CÉLANO, Vita I, 1. I, c. VII, n. 5i
formés au bien. Que sert en effet de démolir si on ne reconstruit, de défricher si on ne replante? I/un et l'autre sont nécessaires dans le travail de Féducation.
François s'efforçait surtout de leur inculquer les vertus particulières à l'Ordre. Il les exerçait dans la mortification. Sous sa direction, ils étaient tenus de surveiller avec sévérité leurs sens et plus particulièrement la langue et les yeux. Leurs lèvres ne devaient laisser échapper aucune parole oiseuse ou malséante ; leur démarche devait être modeste et leur conduite prudente. Ils ne devaient voir et entendre que l'indispensable et devaient marcher les yeux constamment fixés à terre.
En maître éclairé, il tenait plus encore à la mortification intérieure, il savait que si la sévérité extérieure n'est pas soutenue par la possession intime de soi, elle devient hypocrisie ou tyrannie, et, tôt ou tard, dégénère en méchanceté ou en corruption. Aussi invitait-il ses disciples à combattre en eux la vanité, Tamour-propre, l'envie, la malignité, la jalousie, le caractère soupçonneux, la dureté, et toutes les passions en un mot qui agitent souvent le cœur humain, troublent et détruisent son bonheur (i).
François donna à son institution le nom d' « Ordre des Frères-Mineurs — Ordo Fratrum rainorum (2) », afin que les Frères se souvins-