‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 101 sur 239 · Ibid. — 7're.s t^oclL c. iv, n. 5 et S. Bonav., c. iv · texte numérisé non relu

Ibid. — 7're.s t^oclL c. iv, n. 5 et S. Bonav., c. iv

5. Rivortoto signifie « la rivière tortueuse ou qui serpente ", elle descend du mont Soubase. Aujourd'hui encore on montre à Rivortoto la cellule et l'oratoire de François. L'église et le couvent furent reconstruits après le tremblement de terre de 1853.

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vais temps. Depuis sa conversion, François affectionnait particulièrement les gîtes misérables, délaissés et isolés. Cette cabane lui était connue avant son voyage à Rome, et avait été occupée par lui et ses compagnons de temps en temps avant ce voyage ; car Thomas Célano (i) rapporte qu'il s'y trouvait avec ses disciples, lorsque Othon IV vint à passer se rendant à la Ville sainte pour y être couronné empereur romain, le 4 octobre 1209, par Innocent III.

Il sinstalla donc de nouveau à Rivotorto avec les siens, et y passa les meilleurs jours : jours de repos spirituel et de recueillement, jours d'union et de communications intimes avec Dieu. La cabane n'offrait qu'un médiocre abri contre les ardeurs du soleil et les pluies torrentielles ; elle était si basse, si petite qu'on pouvait à peine se tenir debout, ni s'allonger entièrement (2). Afin d'assurer le bon ordre dans cet espace étroit, François fut obligé d'écrire sur les poutres le nom de chaque Frère pour leur permettre de se livrer à l'oraison et au repos sans se gêner les uns les autres (3). Il sentait bien les difficultés de ce séjour et appréhendait que ses Frères n'j^ perdissent courage. Aussi leur disait-il fréquemment : « Mes Frères, on monte plus vite au ciel d'une chaumière que d'un palais (4). »

Ces paroles produisaient leur effet, mais elles

1. CÉLANO, Vita I, 1. I, c. VI, n. 42. — Très socii, c. iv, n. 55.

2, 3, 4. Ibid.

A KIVOTORTO I27

n'étaient pas nécessaires, car les Frères supportaient leurs privations avec une patience admirable ; jamais leurs lèvres ne laissaient exhaler une plainte ou un mécontentement. Leur amour de Dieu rendait leur esprit gai, enjoué et paisible (i). Ils donnaient alors et donnent encore aujourd'hui au monde la preuve que les richesses, les palais ne procurent pas le bonheur, et qu'on peut être heureux au sein de la pauvreté et des privations. La paix du cœur et Famour de Dieu sont le secret d'être heureux dans le bonheur même comme dans le malheur, dans l'abondance et dans le dénuement.

La vie des Frères à Rivotorto était en harmonie avec leur misérable installation : elle était dure et sévère. Souvent ils manquaient du nécessaire ; quelques racines et des herbes leur serv^aient de nourriture (2).

François s'occupa alors avec un soin particulier et un succès extraordinaire à nourrir et à développer en lui-même et dans ses Frères l'esprit de dévotion et de prière, ainsi que d'amour pour tout ce qui concerne Dieu et son service. La prière formait le principal emploi de leur temps. De même que les disciples du Sauveur, ceux de François lui dirent aussi un jour : « Apprenez-nous à prier! » Et il leur donna l'enseignement qu'ils sollicitaient. Il leur recommanda comme prière vocale celle du Seigneur, le

1. CÉLANo, Vita I, 1. I, c. VI, n. 42. — l^rcs soc//, c. iv, n. 55.

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