Une certaine année le jour de la feste de S. Eutrope
arriva qu'un jeune enfant dédié au service de l'Eglise cathédrale de Saintes, estant venu avec la procession de messieurs les Chanoines en l'Eglise de S. Eutrope, et se jouant avec quelques autres jeunes enfans en un coing de l'Eglise pendant qu'on célébroit l'office divin, tomba par mesgarde dans un puits qui estoit à costé d'un autel assez escarté, profond de 14 pieds. La mère de ce jeune fils, ayant sçeu le désastre qui luy estoit arrivé, prioit avec larmes S. Eutrope de luy vouloir rendre son fils en vie. Plusieurs, estants accourus au puits dans lequel il estoit tombé, virent l'enfant assis sur l'eau sans estre en rien offensé. Et soudain l'ayant lire à tout des cordes, il tesmoigna que S. Eutrope qu'il avoit invoqué en sa cheute, s'estoit à l'instant présenté à luy, et luy tendant la main, l'avoit embrassé doucement, et restreignant fort amiablement l'avoit. accompagné jusques à ce qu'il fut au bord du puits, et l'eut mis en sauveté.
4. Un Jeudy avant laPentecoste, un qui avoit nom Meynard, natif de la ville de Saintes, passant la Charente qui coule tout joignant, tomba dans l'eau, tenant en main un aviron qu'il avoit empoigné; soudain il fut couvert d'eau, et mesme enfondra bien avant dans le sable, à la veuë de plusieurs qui en ce désastre implorèrent l'ayde de S. Eutrope, le priant de respiter de la mort ce pauvre misérable. Quelques batteliers, estants accourus avec leurs barquerolles pour le secourir, ne peurent le rencontrer de ce jour là. Le lendemain de bon matin, ils y revindrent pour retirer le corps, mort comme ils croyoient.- Mais toute la journée se passa à cercher sans qu'on le peut trouver, pendant que les parents d'iceluy faisoient plusieurs vœus et promettoient des offrandes à S. Eutrope pour avoir du moins le corps pour luy rendre le devoir de la sépulture, s'ils ne le pouvoient r'avoir en vie. La nuict estant survenue, tous se retirèrent, ayant perdu presque tout espoir; mais un peu avant le jour qui estoit la veille de la Pentecoste, commença à reluire d'en-hautune lumière resplendissante presque à l'esgal de celle du Soleil, esclairant tout à l'entour du lieu
où estoit Meynard submergé et non toutes-fois suffoqué. Dieu par sa vertu sépara les ondes, laissant un espace vuide en rond comme en forme d'une tour jusques au fond, la lumière pénétrant au dedans. Adonc Meynard, resjouy de la clarté de celle lumière, et ravigoré de la chaleur de ses rayons, se sentit tout eschauffé, et haussant ses yeux vit un vénérable personnage, d'un visage lumineux, revestu d'habits blancs comme neige, qui le prenant par la main le leva sus pieds, luy disant : « Je sui£ Eutrope, ne crains point, car celluy que tu invoquois de cœur et de bouche quand les eaux t'ont englouty, ne t'a point abandonné. » Quoy disant, il le tira du milieu des eaux, et le conduisit sur le bord, d'où il s'achemina à l'Eglise de S. Eutrope pour rendre grâces et louanges à Dieu et à son glorieux martyr Eutrope, qui par ses prières l'avoit recoux de de la gueulle de la mort.
5. Une femme, venant par dévotion visiter l'Eglise de S. Eutrope, passant sur le pont de Taillebourg, fut jettéeenbasdans la rivière par une monture chargée qui en passant la poussa. Mais par la miséricorde de Dieu ceste pieuse femme du fond de l'eau remonta en haut, et par la conduite de S. Eutrope fut menée au port sans avoir esté interressée, ses habits point embeus d'eau, ains secs comme paravant qu'elle tombât dans l'eau.
6. En la province d'Angoulesme un homme plus riche en piété qu'en argent, retournant de l'Eglise de S. Eutrope où il venoit chacune année par dévotion pour y honorer le sainct, fut rencontré par un soldat à qui ce pauvre homme estoit débiteur de quelque petite somme. Le soldat le requit de son payement; l'homme le supplia pour l'amour de S. Eutrope de luy accorder quelque peu de délay, et qu'il luy satisfairoit. Le soldat impitoyable ne tint compte de ses prières, et mesme se mosqua blasphématoirement de S. Eutrope, disant : « Je te confineray en un lieu d'où ny Eutrope, ny autre ne te pourra retirer. » Sans plus attendre il le mena en sa maison et le fit entrer dans un cuveau pour le tenir là en prison. Le bon
homme ne cessoit toute la nuict d'implorer l'ayde de S. Eutrope. Decpioy irritez les serviteurs de la maison vindrent s'en plaindre à leur inaistre, disants qu'il trouhloit leur sommeil. Le soldat tout forcené commande qu'on dresse un feu au milieu de la basse- cour pour y brusler tout vif ce pauvre homme. Le feu estant prest, le soldat s'en vient au cuveau et charge sur ses espaules cest homme pour le jetter dans le feu, mais il ne peut, veu que il le sentit si fortement collé à ses espaules qu'il ne le pouvoit des -attacher, ny ses serviteurs non plus, restant tous grandement estonnez d'un accident si miraculeux. Dieu en outre frappa le soldat d'un coup invisible en sorte qu'il luy sembloit qu'on le mespartissoit en deux, et qu'on luy perçoit le cœur d'une lance. Ce qui luy causa une telle douleur qu'il se print à crier et hurler d'un grand effort se débattant sans se pouvoir faire quitte de la douleur extrême qui le tourmentoit. A la parfin il recogneut que c'estoit un effect de la Justice de Dieu qui vengeoit l'honneur de son Sainct, et qu'il ne pouvoit guérir que par la main qui l'avoit blessé. Il se fit porter jnsques à l'Eglise de S. Eutrope distante de sa maison 46 lieues, ayant tous-jours attaché à ses espaules le pauvre homme. Entré qu'il fut clans l'Eglise, avec larmes et souspirs il requiert pardon à Dieu et à S. Eutrope qu'il avoit offensé. Ayant continué quelque temps son oraison, priant Dieu d'avoir pitié de luy, et de ne le juger pas en sa rigueur, la bonté divine appaisa la douleur qui le travailloit , tempéra l'ardeur qui le brusloit, et coupa les liens qui tenoient cet homme attaché à luy. De façon que allégé de ce fardeau, il rendit grâces à Dieu, et apprint à ne blasphémer plus les Saincts, et à n'outrager plus ceux qui les invoquent, laissant le cuveau en l'Eglise pour marque d'un si grand miracle.
7. Pendant une querelle meuë entre un seigneur de Ponts et un autre seigneur de Taillebourg, le seigneur de Ponts, entrant en armes sur les terres du seigneur de Taillebourg, emmena environ 50. prisonniers, desquels se voulant asseurer, il envoya quérir plusieurs ceps qui pendoient au dedans de
l'Eglise de S. Eutrope tout à l'entour, y attachez en mémoire de la délivrance de plusieurs captifs qui miraculeusement mis en liberté par les prières de S. Eutrope avoient en divers temps porté leurs fers en son Eglise, où ils les avoient laissez pour mémorial à la postérité. Ces 50. prisonniers furent serrez estroitement dans la prison d'un Ghasteau, auquel estât ils requirent instamment S. Eutrope de ne les vouloir oublier. Chose admirable. La mesme nuict le concierge qui avoit charge de garder les prisonniers, veillant encore, veid S. Eutrope environné d'un grand globe de feu venir devers Sainctes et entrer dans le Chasteau et en la prison, chassant les ténèbres par une grande clarté qui yssoit de son visage, et soudain les ceps s'eslargissant tombèrent à leurs pieds, les portes de la prison et du Chasteau s'ouvrirent. Et comme ils n'osassent sortir, S. Eutrope les print par la main, les conduisit hors du Chasteau et les mena dans fort peu de temps à Sainctes, portans en leurs mains les fers dont ils avoient esté enfergez. Et ayants remercié très-humblement S. Eutrope d'une faveur si signalée, restèrent toute leur vie ses affranchis pour avoir par ses prières receu la liberté.
8. Un grand Seigneur, ayant encouru l'indignation d'un Comte de Poictou, et ne pouvant délivrer son fds qu'il tenoit prisonnier attaché à un mesme cep avec un autre jeune Gentil-homme, eut recours à S. Eutrope, et visitant dévotement son Eglise le pria à grande instance de vouloir délivrer son fds. A peine eut-il achevé sa prière que son fds et l'autre jeune Gentil-homme furent retirez de prison , et transportez par vertu divine dans l'Eglise de S. Eutrope; le père, après plusieurs actions de grâces rendues au sainct, les emmena quant et soy, ne cessant de bénir Dieu et prescher par tout le chemin la grandeur des mérites de S. Eutrope.
9. Un paysan sorti de sa maison pour aller labourer son champ, ayant dressé sa charrue et atellé ses bœufs, fut adverti par un soldat qui passoit par là, que ce jour on chomoit la feste de S. Eutrope, et que partant en l'honneur du Sainct il
se désistât de travailler; à quoy le paysan respondit fort insolemment. «Je façonnerai el cultiverai ma terre, et qu'Eutrope se mesle de gouverner ses religieux. » A peine eut-il proféré ce blasphème de sa bouche impudente, que Dieu le chastia, bien que fort doucement, et beaucoup moins que son outrage ne méritoit. Car prenant d'une main le manche ou tenon de l'araire, et de l'autre levant l'aiguillon pour picquer les bœufs, il fut frappé d'aveuglement et d'estourdissement, ne sçachant où il estoit, et qu'il faisoit. Les bœufs se retournèrent de l'autre costé et prindrent le chemin tirant droit vers l'Eglise de S. Eutrope, le laboureur suyvant, et tenant la charrue d'une main, et l'aiguillon haussé de l'autre. Arrivez qu'ils furent devant l'Eglise, ils s'arrestèrent, et le paysan recognoissant sa faute reçeut la veuë et de l'ame et du corps, promettant à Dieu de visiter pendant sa vie chascune année l'Eglise de S. Eutrope; et soudain après son vœu sa main gauche fut descollée de la charrue et la droicte quitta l'aiguillon, laissant l'un et l'autre en l'Eglise pour souvenance d'un si grand
miracle.
Il y en a eu aussi plusieurs autres qui mesprisants de célébrer la feste de S. Eutrope et la chômer, ont esté punis divinement, et s'estans repentis ont esté délivrez des maux que leur impiété leur avoit causé.
40. Une femme forfaisant à son honneur, et desloyalle à son mary, pour pouvoir plus à délivre jouyr de ses plaisirs abominables, complotta avec son adultère de se des-faire de son mary. Si advint que le mary estant de retour de l'Eglise de S. Eutrope où il estoit allé par dévotion, sans se douter de l'assassinat que sa cruelle femme luy machinoit, entra dans sa maison. Sa maudite femme le voyant assis, s'approcha par derrière, haussant et entoisant son bras pour luy ramener un coup mortel sur la teste, à tout une trenchante hache. lubricité forcenée ! Quoy? S. Eutrope manque-il d'assistance à son dévot? nullement. La femme avoit haussé le bras, mais elle ne le peut baisser. Il demeura tout roide comme cela, sans que
la main laschat la coignée. Elle saisie de frayeur confessa son crime, fut conduite par son mary en l'Eglise de S. Eutrope, où après avoir vacqué l'espace de trois jours à implorer la miséricorde de Dieu, elle obtint le troisiesme jour pardon de son attentat exécrable, et la peine luy fut remise recevant l'usage de ses bras, et de ses mains tel qu'elle l'avoit auparavant, non ja pour mesfaire et occire mal-heureusement son mary, mais pour luy estre fidelle à l'advenir.
11. Un homme saisi d'hydropisie devint extrêmement enflé, et sentant son mal croistre de jour en jour sans espérance de guérir par les remèdes humains esquels il avoit employé la plus grande partie de ses moyens, eut recours aux remèdes divins, et s'estant faict porter à l'Eglise de S. Eutrope le pria avec telle affection et confiance qu'il obtint de Dieu par les prières du Sainct ce que les médecins avec leurs drogues ne luy avoient peu donner.
12. Une pareille grâce fut octroyée à une femme qui, ayant passé 9 jours dans l'Eglise de S. Eutrope, suppliant avec persévérance la divine bonté de luy accorder par les mérites du Sainct la guérison d'une enfleure si grande qu'elle l'empeschoit de marcher, obtint ce qu'elle demandoit.
13. S. Hugon, Abbé de Glugni, venant visiter comme supérieur le monastère de S. Eutrope, qui est de la règle de son ordre, fut receu par les Religieux qui estoient venus au devant de luy en procession. Comme il approchoit de l'Eglise, voicy une femme qui ayant le cerveau pieça grandement troublé se jetta en place au devant de S. Hugon, les yeux esgarez, la face blafastre, les cheveux desarroyez, les lèvres ouvertes, les dents serrées qu'elle grinçoit effroyablement. S. Hugon, s'estonnant un peu de la veuë soudaine de ceste femme furieuse, s'arma du signe de la Croix, et ayant jette de l'eau béniste sur la femme, s'en alla de Ce pas tout seul prier Dieu par l'intercession de S. Eutrope pour la guérison de celle pauvre femme, qui souloit en certains intervalles, lors qu'elle avoit l'usage de la raison de recommander à S. Eutrope.
Tandis que S. Hugon d'une grande ardeur et instance frappoit aux portes du ciel, invoquant à son secours S. Eutrope afin qu'il fleschit la miséricorde de Dieu pour le bien de celle pauvre misérable, voylà que un petit bestïon, rapportant à un lézard madré de verd et de rouge, sortit de l'estomach de la femme, qui se sentant soudain allégée de son mal, comme ayant receu la santé et le jugement, rendit humblement grâces à Dieu et à S. Eutrope et à S. Hugon du signalé bien-faict duquel elle leur restoit à jamais redevable.
•14. Un Gentil-homme, fort dévot à S. Eutroppe, estant allé à la guerre saincte pour combattre les infidelles, et avec le reste de l'armée Chrestienne les déposséder des saincts lieux qu'ils détiennent par usurpation injuste, fut blessé par un des barbares embuschez pour aguetter les Chrestiens qui passeroient par un certain chemin. Le barbare descocha une flesche qui luy entra bien avant dans la poictrine, et la hante se rompant, la pointe de fer demeura au dedans de la playe sans qu'on l'en peut retirer. Les Médecins et Chirurgiens désesperoient d'y pouvoir remédier, et la nature eut succombé bien tost vaincue par la grandeur du mal; mais la vertu divine la renforça en sorte que ce Gentil-homme porta ce bout de javelot dans son corps l'espace de 4. ans. Voyant que les remèdes humains luy manquoient, il eut recours aux divins comme à l'ancre de dernier respit, et se confiant es prières de S. Eutrope, fit tant envers luy qu'il luy obtint la santé. Un jour il sentit qu'on luy tiroit bellement le fer qu'il avoit au dedans du corps, et que par un doux attouchement d'une main délicate, et comme suspendue pour ne luy causer de la douleur en le pressant, quelqu'un addoucissoit l'aspreté du mal et jettoit hors tout le pus que le bout du dard durant si longtemps avoit engendré : le fer tout rouillé avec grande abondance de sanie estant hors par l'entremise de S. Eutrope, duquel il sentoit la main, le Gentil-homme advouant sa guérison de luy, fit faire une sagette d'argent qu'il offrit à S. Eutrope quant et le fer qui l'avoit tant tourmenté, et pour la souvenance d'une
si notable faveur désira qu'on l'attachât devant l'Autel du S. martyr Eutrope, qui n'abandonne jamais ceux qui se confient en l'efficacité de ses prières.
45. Un gendarme nommé Grégoire, natif de Barbezieux, ayant en une rencontre perdu son cheval que les ennemis emmenèrent, regrettait fort ceste perte, attendu que le cheval luy avoit cousté une bonne somme d'argent, et estait adroit à la main , fort et robuste pour porter un homme armé. Comme doncques il ne cessât de prier S. Eutrope qu'il luy fit recouvrer son cheval (voyez et admirez la bonté de Dieu et de ses Saincts), lé cheval eschappa des mains des ennemis qui estaient environ dix lieues loin de là, et s'en vint au galop jusques à la porte de la maison de son maistre, qui le reçeut à grand joye, admirant et hautlouant la condescendance et puissance de S. Eutrope.
46. Une femme, natisve de la ville d'Agen, possédée du malin esprit, en estait griefvement travaillée : car il la jettoit tantost dans le feu, tantost contre terre, puis luy faisoit deschirer son corps avec ses dents, puis s'esgratigner et défigurer toute. Ses parents la menèrent en l'Eglise de S. Eutrope, célébrée par tout pour les grands miracles que Dieu. y ouvroit. Arrivée qu'elle fut au devant de la porte, Sathan, ne pouvant résister aux mérites et au pouvoir que Dieu donnoit à S. Eutrope, fut contrainct à sa courte honte de céder et quitter la place dont il s'estait saisi et la femme, délivrée de la tyrannie de ce cruel, entra dans l'Eglise pour remercier Dieu et S. Eutrope du bien qu'elle avoit receu, advouant la délivrance des prières de S. Eutrope.
47. Une villageoise d'un bourg proche de Sainctes estait agitée d'une manie si forte qu'elle ne pouvoit estre retenue qu'à grand peine, bien que plusieurs y employassent tout leur effort, se débattant et contournant le corps d'une façon estrange. Deux de ses enfans, grandement attristez des tourmens que leur mère souffroit, et recognoissants que la grandeur du mal surpassoit la force de tout remède humain, mirent
leur espérance es prières de S. Eutrope. Si ne furent pas frustrez, car l'ayant menée en l'Eglise du Sainct, et colloquée devant l'Autel, la tindrent la durant 9. jours et 9. nuicts, priants S. Eutrope pour la guérison de leur mère qu'ils obtindrent le 9. jour; dequoy et la mère et les enfans, fort obligez à S. Eutrop Q , luy en rendirent grâces, tesmoignant par tout l'efficace de ses prières et la force de son assistance.
48. Un marinier Breton, devenu furieux et enragé, fut conduict par quelques autres mariniers ses compagnons en l'Eglise de S. Eutrope, et n'ayants peu obtenir sa guérison le 9. jour de leur arrivée, s'en retournèrent fort desconfortez, ramenans le pauvre malade autant travaillé qu'auparavant. Ils ne perdirent pas néant-moins eséprance de fleschir la miséricorde de Dieu par les prières de S. Eutrope pour la santé de leur compagnon qui s'en alloit mourant; ils gagnèrent par leur persévérance ce qu'ils eussent perdu s'ils n'eussent persisté à demander. Et ainsi le marinier se leva entièrement guéry dans un instant avec une très-grande allégresse de tous, et avec mille louanges de S. Eutrope, Dieu ayant par ce délay esprouvé la confiance de ces bonnes gens et en fin récompensé par l'ottroy de ce qu'ils avoient requis.
Voylà quelques uns des merveilleux effects dont la bonté divine a voulu honorer la mémoire de son fidelle serviteur, faisant à sa prière plusieurs miracles pour le bien de ceux qui avec une foy vive et une ferme confiance ont invoqué le secours de son intercession envers Dieu ; donnant parla asseurance de pareilles grâces à ceux qui avec une pareille disposition supplieront humblement S. Eutrope de les assister es nécessitez esquelles la force de la nature se trouvera foiblc pour y remédier.
De la translation du chef de S. Eutrope (1).