Ibid
3. Ibid., n. 23. Exactement S. Angeli Michaelis pacis.— Voir LiPSiN, Comp. hist. S. P.Fr., p. 22.
FONDATION DU DEUXIÈME ORDRE 2l3
opposés. Elle était trop pieuse pour mettre de Fentêtement dans une affaire aussi grave, et trop éclairée pour ignorer que les parents ont le droit d'intervenir dans les questions de vocation de leurs enfants. Mais elle savait aussi qu'on peut abandonner parents, frères et sœurs pour Jésus- Christ, et que si la famille veut s'opposer à une vocation déclarée, on doit lui préférer la volonté divine, et tout quitter. Ainsi firent Jacques et Jean, ils abandonnèrent leur père, leur barque et leurs filets à Tappel du Seigneur. Il y a, en effet, deux cas où les enfants peuvent ne pas obéir à leurs parents : c'est quand ceux-ci veulent les obliger au mal, ou bien quand, dans une vocation, ils s'opposent à la manifeste volonté de Dieu. C'était le cas de Claire. Ses parents firent une opposition violente, qui n'est pas recommandable en toute circonstance, mais qui s'explique facilement dans la situation de notre Sainte. Cette opposition servit à témoigner du courage, de la force et de la résolution d'une vierge vraiment chrétienne.
Dans le nouvel asile qu'elle occupait, Claire n'eut rien de plus pressé que de prier Dieu avec ferveur de vouloir bien permettre que sa sœur Agnès, qu'elle aimait tant, et qui ne lui cédait en rien pour la piété et la pureté du cœur, fut arrachée aux dangers du monde et entièrement attirée et unie à Lui dans un amour éternel. Sa prière fut exaucée. Seize jours à peine s'étaient écoulés depuis sa fuite de la maison paternelle qu'Agnès quitta également celle-ci en secret et
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se réfugia dans les bras de Claire qui la serra sur son cœur (i) en disant : a Chère sœur, je remercie Dieu d'avoir exaucé la prière que je lui adressais à ton intention. » Agnès n'avait que quatorze ans (2) .
Il s'ensuivit une tempête plus violente encore que la première. Une troupe de douze hommes furieux, à la tête de laquelle se trouvait Monaldo, oncle des deux sœurs, promit au comte Favorino de lui ramener sa fille vivante ou morte. Ils se ruèrent sur le couvent, y pénétrèrent sacrilègement et réclamèrent la remise d'Agnès. Comme celle-ci refusait de quitter Claire et la maison, ils la saisirent par les vêtements et les cheveux, Tentraînèrent et la maltraitèrent si cruellement, que le chemin qu'ils suivaient était semé de lambeaux d'étoffe et de touifes de cheveux. Pendant cette brutale agression contre l'innocente enfant, Claire pria pour elle et fut de nouveau exaucée. Tout à coup Agnès resta étendue dans le chemin ; elle était devenue tellement lourde que les douze hommes, même secondés par des paysans accourus du voisinage, ne purent la déplacer. Bien que tous les acteurs de cette scène eussent conscience du secours accordé par Dieu à sa jeune servante, ils n'en persistèrent pas moins dans leur rage. L'oncle Monaldo se disposait même à porter à sa nièce un coup terrible