I. S. Bon AV., c. x, n
274 "^'11'^ DE SAINT FRANÇOIS d'aSSISE
qui, à la vérité, ne serait jamais riche, mais vivrait toujours dans Taisance. Après des siècles, cette maison était encore appelée par le peuple a la maison de François (i) >.
Dès quil fut un peu rétabli, il se remit en route sur un mulet, à cause de sa grande faiblesse, et arriva à Chiusi. C'était à Theure de midi. Orlando s'efforça en vain de le retenir dans sa demeure pour cette journée. François persista à partir après le repas, et le comte se décida à raccompagner sur la montagne (2).
Cette ascension rappelle d'admirables souvenirs que nous ne voulons pas laisser ignorer au lecteur. François cheminait sur la béte de somme, le paysan à qui elle appartenait marchait à côté de lui. Tout à coup, ce brave homme lui dit avec bonhomie : « Mon Frère, j'entends dire beaucoup de bien de vous et je pense moimême que Dieu vous a fait de nombreuses grâces. Appliquez-vous à être tel que les gens le disent; ne changez pas, afin que ceux qui mettent en vous leur confiance ne soient pas trompés. » Se jeter à terre, malgré sa faiblesse, et baiser les pieds da paysan fut pour François l'affaire d'un instant. Il remercia celui-ci très humblement de son charitable avis, et Dieu de la salutaire leçon qu'il lui avait donnée par cet homme si simple (3).
La journée était fort avancée et on n'avait pas