Ibid
VOYAGE AU MAROC 20l
le remplaça dans la chaire, et dit aux fidèles : « Mes Frères, Dieu, qui éclaire souvent son Église par des hommes de science, vous envoie aujourd hui ce François que vous venez d'entendre, qui est un pauvre homme sans instruction et d'un fâcheux aspect, pour vous édifier par la parole et l'exemple. Moins il est instruit et plus se révèle en lui la puissance de Dieu, qui choisit ce qui est insensé selon le monde pour confondre la sagesse humaine. La sollicitude que le Seigneur nous témoigne pour le salut de nos âmes, nous fait un devoir de l'honorer et de le glorifier, car il n'a pas fait la même grâce à d'autres peuples. »
François remercia à genoux le prélat d'avoir rapporté à Dieu et non à lui-même le bien qu'il faisait. « D'autres, dit-il, m'attribuent une sainteté qui ne m'appartient pas, et qu'ils devraient reporter sur Dieu seul, l'auteur de tout bien. Votre Grandeur a très sagement séparé ce qui est précieux de ce qui est mauvais, ce qui est digne de ce qui est indigne, le saint du pécheur, et a attribué l'honneur à Dieu, et non à moi, homme chétif et misérable. Car à Dieu seul, roi de l'éternité, immortel et invisible, les hommes doivent rendre gloire et honneur à jamais (i). »
A Terni aussi, François changea, par le signe de la croix, de très mauvais vin en un vin excellent, et rendit la vie à un jeune homme tué
I. AVAi)DiN(i, Annal. AMinor., ad <Mnn. r2i3, ii. la. — CÉLANO, Vita II, p. m, C. LXXX.
par la chute d'un mur (i). A Saint-Gemini, dans le territoire de Terni, il délivra une femme du mauvais esprit (2).
Dans le comté de Narni, le décès d'un homme qui s'était noyé, avait jeté une famille dans une profonde douleur, et cette douleur s'était accrue par Timpossibilité de retrouver le corps et de l'ensevelir religieusement. François pria longtemps, et désigna ensuite le lieu où se trouvait le cadavre; on y alla, et, après qu'il eut été tiré de Feau, il lui rendit aussi la vie (3). Dans la même ville, il guérit, avec le signe de la croix, une femme aveugle et un homme paralysé de tout le corps depuis cinq mois. A Orte, il redressa un enfant tellement déformé que la tête touchait presque les pieds (4).
A Saint-Urbain, également dans la circonscription de Narni, où François arriva exténué de fatigue, il demanda un peu de vin. Comme il n'y en avait pas, on lui offrit de l'eau sur laquelle il fit le signe de la croix et qu'il changea en un bon vin. Après en avoir bu, il retrouva aussitôt ses forces (5).
Sur sa route, François visita encore Monte- Feltro (6), Imola, et beaucoup d'autres lieux. A Imola, il demanda à l'évêque, ainsi qu'il avait