‹ Vie de Saint Camille de LellisChapitre 41 sur 49 · G U É R 1 S O >' S MIRACULEUSES · texte numérisé non relu

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des cris lamentables; elle finit par se trouver clans un état si désespéré qu'on n'attendait plus cpie sa mort. Ou appela, pour ce pieux ministère, les Pères Ministres des infirmes. Le Père Camillo de Romanis, religieux d'une grande bonté, se rendit près de la malade ; la voyant si oppressée qu'on pouvait raisonnablement la croire au moment de l'agonie, il lui vint dans l'esprit de la recommander à l'intercession du Saint dont elle avait déjà éprouvé la miséricordieuse puissance. C'est pourquoi, lui ayant donné à baiser l'image de saint Camille et lui ayant placé dans la bouche un peu de la poussière miraculeuse, il la vit revenir à la vie si subitement, que, deseendant de son lit, elle alla joyeusement au devant du curé qui venait pour lui faire la recommandation de l'âme.

Les faveurs miraculeuses obtenues par l'intercession de Camille se multiplièrent de jour en jour; elles étaient attestées par des procès juridiques, poursuivis à la réquisition des Ordinaires et vérifiés à. Rome, en sorte qu'on ne peut raisonnablement mettre en doute leur authenticité. Néanmoins, pour se conformer aux décrets d'Urbain VIII et de ses successeurs, neuf miracles seulement lurent soumis à l'examen rigoureux de la Congrégation des Rites, choisis parmi ceux qui remplissent parfaitement les conditions requises par ces mêmes décrets. Sur les neuf, deux seulement obtinrent l'approbation solennelle de Benoit XIV, le 13 novembre 1741.

Le premier miracle fut opéré sur la personne de Catherine Maceroni, jeune fille âgé de onze ans. Il s'était formé dans ses narines un polype charnu, d'où s'écoulait avec abondance une humeur maligne qui lui avait fait enfler démesurément le visage et l'avait totalement défigurée. La fièvre s'ensuivit, puis les spasmes, enfin la gangrène. Pour combattre un mal si affreux et si compliqué, les médecins employèrent toutes les ressources de l'art ; ils eurent recours même aux remèdes violents, aux caustiques; mais loin de voir leurs efforts couronnés de succès, le mal ne fit qu'empirer davantage. La plaie.

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envenimée par l'usage du feu, devint un ulcère fétide, qui commença par jeter des matières purulentes et contagieuses. Les cartilages et l'os du nez furent corrodés et cariés ; la suppuration devint si extraordinaire qu'il fallut renoncer à tout traitement ultérieur. L'enfant était peusi o un aire dans le monastère de Sainte-Catherine de Viterbe; on lut contraint de la séparer de ses compagnes, séparation qui ne lit qu'aggraver sa tristesse et son découragement. Heureusement pour elle, elle fut confiée aux soins d'une religieuse qui avait une grande dévotion à saint Camille. Celle-ci l'exhorta à avoir une grande confiance dans l'intercession du grand serviteur de Dieu dont on proclamait chaque jour les effets merveilleux. Après avoir imploré son assistance avec la petite Catherine, elle appliqua sur la partie gangrenée deux fils de la chemise du Saint. A cet instant, la petite martyre cessa d'éprouver aucune douleur et s'endormit d'un sommeil paisible qui dura toute la nuit. A son réveil, le lendemain matin, il ne resta pas le moindre vestige de l'enflure, ni de 1 excroissance des chairs, ni de la gangrène; les parties malades redevinrent saines, comme elles doivent être dans l'état régulier. Les médecins, à leur visite, furent extraordinairement surpris d'une si merveilleuse guérison et donnèrent l'attestation authentique du miracle ; les religieuses qui avaient vu la petite Maeeroni dans l'état dont nous avons parlé confirmèrent juridiquement cette attestation. Ce miracle eut lieu fin novembre 1728 et reçut le premier l'approbation pontificale.

Le second miracle approuvé pour la béatification du vénérable Camille eut lieu en janvier 1728. Catherine Dondoh Ferrante, de Rome, était entrée dans le sixième mois de sa grossesse, quand elle fut subitement attaquée d'une fièvre maligne et dune inflammation de la plèvre et des poumons; chacune de ces maladies pouvaient facilement causer la mort. Outre ces infirmités dangereuses

dont la violence avait altéré son esprit et l'avait poussée ii la frénésie, Catherine avait un ulcère à la gorge et se trouvait suffoquée par l'abondance des humeurs quepro-

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duisait un catarrhe très prononcé. Quatre médecins employèrent pour la guérir toutes les ressources de l'art; mais la violence du mal n'était point atténuée par l'emploi des remèdes, et l'état de l'infortunée malade empirait d'heure en heure ; d'après l'avis des médecins, elle reçut les derniers sacrements pour se disposer à une mort regardée comme inévitable. Le vicaire de la paroisse de Sainte-Marie del Popolo lui faisait la recommandation de l'âme. Une personne, que la mort de cette malheuseuse femme allait plonger dans l'affliction, la pressa de tenter sa guérison par l'emploi des reliques de quelque saint. Le vicaire avait par aventure sur lui une lettre contenant de la poussière de la chambre de saint Camille; il lui en fit prendre quelques grains dans une cuillerée de bouillon. Au même instant, la malade prit une vigueur extraordinaire, se leva elle-même et s assit sur son ht. Avant ensuite invoqué le nom de saint Camille, elle descendit rapidement du lit, sans éprouver, des maux qui la tourmentaient naguère, la moindre. incommodité ; de manière que ce fut un spectacle aussi merveilleux que consolant de la voir vaquer aux travaux les plus pénibles de la maison. La vérité de ces deux miracles fut solennellement confirmée pour la béatification du vénérable Camille.

Les prodiges continuels qui s'opéraient par l'intercession du Bienheureux et les nombreuses instances laites pour la reprise de la canonisation décidèrent le pape Benoît XIV à rendre un décret conforme et à examiner de nouveaux miracles. Un grand nombre fut présenté; les deux suivants furent seuls approuvés par le Souverain- Pontife, le 1er mai 1746.

Il y avait, dans le district de Caprarola, une fille vertueuse nommée Lucia-Teresa Petti ; par suite de la défectuosité des organes respiratoires, elle était, dès le sein de sa mère, très faible de la poitrine. Dans sa première enfance, elle respirait avec tant de difficulté, (pi elle ne pouvait être allaitée qu'avec peine; elle était même obligée de s'arrêter quand elle prenait sa nourriture. La

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maladie s'accrut avec le temps et clans des proportions pins alarmantes que ne semblait le comporter l'âge si tendre de l'enfant. Bossue, rachitiqne, horriblement contrefaite de sa personne, c'était un spectacle navrant de la voir et de l'entendre, tant était embarrassée sa respiration. Dans son lit, elle ne pouvait même pas rester couchée. Quelquefois elle était si oppressée par cette douloureuse maladie, qu'elle se débattait par terre, comme si elle eût été sur le point de rendre le dernier soupir. A cette infirmité si grave, se joignaient d'autres maladies non moins cruelles, telles que douleurs des côtés, inflammation des intestins, crachements de saiiff. Malgré tous les remèdes, ces souffrances multipliées l'avaient conduite aux portes du tombeau; son état était de ceux dont il n'y a rien à espérer : les médecins en firent catégoriquement la déclaration. An mois de juin 1742, Teresa reçut la visite de Camilla Baldini ; par l'intercession du Bienheureux, elle avait obtenu récemment la guérison dune fistule à l'œil droit de son fils; cette dame l'eno-aoea donc à s'adresser à Camille de Lellis, l'assurant qu'il lui rendrait aussi la santé. Les paroles de son amie, l'exemple de la guérison de son fils, firent impression sur l'esprit de Teresa ; elle supplia donc avec ferveur le Bienheureux de venir à son aide, prit un peu de la poussière miraculeuse, et instantanément les douleurs se calmèrent. Encouragée par un si heureux pronostic, elle appliqua sur sa poitrine une image du Père Camille, et, s étant mise commodément au lit — chose qu'elle ne pouvait faire auparavant, — elle goûta les douceurs d'un sommeil paisible et se réveilla tout autre qu'elle n'était auparavant. Non seulement la difficulté de respirer et l'oppression disparurent, mais, auparavant courbée et contrefaite, elle put se redresser; son corps dispos la rendit apte à toutes les fatigues du ménage. Une guérison si soudaine, si complète, fut considérée par les témoins comme une faveur que Dieu lui accordait pour glorifier le Bienheureux Camille. Les médecins attestèrent juridiquement ce miracle.

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