Wadding, Annal. Minor., ad ann. I2i5, n
CÉLANO, Vita II, p. III, C. LXIII.
PREMIÈRE VISITE DE l'aLVERNE 278
Saint Bonaventure (i), en rapportant ce fait, ajoute que le Saint fut souvent tourmenté de cette manière par les démons, mais qu'il les vainquit toujours; ces esprits orgueilleux ne purent jamais rien contre sa constance et sa vertu. Si, dans nos tentations, nous mettions notre confiance en Dieu et si nous l'appelions à notre secours, ainsi que font les saints ; si nous nous tenions prêts à supporter encore de plus grandes épreuves, au lieu de nous montrer impatients et timorés, nous ne succomberions que rarement, et même, nous ne serions jamais vaincus. Le diable ne terrasse que les orgueilleux et les peureux. Ne le craignons pas, disent les saints, il aura lui-même peur de nous.
François était resté vainqueur, mais la lutte Favait réduit à une telle faiblesse, que le lendemain, il ne put, à son grand regret, laisser ignorer à ses compagnons ce qui s'était passé, et qu'il dut être transporté dans une maison voisine, où il fut reçu et soigné avec la plus grande charité. On s'y estima heureux de pouvoir rendre service à un saint. Mais pendant qu'il s'abandonnait aux bons soins qu'on lui prodiguait, il se châtiait lui-même ; ainsi, il ne but que de l'eau et saupoudra ses aliments avec des cendres afin de les rendre insipides. Il fut reconnaissant à son hôte, et lui prédit qu'il jouirait pendant longtemps d'une nombreuse postérité