‹ Vie de Saint Bernard, abbé de ClairvauxChapitre 9 sur 58 · ÉLECTIONS DE LANGRES ET DE RE1HK · texte numérisé non relu

ÉLECTIONS DE LANGRES ET DE RE1HK

et à sa conscience, en adressant, d'une part, aux bourgeois émancipés un avertissement sévère , et en pressant, de l'autre, l'élection épiscopale. « Nous vous avons déjà mandé, écrit-il (I) au maire et à la commune, et maintenant encore nous vous mandons et ordonnons de laisser aller en paix les sergents des chanoines, de leur restituer ce que vous leur avez pris, et de conserver entièrement aux églises et aux chanoines leurs justices, coutumes et franchises. »

Le bref d'Innocent II à Louis VII exigeait que l'élection du successeur de Raynaud se fit sous les auspices du légat Geoffroy de Chartres, et des évêques d'Auxerre, de Soissons et d'Arras. Nous ne saurions dire si cet ordre fut exécuté de point en point. Ce qui est sûr, c'est que les électeurs furent heureusement inspirés dans leur choix. Leurs voix se réunirent sur l'abbé de Glairvaux. Louis VII mit un véritable empressement à notifier ce résultat au saint moine , le priant de céder au vœu du chapitre de Reims , et lui promettant pour l'avenir sa royale protection. Tout le monde semblait croire que Bernard fût seul propre à calmer, par le prestige de sa sainteté , les passions de Rémois et à faire rentrer leur commune dans les limites tracées par la charte d'établissement. Aussi, quel ne fut pas le désenchantement général, lorsqu*on apprit que l'élu refusait le périlleux mandat qui lui était offert 1 « Je ne suis pas capable de mettre la main à une œuvre si haute , répond l'humble abbé [2). Faible de cœur, brisé de corps, il ne me reste à attendre que le tombeau. L'habit que je porte a fait croire que j'étais apte à remplir ces sublimes fonctions; mais cet habit ne donne pas la sainteté, il n'en

(I) Ep. Ludoï., ap. Hist. il.li G., XVI, p. 5 et 0. ;3) Bern., ep, 449-

[ue l'apparence. Personne ne me connaît mieu.^ que onnais moi-même , et il n'est personne que je conmieux que je me connais. »

leconde élection devenait nécessaire. Cette fois les îs du chapitre se portèrent'sur un archidiacre de s, Samson de Mauvoisin. Il serait difficile de ne ircevoir dans ce choix la main du légat Geoffroy, jne famille du Vexin, Samson, après avoir été, élève d'Yves de Chartres, était parvenu à la di- 3 prévôt et doyen de cette illustre église , que goualors Geofiroy de Lèves (1).

ouvel élu offrait donc toutes les garanties de , de vertu, de prudence et de force qu'exigeait la n de la métropole de Reims. Saint Bernard le proigne entre les plus dignes (2). C'est là une louange djlout autre éloge superflu.

différents, sans nul doute, furent les sentiments irgeois. Ils frémirent à la pensée que cette élection ttre un terme aux abus de leur association , si elle fêtait le développement normal. Les plus hardis eux furent d'avis de tout oser, afin d'intimider 'éque, avant qu'il fût solidement établi sur son )r, le malheur veut qu'en pareilles rencontres les i prévalent toujours contre les modérés. Les chefs i avancé se nommaient Aubri et Simon. Ils ne ret pas devant le sacrilège. Nous ne possédons aucun

rlot, Okv. cil., p. 329. Cf. GalUa Christ, IX, a4-Sâ. Naos avoDS i {I" édiL, t. Il, p. 43, note) que Samson fut élu fin 1139 ou «ment HW et qu'il fut sacré à Soiasons in Oclavis Pasclae. 'jnwt. Prmmonil., ap, Mon. C, VI, 451, cl Annales Reap. Mon. G., XVI, 733.

^ommcndamus non tanquani ile celerU, scd vere pr% ceteris etc. £p. 211), ad Innocenlium.

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