‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 114 sur 239 · Ihid., n · texte numérisé non relu

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sent de leur vocation et de leur élection imméritée, et qu'ils s'en rendissent dignes par l'humilité et les bonnes œuvres. Ils devaient fonder Fédifice de la vertu sur la base solide de l'humilité, sans laquelle rien, dans la vie spirituelle, ne saurait être construit ni durer.

Autant François tenait à l'humilité, autant il estimait la prompte et joyeuse obéissance, ce fruit parfait de l'humilité. Il savait combien l'obéissance est nécessaire dans une société religieuse, et cela explique sa sévérité, presque sans exemple, contre la désobéissance : c'était une de ses pensées favorites que le disciple ne doit pas seulement considérer comme un ordre la pensée exprimée par le supérieur, mais encore celle qu'il laisse deviner (i).

Un Frère avait manqué à l'obéissance. Il lui ordonna de se dévêtir, et le fit placer ensuite par les autres Frères debout dans une fosse. Lorsque le malheureux eut été couvert de terre jusqu'au menton, François lui dit: « Mon Frère, êtes-vous mort? — Oui, mon Père, répondit le supplicié repentant, je suis mort. — Hé bien, lui dit François pendant cju'il le faisait déterrer, si vous êtes réellement mort, levez-\x)us, obéissez au moindre signe des Supérieurs, et ne résistez pas plus qu'un homme mort aux ordres que vous recevez (2). » A un autre Frère qui, cependant, avait déjà fait amende honorable de sa faute, il fit arracher le capuce et le lit jeter

I. CÉLANo, Vita [, 1. I, c. V, n. 4.'). a. Opuscule de saint François, p. 404.

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au feu, pour montrer comment la désobéissance ne doit jamais rester impunie. Après quelques instants, il le retira du feu et le rendit intact au coupable repentant. Cet acte de sévérité montrait aux Frères la punition due à la désobéissance; « mais le miracle, dit saint Bonaventure(i), leur faisait voir combien l'humble pénitence est agréable à Dieu. »

La charité était Fàme de leur éducation. François aimait ses disciples, et ceux-ci, en retour, le chérissaient. L'annaliste Wadding (2) rapporte, d'après les anciennes traditions, des traits qui prouvent la tendresse vraiment maternelle du Saint pour ses fils. Ainsi il raconte qu'il prenait lui-même soin de tous, qu'il était toujours le premier pour aller à la quête; souvent même il remplissait seul ce bas office pour ménager les Frères non encore habitués à ce genre d'humiliation. Lorsque la faiblesse corporelle ne lui permettait pas de pourvoir lui-même aux besoins de ses disciples, il leur facilitait l'obligation de mendier en leur disant : « Mes très chers enfants, n'ayez point de honte de demander Taumône, car le Seigneur, dont nous avons suivi l'exemple en entrant dans la voie de Textrême pauvreté, est venu pauvre dans ce monde pour l'amour de nous. Si pour Famour de Lui, nous avons choisi la pauvreté, nous ne devons pas rougir de demander l'aumône. Il ne

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