Cfr. P. Ant. Melissano, Suppl. ad Wadding
VOYAGK AU MAROC 201
diant simulé tira de sa poche raumône qu'il avait reçue, et, la montrant au peuple, il traita François d'hypocrite, qui prêchait la pénitence en public, mais qui faisait liesse en secret. Le peuple entendit bien Taccusation, mais il vit dans la main du calomniateur un poisson au lieu d'un morceau de volaille. Confondu et puni par Dieu lui-rnéme, le coupable quitta rassemblée; et l'honneur du serviteur de Dieu resta sauf. Lorsque cet homme malintentionné fut revenu de son trouble et de sa confusion, il vit de nouveau le morceau de volaille (i).
Le retour de François à travers l'Italie ressembla à une marche triomphale. Aussitôt qu'on apprit son arrivée d'Espagne, le peuple accourut de tous les côtés pour le saluer et l'accompagner ; il louait le jour qui lui avait rendu le Saint. A Celle, les choses allèrent plus loin. iVprès y avoir prêché, François voulut sortir de la ville pour retourner auprès de ses Frères; mais il trouva à la porte une garde qui l'obligea à rebrousser chemin. Ce ne fut que le troisième jour, et après qu'il eut fait encore un sermon, qu'on le laissa aller, non sans peine toutefois, et uniquement parce qu'on ne put résister à ses humbles instances. Tout le peuple le suivit jusqu'au couvent, où il passa quelques jours à la grande joie et consolation de ses disciples (2).
Il se rapprocha enfin de sa chère Portioncule,
1. CÉLANO, Vita 11, p. m, c. XXIV. — V\^^DDIN(i, Annal. Minor., ad ann. riif), n. i.