CHAPITRE XXXIV ET DERNIER
GLOIRE l'OSTIIUME.
Portrait de saint Bernard; sa canonisation
Bernard enseveli, les hôtes de Clairvanx se disp rent, emportant pieusement dans leur cœur le sou ému de ses funérailles- Geoffroy d'Auxerre , plus ant que personne pour transmettre à la postérité l'imag thentique de son maître disparu, entreprit aussitAl baucher un portrait du saint abbé.
Au physique , on se rappelle ce qu'était Berna vingt ans. L'âge ne changea pas gravement ses trait vieillesse sillonna seulement de rides son visage ama sa chevelure, jadis blonde, devint presque toute blan sa barbe rousse prit également une nuance argentée, légère rougeur colorait parfois ses joues, qui « avaie poli de l'ivoire et la blancheur du lait, u La grâce ré| toujours sur son front, une grâce qui venait de l'esp non de la chair, nous dit son biographe. Ses yen; brillaient une pureté d'ange et une simplicité de coloi répandaient sur toute sa ligure un doux éclat (1).
(I) Beni. VUa, lib. III, cap. i, ti" I. Un ti'ail est eni|)runté raison funèbre de Bernard par Odaa de Morimond : « Cujus appropinquarel ad exitum, imo ad ialroitum, erat cemere f
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Ce qui disUnguait l'abbé de Clairvaux , nous dit encore Geoffroy, c'était » )a sérénité dans le visage, la modestie dans l'attitude, la circonspection dans les paroles, la timidité dans l'action. » Et, entrant plus avant dans la vie intérieure de son héros, l'auteur poursuit : "Bernard était assidu dans la méditation, dévot dans l'oraison : comme il aimait à le dire , il se liait en tout beaucoup plus à l'oraison qu'à sa propre industrie. Sa foi était magnanime, son espérance invincible , sa charité inépuisable, son humilité profonde , sa piété admirable. Prévoyant dans les conseils, habile à négocier une alfaire, il n'était jamais moins oisif qu'à ses heures de loisir. 11 aimait les injures et redoutait les louanges. De mœurs douces, d'une sainteté éminenle, favorisé du don des miracles, il était riche en sagesse, en vertu et en grâce devant Dieu et devant les hommes (1). »
Ces lignes, qui ouvrent le troisième livre delà Viln, nous donnent une vision de l'abbé de Clairvaux vive et rapide , mais un peu indécise , ou plutôt incomplète, bien que très vraie. D'autres rayons de sa ligure sont épars dans le reste de l'ouvrage. En les réunissant, il serait aisé , sinon de reconstituer dans toute sa beauté la physionomie du saint, au moins de dégager les principaux traits qui le caractérisent : la bonté de l'homme, le zèle do l'apôtre, l'austérité du moine, l'humilité du thaumaturge.
H Quand Dieu créa le cœur de l'homme, dit Bossnet, il y mit premièrement la bonté. » Comme toutes les na-
quiisi lijicae nalivi ruborU lucleum lenuatim vermicalantis ebur. • Hntfer, Bernard von Clairvaux, I, iî. Suger [ioler Bernardinas. ep. 471) el Hugues Métel (înter Rernardin., ep. 180, date incerUia») pavlenl lous deux de la « face angéliqiie n de l'abbé de CUirraui. (1) Bern. Vila, lib. [Il, cap. u, n° 1.
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