GUÉRISONS MIRACULEUSES
tous les jours, malgré les remèdes employés pour la combattre; elle avait engendré la gangrène et formé autour de l'articulation plusieurs ouvertures larges et profondes. Des spasmes et une ardente fièvre faisaient éprouver à cette pauvre femme de cruelles souffrances. Les vomissements auxquels elle était sujette et la contraction des nerfs dans la jambe malade, pendant l'espace de huit ans, lavaient réduite à un ét;tt tel, que la gravité du mal et la violence des remèdes avaient laissé peu d'espoir de gaiérison : Lavinia se disposait à mourir. Sa mère, entendant parler des miracles opérés par l'intercession de Camille, le choisit pour son intermédiaire près de Dieu, afin d'obtenir le rétablissement de sa fille. A cette intention, elle prit un peu de poussière des débris de la chambre qu'avait habitée le Saint, la répandit sur un morceau de drap, en enveloppa le genou de sa fille, en invoquant le serviteur de Dieu. Aussitôt, spectacle merveilleux ! elle ne sentit plus aucune douleur, quitta^son lit et réjouit sa famille désolée, qui la regardait déjà comme morte. La soirée se passa dans l'allégresse. Le lendemain, le chirurgien trouva le genou parfaitement sain et dans le meilleur état : une chair nouvelle remplissait les cavités perforées par la gangrène.
Une autre tumeur maligne, accompagnée de souffrances non moins cruelles, fut guérie par l'intercession du Saint. Un prêtre d'Olivauo, Alexis Rocchis, avait au genou une tumeur tellement grosse que le genou surpassait le volume de la cuisse. Avec des remèdes et des bains, les médecins avaient réussi à le désenfler, mais le genou n'étant plus couvert que par la peau et les tendons de cette partie du corps, où l'os de la cuisse se soude à l'os antérieur de la jambe, il s'ensuivit disjonction et corruption de ces mêmes os. Il est impossible de dire les douleurs occasionnées à cet infortuné par une plaie semblable, dans quelles souffrances il passait les jours et les nuits, plus tristes encore, sans pouvoir goûter un instant les douceurs du sommeil. Rocchis était un bon piètre; il connaissait la puissance de Dieu; dans un sentiment de foi, il lui
adressa de ferventes prières pour obtenir, par l'intercession de saint Camille, d'être tiré d'une situation si affreuse. Ayant donc placé sur la plaie un peu de cette poussière bénite dont nous avons parlé, au même instant la fièvre cessa, la plaie se cicatrisa, les nerfs se raffermirent, et, à sa grande surprise, Rocchis put marcher, comme s'il n'eut jamais été malade.
En 1738, se trouvait à Rome, dans une maison de refuge, Marie Domenica, de Pistoie ; son corps entier était couvert d'une gale hideuse, de plus, une artère s'était rompue dans sa poitrine ; elle souffrait encore d'un autre mal plus dégoûtant. On l'avait transportée dans L'hôpital des Incurables. Malgré tous les remèdes et tous les soins, les médecins les plus habiles ne purent la guérir. Le mal se compliqua même d'une hydropisic, accompagnée d'une enflure générale. La pauvre patiente était couverte de boutons purulents, et se trouvait extrêmement affaiblie et par la fièvre continuelle qui la consumait et par l'abondance du sang qu'elle rendait tant par les narines que par la bouche. Domenica était réduite à toute extrémité ; on avait déjà placé au pied de son lit la petite table qu'on met dans les hôpitaux près des mourants. Une personne de piété ayant vu la moribonde en si triste état la recommanda à Camille, et lui fit prendre un peu de poussière de sa chambre. Après un court espace de temps, elle sentit d'abord diminuer son oppression. Ensuite elle implora elle-même le secours du Saint, avec cette confiance que devait naturellement lui inspirer un si heureux commencement. Ou lui appliqua sur la poitrine une image sacrée. Au même instant, elle reprit ses forces, toute douleur disparut. Le dimanche suivant, accompagné d'Eléonore de Buoncompagni , princesse de Piombmo, elle alla à l'église de la Maddalena pour remercier Dieu et saint Camille d'un si grand bienfait.
Le Saint devait lui obtenir une nouvelle grâce. Huit mois
après, Domenica fut reprise d'une fièvre très ardente, suivie de douleurs intolérables, et tourmentée par un mal de cœur si violent qu'elle ne pouvait s'empêcher de pousser