacialis. C'est ce que le même M. Vincent nous eieitalt  ii^"
▼ent de faire. Dans les avis importants qn'il me donna de vive voit, quand il fut question de m'envoyer en cette maison où je suis, il me recommanda particnlièrement, qnand j'aurais à parler, ou à agir, de faire réflexion sur moi-même, et de me demander : Comment Noire-Seigneur eût-il parlé ou agi dans cette occasion ? De quelle façon dirait-il ceci, ou ferait-il cela? 0 Seigneur, inspirezmoi ce que je dois dire ou ce que je dois faire, parce que de moimême je ne puis rien sans vous. •
Un célèbre docteur demandant un jour à un prêtre de la Mission qui observait fort M , Vincent, quelle était sa propre et priucipalc vertu, il lui répondit que « c'était l'imitation de Notre-Scigneur Jësus-Christ, parce qu'il l'avait toujours devant les yeux pour se conformer à lui ; c'était son livre et son miroir, dans lequel il se regardait en tontes rencontres ; et lorsqu'il se trouvait en quelque doute comment il devait faire une chose polir être parfaitement agréable à Dieu, il considérait aussitôt de quelle façon Notre-Seigneur s'était comporté en pareille rencontre, ou bien ce qu'il en avait dit, ou ce qu'il en avait signifié par ses maximes ; et sans hésiter, il suivait son exemple et sa parole ; et marchant à la faveur de cette divine lumière, il foulait aux pieds le propre jugement, le respect humain et la crainte qu'il eût pu ressentir que sa conduite ne fut improuvée par la licence de ceux qui s'efforcent de relAcher la sainte sévérité de l'Évangile, et d'accommoder la doctrine chrétienne à l'esprit du temps. Car enfin^ disait-il quelquefois, la prudence humaine se trompe et s'égare souvent du droit chemin; tnais les paroles de la Sagesse éternelle sont infaillibles^ et ses conduites sont droites et assurées. »
Or, comme il était fortement persuadé que le caractère de notre perfection, aussi bien que celui de notre prédestination, consiste en cette conformité avec le Fils de Dieu, et qu'il avait l'esprit rempli de cette importante vérité, il en parlait aussi fort souvent de l'abondance de son cœur : toutes ses réponses aux consultations qu'on lui faisait, et tous les conseils qu'il donnait, étaient fondés sur celte môme vérité, et tendaient toujours à l'insinuer dans l'esprit d'un chacun ; de quoi pouvant rapporter ici une infinité d'exemples, noug en produirons seulement un, qui est très-digne de remarque.
Le feu roi, de glorieuse mémoire, ayant fait appeler M. Vincent pour l'assister en sa dernière maladie, et lui ayant demandé quelle était la meilleure préparation à la mort, il répondit à Sa Majesté que c était de se conformer à Notre-Seigneur Jésus-Christ lorsqu'il se préparait ù mourir, et que le saint Évangile nous apprenait
qu*une des principales dispositious qu il y avait apportées éUùt ne entière et parfaite soumission à la volonté de son Père céleste eaU disant : Non mea volunlaSy scd tua fiât : que votre Yolonté smlfailt cl non pas la mienne ; à quoi le roi répliquant avec on sentiiBdl digne d'un prince qui porte la qualité de très-chrétien : O JéM dit-ily je le veux aussi de tout mon cœur ; oui, mon Dieu, jele& et je le veux dire jusqu*au dernier soupir de ma vie, fiai volyaln tua, qu*ii soit fait comme vous le voulez. Voilà comment M. Tncent avait toujours devant les yeux cet original de toute perfeetioa et sainteté ; et non content de s'y conformer en toutes choseï, il ! portait autant qu'il pouvait les autres à faire le même.
C'était là l'étude continuelle de ce saint homme que dHmiter Je- 1 sus-Christ et de se conformer à lui, non-senlemçnt en sa manite d'agir et de parler extérieurement, mais aussi en toutes ses dispod^ tions intérieures, ei> ses plus saints désirs et en ses plus parfaites ii< tentions : eu sorte qu'en tout et par tout il ne désirait et ne prétndait autre chose siuon ce que ce divin Sauveur avait désiré et prftendu, qui était ([ue Dieu fût de plus en plus connu, honoré, tàat, servi et glorilié, et que sa très-sainte volonté fût entièrement il parfailemeul accomplie ; se tenant à tous moments disposé de £âi et de souiTrir tout ce qu'il plairait à Dieu pour des fins si noMa i si justes ; étant toujours prêt à s'exposer aux travaux, aux fatigMi» aux humiiialions, aux peiucs et aux persécutions qu*il eût fallaHbir et endurer pour ce sujet. De là provenait qu'il n'était jamaîiia' pris d'aucun accident qui lui arrivât, pour fâcheux qu'il pùtètiCi ni d'aucun mauvais traitement qu'on lui pût faire, étant préparé! l'imitation de son divin Maître, lorsqu'il était question de procaicr l'accroissement de la gloire de Dieu, ou de se soumettre à ses vokotés, de tout faire et de tout souffrir, même de se voir dépouillé de tout ce qu'il avait de plus cher dans le monde, jusqu'à voir saprogb Congrégation dissipée et détruite, si tel était le boa plaisir de sa divine Majesté. A ce sujet parlant quelquefois à ceux de sa comai^ nauté : « Je prie Dieu, leur disait-il, deux ou trois fois tous lesjo^ qu'il nous anéantisse, si nous ne sommes utiles à son service. 'tf quoi, mes Frères, voudrions-nous être au monde sans plaire à Dics'} et sans procurer qu'il soit connu et aimé ?»
11 se conformait non-seulement aux désirs et anx intentions Al Fils de Dieu, mais même à ses déplaisirs, à ses douleurs et à Nf angoisses intérieures. 0 qui aurait pu pOnétrer dans les secrets di cœur de ce fidèle et zélé imitateur de Jésus-Christ ! il ranraiiti" comme celui de son divin Maitre, tout outré de douleur dans la vii'
s péchés innombrables qui se commettent contre Dieu ; tout reih- . d'aversion contre les maximes du monde si opposées à celles de yangilc ; tout pénétré des sentiments de tristesse et d'afDiction ur le progrès des hérésies et pour les plus grands dommages qui arrivent à TEglise, et enfin vivement touché de compa sion sur
misères temporelles et spirituelles des peuples, et le délaissetnt et abandon où se trouvent tant d'âmes plongées dans les ténèes de rignorance ou de l'infidélité. Oh ! combien de fois a-t-il ibaité de mourir, et de donner son sang pour remédier à tous ces lUx I Mais sa vie n'ajant presque été qu'une moct continuelle par . mortifications et soufi'rances, on peut dire aussi qu'elle a été nme un remède plus long et plus étendu dont Dieu a voulu se •vir pour cet effet.
[1 voulait que ses enfants entrassent dans ces mêmes sentiments, qu'à l'imitation du même Jésus-Christ ils fussent tous des hosties rantes, qui s'immolassent continuellement avec ce divin Sauveur or le salut de tous les peuples, fie quoi leur parlant un jour : « Qui adra sauver sa vie, mes Frères, leur dit-il, la perdra : c'est Jésusrist qui nous le déclare et qui nous dit que l'on ne saurait faire
plus grand acte d'amour que de donner sa vie pour son ami ; et oi! pouvons-nous avoir un meilleur ami que fiieu, et ne devonsus pas aimer toutce qu'il aime, et tenir pour Tamour de lui notre Dchain pour notre ami? Ne serions-nous pas indignes de jouir de tre que fiieu nous donne, si nous refusions de l'employer pour un iigue sujet? Certes, reconnaissant que nous tenons notre vie de main libérale, nous ferions une injustice si nous refusions de mployer et de la consumer, selon ses desseins, à l'imitation de son Is Noire-Seigneur. »
Et leur parlant une autre fois sur le même sujet, il proféra ces rôles de l'abondance de son cœur :
m Qui dit un missionnaire, dit on honune appelé de Dieu pour nver les âmes; car notre fin est de travailler à leur salut, à TimiioD de Motre-Seigneur Jésus- Christ, qui est le seul véritable rémpteur, et qui a parfaitement rempli ce nom aimable de Jésus, »t-à-dire Sauveur. Il est venu du ciel enterre pour en exercer l'ofe : il en a fait le sujet de sa vie et de sa mort, et il exerce incessammi cette qualité de Sauveur par la communication des mérites du Dg qu'il a répandu. Pendant qu'il vivait sur la terre, il portait tous ses pensées au salut des hommes, et il continue encore dans les èmes sentiments, parce que c'est là oii il trouve la volonté de son hre. Il est venu, et il vient tous les jours à nous pour cela, et par
son exemple il nous a enseigné toutes les yertng copwwmWwàh qualité de Sauveur. Dounons-nous donc à lui, afin qn'U d*exercer cette même qualité en nous et par nous. «
EniiUy parlant dans ce même esprit à tous ceux de «a Uouj dans l'épitre qu il leur adresse, et qu'il a mise aa meut de leurs règles ou constitutions: « Considérez, leur dit-il» règles et constitutions^ non pas comme produites par Toiprit k» main, mais plutôt comme inspirées de Dieu, de qui tcmt bi( ccdc, et saus qui nous ne sommes pas capables de penser qadli chose de bon par nous-mêmes, comme venant de noua-mtaics^^ que trouverez- vous dans ces règles qui ne serve à voua exciter etflk llammer, soit à la fuite des vices, ou à l'acquisition des Tertns stlè pratique des maximes évaugéliques? £t ça été pour cela qm avons tâché, autant qu*il nous a été possible, de les puiser Tesprit de Jésus-Christ, et de les tirer des actions de sa yiidf coHpl est aisé à voir ; estimant que Iqs personnes qui sont appeléjB|:ÙI continuation de la mission du même Sauveur, laqodle oonsistsiffticulièrement à évangéliser les pauvres, doivent entrer dam bouP timents et ses maximes, être remplies de son même eeprtt ^Mt cher sur ses mêmes pas. » . ..