‹ Vie de Saint Bernard, abbé de Clairvaux [microform]Chapitre 19 sur 118 · CRITIQUE DES^ DOCUMENTS. ' XXV · texte numérisé non relu

CRITIQUE DES^ DOCUMENTS. ' XXV

contrer dans ces transcriptions une complète uniformité. Mais on y remarque, au contraire, des variantes significatives; et, en s'appuyant sur ces divergences, Waitz (1) a cru devoir diviser les manuscrits en deux groupes, qu'il désigne sous les noms de Recension A et de Recension B. Presque tous les Codices découverts après Waitz rentrent et se rangent pour ainsi dire d'euxmêmes dans l'une ou l'autre de ces deux catégories. Il n'est qu'un petit nombre de manuscrits qui empruntent leur texte aux deux Recensions.

A vrai dire, la comparaison des deux groupes entré eux porte à croire qu'ils ont une origine commune. La ressemblance des textes est si profonde, qu'elle va, presque toujours, jusqu'au mot à mot. La différence consiste en quelques suppressions, additions et corrections, introduites dans les manuscrits de la Recension B. Les suppressions portent sur les cinq livres, mais particulièrement sur lé livre quatrième. Du reste, l'édition de Migne qui est du type B reproduit entre crochets à peu près tous les fragments caractéristiques de la Recension A. Le groupe B contient deux morceaux qu'on ne trouve pas ailleurs, nous voulons parler du prologue de Geoffroy et du récit qui commence par ces mots : Frdtres de Monte- Pessulano. Les deux Recensions diffèrent encore sur le lieu de naissance et sur l'âge de saint Bernard. Mais, en dehors de ces points de quelque importance, les variantes se bornent à des retouches de style.

Nous avons démontré ailleurs (2) que l'auteur de la Re-

(l) Mm. Germ., t. XXVI.

[1) Revue desQuest. histor., avril 1888. Cf. HiifFer, Bernard von Clairvaux, p. iZi et smv.

XXVI ' ^INTRODÙCTIONI' "^ . ". ,^'

cension B n'est autre que Geoffroy d'Auxerre. Son sens historique s'était, en moins de dix ans, singulièrement affiné. Il supprima dans la seconde Recension une série de récits qu'il avait fournis aux éditeurs de la première. Les prophéties concernant la mort du fils aîné de Louis le . Gros, Philippe, la grossesse de la reine Éléonore, le châtiment providentiel du comte d'Angers (1), ou d'autres faits analogues, disparaissent à la fois du quatrième livre. On peut signaler une suppression du même genre dans le livre troisième (2). Chose remarquable, toutes ces corrections ont pour objet des événements d'ordre surnaturel et particulièrement des prédictions. Ne semble-t-il pas que, par ces éliminations répétées, Geoffroy ait voulu donner plus dé poids à son témoignage, et assurer aux faits extraordinaires qu'il a fidèlement conservés dans la seconde Recension une plus puissante garantie; d'authenticité ? C'est donc, si nous ne nous abusons, cette seconde Recension, dernier terme d'une série de retouches, qu'il désignait à l'attention des éditeurs et des historiens futurs.

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