Actes des Martyrs, t. Ier, préface, p. iv
Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. Verrière de M. Clauclius Lavergnc, consacrée à Saint-Louis de Gonzague.
Les Vœux de religion, fondés sur l'exemple et les exhortations de Notre- Seigneur. — 1. La Pauvreté, fresque de Giotto, à Padoue. La Pauvreté marche au milieu des épines et sur les pierres aiguës d'un chemin âpre et difficile . mais les roses et les lis fleurissent autour de sa tète : ses vêtements sont déchirés, un chien aboie après elle et les enfants de la rue l'injurient, mais les anges lui font cortège.
Grâces et guérisons miraculeuses obtenues de Dieu par l'intercession de Camille après sa mort, et spécialement des miracles requis pour sa canonisation.
ç$x?f*^z a vie des saints, pour être vraie et utile, ne doit - [ WÊ taire ni les oeuvres surhumaines de leurs vertus, '(s t ■> v-lî ni les faveurs dont Dieu s'est plu à décorer en eux ses amis. Dans ces conditions, la vie des saints possède son véritable caractère et l'intérêt ne lui fait jamais défaut. Cette lecture réchauffe lecœur, dissipe les préjugés de la faiblesse humaine, encourage le pécheur, stimule le juste ; disons plus, la lecture de la vie des saints produit des saints. Mais elle ne doit point dissimuler la folie de la croix, déguiser le renoncement et la pénitence, couvrir d'un voile les relations de lame avec Dieu, les épreuves et les sacrifices de la vie surnaturelle, effacer ou atténuer les observations qui en forment le complément. C'est celasurtout, ce sont ces effusions de grâce,
ces coups d'Etat de la divine Providence, qui constituent la vie des saints.
Dans la longue période d'environ trois siècles écoulés depuis l'heureuse mort du Père Camille, Dieu n'a cessé d'opérer des miracles en faveur de ceux qui, animés d'un esprit de foi, ont eu recours à son intercession, l'honorant par des prodiges si nombreux qu'on pourrait en remplir des volumes '. Nous ne rapporterons pas toutes ces faveurs signalées et ces grâces de choix ; nous reeueillcrons seulement quelques épis de cette abondante moisson ; nous relaterons les miracles les plus éclatants confirmés par les procès apostoliques, les plus propres a donner des mérites du Père Camille une haute idée et à inspirer aux fidèles un plus grand désir d'implorer son secours.
Parmi les nombreux visiteurs qu'attira le bruit de la sainteté du serviteur de Dieu et des miracles qu'il opérait, se trouvait une femme de Bologne, nommée Marguerite. Cette femme avait un neveu, âgé de cinq ans, nommé Giovannino, atteint d'une faiblesse qui affectait tout le corps et spécialement le bras droit, qu'il ne pouvait remuer. A l'exemple des saintes femmes de l'Evangile, perçant la foule et se précipitant a travers la haie des soldats, elle approcha du cercueil dans lequel reposait le corps du Vénérable. Dans l'ardeur de sa foi, elle approcha son neveu, suppliant Camille de le délivrer. A l'instant, Camille obtint de Dieu l'accomplissement de sa prière. La contraction des nerfs du bras droit disparut, le corps reprit toutes ses forces, et cette femme put remmener joyeusement l'enfant guéri. — Une autre enfant du même âge, nommée Vittoria Torriani, avait également les mains et les pieds perclus. La mère, pleine de confiance, prit un chapelet qui avait appartenu au Saint, mort depuis peu, et l'appliqua sur les membres malades, en implorant
1. Les personnes désireuses de connaître un plus grand nombre de miracles de saint Camille consulteront avec fruit sa biographie par les Oratoriens de Londres : The Life of S. Camillus of Lcllis, London, 1850.