Acta SS., Aiig., t. II, p
bâtit son nid et enfanta des vierges à Notre- Seigneur. Elle y fonda, de concert avec François, rOrdre des « Pauvres Dames ». Elle y mena une vie très austère et y laissa des traces ineffaçables de perfection et de sainteté pour permettre à d'autres de trouver et de suivre la même voie. Ce fut dans cet étroit espace que, d'après le même biographe, elle flagella rudement son corps délicat et remplit TEglise des plus suaves parfums. La prédiction de François était accomplie. Le fondement d'un second Ordre était jeté. A la vérité, l'œuvre était petite et à peine visible, mais elle devait constamment grandir et se fortifier. Claire fut la stérile, la pauvre battue par la tempête, l'inconsolable dont parle le prophète (i); mais l'enceinte de sa tente devait s'étendre à droite et à gauche. Le Seigneur dirigea la construction, posa le fondement, aligna les pierres et plaça tout l'édifice sur les vertus évangéliques, qui sont plus brillantes que le saphir et le jaspe, et plus durables qu'un mur et un rempart de pierres choisies et taillées (2).
Le pas décisif de Claire et d'Agnès eut un effet magique et causa, parmi les habitants d'Assise et des environs, un tel entraînement que ce coin de terre sembla se dépeupler pour se déverser avec surabondance dans les cloîtres. Tous s'enthousiasmèrent pour la vie religieuse. Des riches, des nobles renoncèrent aux joies