CHAPITRE XIX
Au retour du printemps, la santé revint à François, au moins en partie. La maladie navait pas affaibli son zèle, mais Tavait, au contraire, épuré et agrandi. De nouveau il fut pris du désir du martyre, et cette fois, il espéra le succès ; il voulut gagner le Maroc en passant par TEspagne, et y conquérir la palme de la victoire. Après avoir derechef désigné Pierre de Catane comme son représentant, il se mit en route avec Bernard de Quintavalle et plusieurs autres Frères, et, par l'ardeur de son zèle, il alluma en eux le désir du martyre.
Les plus anciens biographes ne disent rien de la route prise par François pour aller en Espagne. Célano consacre quelques mots seulement à tout le voyage au Maroc. Il dit : « Peu après le retour de la Slavonie, le Saint entreprit le voyage du Maroc pour aller prêcher TEvangile du Christ à Miramoiino et à ses partisans. Son ardeur était si grande que parfois il devançait ses compagnons de route, brûlant du désir de réaliser son projet. » Et il ajoute : « Dieu renversa ce dessein en frappant François, en Es-
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pagne, d'une maladie qui l'obligea à retourner en Italie (i). » Saint Bonaventure (2) fait le même récit presque dans les mêmes termes, sans dire cependant un mot du chemin suivi ni à Faller ni au retour.
Quelle fut donc la route suivie par François ? Les Bollandistes (3) opinent pour la voie de mer, mais ne s'appuient que sur des conjectures. Wadding (4), qui suit les diverses traditions ainsi que les auteurs les plus récents de son époque, fait prendre à François la voie de terre dans les deux sens. Nous lui donnons la préférence; ses indications précises nous paraissent plus admissibles que de simples conjectures. Il résulte de l'itinéraire tracé par Fannaliste qu'avant de sortir d'Italie, François voulut prêcher dans différentes villes et y créer des établissements pour les Frères, sinon il eût suivi une voie directe à partir d'Assise. Or il passa par Foligno, Spolète, Terni, Narni, Orte, etc.. (5); la fondation de nouveaux couvents, comme à Foligno, à Trevi, etc., ainsi que des conversions extraordinaires et des miracles ont rendu son nom immortel dans ces localités.
A Terni, il parla du haut de la chaire à un nombreux auditoire. Après son sermon, l'évêque