XXIV - ' l INTRÔDÙdTION
nous- avons étudiés ailleurs. Le texte que nous lisons dans les éditions est bien de Geoffroy. Mais le manuscrit de Paris (cod. lat., n° 7561, p. 65-87) fut vraisemblablement écrit et retouché de sa main; c'est, si l'on peut s'exprimer ainsi, une épreuve avant la lettre du livre cinquième. A ce titre, il présente un véritable intérêt de curiosité historique.
Par leur connaissance du sujet, par le respect qu'ils professent pour leur héros, les auteurs de la Vita Berwardi nous offrent des garanties incontestables de véracité. Mais ce qui donne à leur récit son plus haut caractère de certitude historique, c'est le contrôle qu'il subit avant d'être publié. Les évêques et abbés qui avaient assisté aux derniers moments de saint Bernard se réunirent derechef à Glairvaux en 1155 (1), pour reviser l'œuvre totale de Guillaume de Saint-Thierry^ d'Ernaud de Bonheval et de Geoffroy d'Auxerre; et la Vita prima ne parut qu'avec leur approbation expresse.
Dès qu'elle eut affronté les périls de la publicité, elle fut accueillie avec honneur et copiée avec empressement. Nous en possédons encore deux cent deux manuscrits (2), presque tous complets, dont vingt-huit datent du douzième siècle.
Vu la fidélité avec laquelle les copistes du moyen âge reproduisaient les textes, on pourrait s'attendre à ren-
(1) La date de cette assemblée nous est indiquée approximativement par Geoffroy {Bern. Vita, lib. IV, cap. iv, n"^ 24-25) et' pàtVExordium magnum Cisierciense (Dist. III, cap. 25, Migne, t. CLXXXV, p. 1087). Cf. 1'° édition, p. xxi, note.
(2) On peut en voir la description dans Hiiffer, Bernard von Clairvaux, 1, 108-115. Ajoutez-y un fragment de manuscrit du quatorzième siècle, indiqué dans les Archives départementales, communales et hospitalières. Nord, p. 221, n°193. Cf. Bern. ep. 310.