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II ■'■,,- ' PREFACE:, ^ ','''".' /^.è
tivement éclaircie? Loin de nous cette prétention. ;j;s Bien des points restent encore et resteront probable- ? ment à jamais obscurs. Il nous suffit d'avoir jeté une ; lumière nouvelle sur quelques-uns et d'avoir mis.:; l'ensemble dans un jour plus vif qu'on ne l'avait fait J jusqu'à présent.
Le récit se ressentira parfois de l'insuffisance ou <^ de l'incertitude des documents. A côté de pages :> certaines, il en est d'autres qui offriront simplement ^ ' des probabilités ou même des conjectures. Nous/.: n'osons même assurer d'avoir toujours vu juste et ; d'avoir mis, sans aucune erreur de pensée ou de .' plume, les choses au point. Il en est de la vérité > historique comme de la vérité morale : c'est « une pointe si subtile, que nos instruments sont trtop mousses pour y toucher exactement. S'ils y arrivent, nr ils en écachent la, pointe et appuient tout autour, 1 » fe comme parle Pascal. Pascal ajoutait : « Plus sur |e(S faux que sur le vrai. » On nous rendra cette -justice/à;| que nous avons tâché d'éviter ce péril.
Quand notre héros abandonne, fût-ce de bonne foi, ce que nous croyons être la ligne droite, nous n'hési tons pas à signaler son écart. Nous savons que, si grand qu'on soit, on n'est pas nécessairement poui cela exempt de faiblesse ou d'erreur. Peut-être trouvera-t-on cependant qu'en certaines circonstances '( délicates où le fils de Tescelin se montre avec toute, :^ la fougue de son tempérament, nous n'avons pas' Il jugé assez sévèrement les violences de son langage >jfc
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et de sa conduit^. Eh pareil casj notre suprême loi
fut toujours d'exposer nettement les faits. Frapper,
en outre, d'un blâme, qui eût l'air d'une flétrissure,
;-: . un liomme tel que l'abbé de Glairvaux, nous a paru
;; tout ensemble inconvenant et inutile. Sans publier
;c; qu'on ne doit aux saints que la vérité, nous estimons
que par leur élévation morale ils sont au-dessus du
reste des hommes et méritent d'être traités avec un
souverain respect.
Leur temps a-t-il droit aux mêmes égards? A en
croire Bernard lui-même, il n'y aurait pas eu de pire
époque dans l'histoire que celle où il vécut. Les
' modernes, au contraire, ont appelé le douzième
siècle <c le grand siècle » du moyen âge. Ges deux
jugements ne sont pas absolument inconciliables. Si
le rigide Cistercien n'avait guère en vue que les maux
à gaérir, la postérité a remarqué non moins exacte-
\ ment les merveilles accomplies par les réformateurs
de ce temps, y compris l'abbé de Glairvaux qui ne
;, fut pas le moindre. En somme, le douzième siècle,
y\ Hialgré son incontestable grandeur , offre , comme tant
.-, d'autres siècles, à côté de prodiges de bien, le spec-
';' tacle d'étonnantes misères. Nous n'avons voulu dis-
>^ ' simuler aucun de ces deux aspects. A cause de cela,
^ les admirateurs passionnés d'un moyen âge idéal
I; éprouveront peut-être quelque surprise à lire la nou-
(vr velle {( Vie de saint Bernard. » Ils auraient sans doute
||/'l mieux aimé nous voir passer sous silence nombre de
£^,1 faits qui n'ont rien d'édifiant. Mais des prétermissions