‹ Vie de Saint Bernard, abbé de ClairvauxChapitre 27 sur 58 · II · texte numérisé non relu

II

(3)Ep. 241,

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234 ME DE SAI.NT ItERSARD.

c'est un joueur effréné et un débauché vulgaire qui, déguisé en apôtre, a semé le déshonneur jusque dans les plus nobles familles (1). Bernard en appelle à l'opinion publique : « Informez-vous , noble prince , de la réputation qu'il s'est faite à Lausanne, au Mans, à Poitiers, à Bordeaux. Les traces qu'il a laissées partout sont si abominables, qu'il ne saurait retourner dans les endroits par où il a passé. Et vous, d'un tel arbre vous attendiez de bons fruits I Mais la mauvaise odeur des lieux où il parait se fait sentir d'un bout de l'univers à l'autre. Voilà pourquoi je viens. Et je ne viens pas de moi-même ; je viens à l'appel de l'Eglise et par pitié pour elle. Avec l'appui de votre puissant bras, nous essaierons d'arracher cette mauvaise épine du champ du Seigneur; non pas moi qui ho suis rien , mais les saints évéques avec lesquels je suis. Il vous importe de les recevoir honorablement et de les seconder selon le pouvoir qui vous a été donné d'en haut. » Les voies ainsi préparées , Bernard quitta Bordeaux et si' dirigea sur Toulouse, en faisant un détour par Bergerac, Périgueux, Sarlat et Cahors (2). Toutes ces villes étaient infectées de la nouvelle hérésie. Néanmoins l'abbé de Clairvaux, précédé de sa réputation de sainteté , y fut reçu

(1) D Cum merelricibus invenlus e^t prs^dicalor insigaU et interdum etiani cum conjugalis, » Ihid. Cf. Gesla Pontif. Cenomann., ap. HUt. des G., X!I, 548. Hildebert rapporte égslemenl que deui disciples de Henri « huïc tamdiu adhseserunt, donec eis et tupitudo io vila et errer innoluit in doctrina,.. Swpens ille crepuit apud nos , patefacla pariloret ignominia »itœet veneno doctrinœ. " Lib. Il, ep. 24, éd. Beaugendre, p. 119.

(2) Gaafrid. ep-, loe. cil., n'" Set 4; Sera. Fita, lib. Il[, cap. vr, n° 18. Du séjour de Bernard k Périgueui nous ne savons presque rien. Mais nous apprenons par le moiae Héribert — le futur archevêque de Torres en Sardaigne , selon Dollinger [Beilrage sur Sekiengeichichte . p. 99 , noie), — que celte ville fut bieniftt après envahie |)ar une setie d'Apostoliques, ([oi avait à sa tèle un personnage nommé Pons, peul-

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BËBNAHD ET LES SECTES IIÉRÉTIOUES. 233

comme un ange descendu du ciel (1). A la curiosité qu'éveillait son ardente parole succédait aisément la bienveillance; et, en quelques jours, les populations, d'ailleurs extrêmement mobiles , de ces contrées furent reconquises à l'orthodoxie.

ASarlat,oùil parait avoir rencontré quelque résistance, il eut recours, pour frapper les esprits rebelles, à un moyen de conversion extrêmement délicat. Gomme on lui présentait quelques pains à bénir, transporté par son zèle , il n'bésita pas à demander au ciel un miracle. « Voici, dit-il au peuple, au sig;ne auquel vous pourrez reconnaître la pureté de notre doctrine et l'erreur des hérétiques : que vos malades mangent de ce pain et ils recouvreront la santé. — Pourvu qu'ils en mangent avec foi, ajouta l'évêque de Chartres, qui tremblait déjà que la prophétie n'eût pas son effet. — Non , non , reprit Bernard , quiconque en mangera sera guéri, afin quon sache que nous sommes de vrais messagers de Dieu. » Tant de conflance et de sincérité eut sa récompense immédiate; la population n'attendit même pas que le miracle fiU accompli pour se convertir (2).

L'abbé de Çlairvaux et ses amis reçurent à Toulouse l'hospitalité chez les chanoines réguliers attachés à l'é-glise Saint-Sernin(3). Vive fut l'émotion de la capitale du Languedoc à la nouvelle de l'arrivée des missionnaires, Henri, devenu déliant de lui-même et peut-être aussi de l'autorité civile, plutôt favorable qu'hostile à l'orthodoxie, prit le parti de s'éloigner avant la lutte. Ce départ, qui

être disciple de Henri. Sur la doctrine de Pons, voir Héribert, ap, Mabillon, ,4nolec(., p. 483.

(l)Ber». Fila, lib. III, eap. vi. n" 17.

(î) Bem. Fita, lib. Ilf, cap, vr, n" 18,

(3) Gaufrid., ep,, loc. cit., n' 7.

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déconcerta quelques-uns de ses partisans, ne fit qu'exalter les autres. Parmi eux figuraient en première ligne des tisserands, texiores, connus dans le pays sous le nom d'Arriens (i). C'est dans cette classe d'industriels, apparemment assez nombreuse et pauvre , que le sectaire avait recruté ses plus dévoués disciples. Les principaux bourgeois, qui professaient quelque dùdain pour sa personne, prêtaient néanmoins une oreille bienveillante à sa doctrine. La plupart des gens d'épée, seigneurs de haute ou de petite noblesse , s'étaient également empressés d'adopter une religion dont l'essence consistait à déserter les vieilles pratiques religieuses (2). Tous ces groupes, divers d'origine, d'éducation et de goûts, formaient un corps très compact, lié intimement par le même sentiment d'horreur ou de mépris pour l'Église et pour le clergé catholique.

Cependant il est à remarquer que l'incrédulité absolue était alors chose inconnue ou fort rare. Un reste de religion se retrouvait toujours au fond du cœur de ces hérétiques, imbus d'idées manichéennes. C'est sur ce terrain solide que l'abbé de Clairvaux appuya sa prédication. Il fit sentir au peuple qu'il avait à choisir entre la foi de l'univers et un christianisme amoindri et personnel, fruit d'une imagination déréglée. La fuite de Henri lui offrait un beau thème à développer. Qu'était-ce qa'un apôtre qui redoutait l'épreuve d'une discussion publique? Les vrais

(1) ■ De leitoribus, quos Arrianos ipnl nominani, - GAufrid. ep. , n" 4. Nous avons vu que ces lisseraaJs ilonnèreat plus tard leur nom au manichéisme : « Uos Gall[ Tiieraal ab nau lexendi appellanl. » Edwrti Sermo I, Lfis sectaires du Midi portèrent également jusqu'au IrelziËme siècle le nom d'Arriens. Cf. Vacandard, Itevue des Qaest. Iiisl., janvier 1894, p. 7G, note i.

(2j « Maxim! civilatis «... u Milites oderunt clerlcos, ■ etc. Gaufrid. ep., n"" 4 et 5.

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disciples de Jésus-Christ D'aiTrontaient-ils pas miDe morts pour rendre témoignage à la vérité? Après ce début , Bernard racontait avec des détails piquants et une mordante Ironie la vie aventureuse du moine « gyrovague (1). » Le masque dont se couvrait l'hypocrisie de Henri fut levé ; le mépris fut déversé à flots sur ses mœurs. L'effet de cette révélation fut tel, qu'un certain nombre de ses disciples, rougissant de leur erreur, se convertirent sur-le-champ.

Mais ce n'était là qu'un succès fort incomplet. Bernard, désolé de l'opiniâtreté des Toulousains , s'en plaignit doucement à Dieu. Un jour, à la tombée de la nuit, on l'avait mandé près de l'un des chanoines, retenu au lit depuis plus de trois mois par une grave infirmité. Le malade qui , déjà perclus des deux jambes , sentait sa vie s'écouler lentement , n'attendait plus aucun secours de l'art de la médecine, qu'il avait lui-même pratiqué. Plein de confiance en la puissance sumaturellede l'abbé de Clairvaux, il voulut se confesser à lui et osa lui demander sa guérison. Bernard entendit la confession du chanoine et, l'ayant béni, quitta la chambre tout ému. « Seigneur, dit-il, ce peuple demande des signes; nous n'obtiendrons pas autrement sa conversion; jusqu'à quand tarderez-vous à vous montrer?» Or, àlamôme heure, raconte un témoin oculaire, le malade se leva et se rendit à l'église avec ses confrères pour chanter un Te Deum de reconnaissance ; il était guéri. « Avec quelle dévotion il baisait les pieds de son sauveur, ajoute Geoffroy, nul ne saurait l'imaginer, s'il ne l'a vu (2). »

Le bruit de ce miracle se répandit dans toute la ville

(1] « Patefacta est amni populo pessiina ejus vita. a L'épilhètc gyroragus (Bern., ep. 241) était, auï jeui de saint Bernard, une suprême injnre. Saint Benoit dans sa règle ne parle des raoines gjTOvagnes qu'avec on souverain mépris : > Per omnia détériores saraitaylis. »

(2) Uaufrid. ep., n° 7. Cf. Bern. Vila, lib. III, cap. vr, n° 19.

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avec la rapidité de l'éclair. Touché de cette intervention divine en faveur d'un moribond, le peuple se précipita à la porte du cloître des chanoines pour voir et acclamer le thaumatui^e. Bernard, ennemi des ovations, demeura enfermé dans sa cellule. Mais quand il reparut le lendemain sur la place publique, sa parole trouva aisément le chemin des cœurs. On crut sans peine que celui à qui la maladie avait obéi ne pouvait être un faux apôlre- Les Toulousains se convertirent en masse , et , pleins d'un beau zèle, s'engagèrent par un serment solennel & rompre tout commerce avec Henri et ses partisans, encore nombreux parmi les gens d'épée et les tisserands (1),

Après un tel succès, l'abbé de Clairvaux partit pour Albi. Sur sa route, il ëvangélisail les villages et les châteaux. C'est ainsi qu'il s'arrêta à Verfeil, situé à environ quatre lieues de Toulouse. Verfeil était un véritable nid d'hérétiques (2); aussi Bernard y fut-il très froidement accueilli. Son éloquence, qui n'avait pas encore connu d'échec complet , fut pour la première fois réduite à l'impuissance; elle ne put amollir ni entamer des cœurs plus endurcis que les rochers mêmes sur lesquels Verfeil était bàli. A peine eut-il pris la parole que les habitants lui tournèrent le dos et, poursuivis, s'enfermèrent dans leurs maisons pour ne plus le voir ni l'entendre. L'apôtre fut confondu de tant d'impertinence, jointe à tant d'obstination. 11 secoua sur le castrum la poussière de ses pieds, et se retira, dit-on, dans un endroit du voisinage qui prit, de ce séjour, le nom de bourg Saint-Bernard (3). Plus tard

(1) Bern. Vita, loc. cit. Cf. Gaufrid. ep., a'* 4 et 5. « Ut neqne in Icstimonlis neque in judiciis suscipiantur; nemo commuoicet Îd convivio neque in commcrcio. »

(^.} 1 Sedes Satan», s Gaufrid. ep., n" 9.

(3) Hisloire générale de Languedoc, par Dont Vaisselle, II, 446.

DEHNABD ET LES SECTES ITÉHÉTIQL'ES. 239

on raconta que, dans un mouvement de sainte indignation , l'abbé de Clairvaux s'était écrié ; a Verfeil , que Dieu te dessèche! » Viride foliuvi, dessiccet le Deus! Et l'anatbème, ajoute le narrateur, Guillaume de Puyiaurens, produisit son effet; car, au bout de quelques années, les plus riches familles de Verfeil étaient ruinées et tout le pays réduit à une pauvreté extrême. Soixante-quinze ans plus tard, saint Dominique pouvait contempler cette désolation, qui lui rappela inévitablement le souvenir de l'abbé de Clairvaux (I).

Geoffroy nous sigTïale le passage de son maître à Saint- Paul-sur-l'Agout (2). Le 28 juin, Bernard était à Albi, oii le légat l'avait devancé. La mission s'annonçait fort mal en cette ville populeuse. Déterminés à lafaire échouer, les sectaires, dignes prédécesseurs des Albigeois du treizième siècle , avaient accueilli le cardinal Albéric avec des démonstrations grotesques et au bruit d'une musique infernale. Lorsque, le 27 juin au matin, on sonna les cloches pour annoncer la messe du légat, personne ne s'ébranla; à peine trente fidèles y assistèrent. Il était temps que Bernard parût. A son arrivée, en effet, les choses prirent un autre tour. Piqué par la curiosité, ce peuple, hier encore indifférent ou irrévérencieux, se montre tout à coup docile et même enthousiaste. L'abbé de Clairvaux, entouré, acclamé , ose à peine croire à la sincérité d'un changement si soudain. Le lendemain cependant la presse était la même, la sympathie plus vive encore. On célébrait la fôte de saint Pierre. La cathédrale fut trop étroite pour contenir les fidèles avides d'entendre la parole de Dieu. Bernard monta en chaire. Son sermon, dit Geoffroy, fut

{!) Gaillaume du Puylaurena, ap, Hisl. des G., XIX, 1% et 200. (3) Gm(. cp., Il' 9.

une merveille plus grande que ses autres miracles. « ia suis le semeur de l'Évangile, s'élait-il écrié; j'étais venu semer dans votre champ , j'ai trouvé le sol occupé par une semence mauvaise ; mais vous êtes un champ raisonnable , le champ de Dieu, et votre devoir est de choisir loyalement entre les deus semences. » Après une longue et minutieuse comparaison entre la doctrine de Henri et l'enseignement catholique, une sorte de dialogue finit par s'établir entre l'orateur et son auditoire. <i Faites maintenant le choix que vous indique votre conscience. » Une clameur de réprobation contre l'hérétique Henri répondit à celte sommation. « Convertissez-vous donc, reprit Bernard; vous tous qui avez été souillés, rentrez dans l'unité , et , pour que nous soyons témoins de la sincérité de votre conversion, que ceux qui renoncent à l'erreur lèvent la main en signe d'union avec l'Église catholique. » Tous levèrent la main, dit Geoffroy; et cette scène sublinio servit de péroraison au discours (1).

Il n'est pas impossible que les compagnons de l'abbé de Clairvaux se soient fait illusion sur l'étendue et sur les suites de ce succès oratoire. Le récit de Geoffroy respire une confiance que l'historien ne saurait partager. Il reste fort douteux que la majorité des Albigeois se soient convertis. Évidemment , les hérétiques les plus en vue et les plus iofluentsn'avaient eu garde decourir au-devant de la grâce, en suivant les conférences du saint moine; et, comme un avenir prochain devait le montrer, la mission prit fin avantque Bernard pût achever ou seulement consolider son œuvre. Il lui eût fallu au moins une année entière pour assurer définitivement le triomphe de l'orthodoxie dans Albi et le Languedoc (â). Mais des lettres

{1) Gaufr. ep.,n- 10.

(2) Geoffroy (ep., n" 5) dit en parlant Ue Toulouse : « Terra lam

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pressanest le rappelaient à Clairvaux; son secrétaire fit réponse qu'il serait de retour vers loclave de l'Assomption (i).

Il n'est peut-être pas téméraire de rattacher à son départ d'Albi l'anecdote suivante, rapportée, sans autre indication, par l'auteur de V t'xordium magnum (2), Comme Bernard montait un cheval vigoureux et superbe , un disciple de Henri lui en ût malicieusement la remarque : « Seigneur abbé, dit-il, devant la foule assemblée pour l'adieu, savez-vous que notre maître que vous maltraitez si fort n'a pas un cheval aussi gras que le vôtre , ni d'aussi belle encolure? — C'est possible, mon ami, lui répondit tranquillement l'homme de Dieu ; mais il ne faut pas oublier que cette bête , à propos de laquelle vous m'attaquez, n'est qu'un simple animal qui obéit à ses appétits. Qu'il mange et s'engraisse, il n'y a là rien qui blesse la justice, rien qui offense Dieu; il est absolument dans son rôle de bête. Au tribunal de Dieu, votre maître et moi nous ne serons pas jugés sur l'encolure de nos montures, mais bien sur l'état de notre propre cou. Or, je vous prie, regardez mon cou et voyez s'il est plus gras que celui de votre maître. » Et ce disant, il ôta son capuce et découvrit sa tétç jusqu'aux épaules. La foule aperçut alors un cou long, délicat et amaigri, d'une blancheur éblouissante, « un véritable cou de cygne. >j L'insulteur demeura confondu d'une si fine repartie, pendant que les fidèles se réjouissaient du bonheur inattendu que son impertinence leur avait procuré.

inultiplicibus erroruni doctrinis seJucta, opus haberet longa |ira:<licalione. »

(1) Gaur. ep., n" 6. C'est ràtte lettre qui nous a rourni tes piinci- (laux élêmenU de notre récit.

(2) Cap. iTii, ap. Migne, t. CLXXXV, col. 427-1^8.

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Bernard, dont nous ignorons l'itinéraire, paraît avoir parcouru en hâte la distance qui le séparait de Clairvaux. Il évitait de traverser les villes dont l'accueil trop chaleureux, eût entravé sa marche, Sarlat par exemple, où le souvenir de ses bienfaits était encore trop vif (1). Peu de temps après son retour à Clairvaux, il apprit l'arrestation de Henri. Une détention perpétuelle dans les prisons de l'évéché de Toulouse fut vraisemblablement la punition du moine apostat (2j . Rien n'indique que sespartisans se soient intéressés à son sort. L'oubli et la malédiction tombèrent sur son nom, jusqu'au jour où le protestantisme réhabilita sa mémoire et salua en lui un précurseur de la Réforme.

La réclusion de Henri , absolument conforme aux mœurs du temps et d'ailleurs méritée (3), jetait le discrédit sur

(1) Bem. Vita, lib. III, cap. vi, n° 18.

(ï) Bem. Vita, Mb. lU, cap. yi, n° 17. Cf. Vita secundo, eap.iivi, a« 12; Bern., ep. 242. Sur le témoignage d'Albéric des Troisrontaines (ap. Hisl. dei Gaules, Mil, 701] et la vague indication de Pierre le Cliantre (Yerbum abùreviatvm, éd. Gaiopin, Moas, 1639, p, 200-201), on a cru que Henri avait élé jugé au concile de Reims en tl48 et condamné A ta réclusion perpétuelle dans les prisons de l'archeTèque Samson. Dullin^er (Beitrage :ur Seklengeschictile, p. 97) partage ce senliment. Mais nous ferons remarquer que Pierre le Cbaatre ne . nomme pas Henri : il dit simplement : Quidam Manichmus, probablement Éon. D'autre part, Albéric parle k la fois des Éontstes et des Poplitains, qu"i1 ne diatiogue pas très bien les uns des aulres, et regarde Henri comme chef de ces derniers. Or nous verrons que le faux £on fut condamné à la prison ]>ar le concile de Reims. M'est'il pas vraisemblable qu'Albérlc des TroJsfontaines a confondu Henri avec Eon? Il serait étrange que le secrétaire de saint Bernard, qui asaislaît an concile de Reims et qui raconte plus lard la prise de Henri (Bern. YUa, lib. III, cap. vi, n° 17), ait omis de nous dire que ce dernier fui transféré de la prison de l'éveque de Toulouse en celle de l'archevêque de Reims.

(3) Aucun gouvernement n'aurait accordé l'impunité i nn moine qui, non content d'insulter le clergé, invitait les foules à la destruction des églises.

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