‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 220 sur 239 · I. Waddfng, Annal, yiinor., ad ann. l'iiT), n · texte numérisé non relu

I. Waddfng, Annal, yiinor., ad ann. l'iiT), n

naître pendant le concile. Tous deux profitaient de leur séjour à Rome pour visiter les églises et les lieux saints. Un jour que Dominique priait avec ferveur dans un sanctuaire, Jésus-Christ lui apparut avec un visage courroucé et comme disposé à détruire Fhumanité à cause de ses péchés. Le Fils de Dieu tenait en main trois dards avec lesquels il voulait transpercer les orgueilleux, les avares et les impudiques. Mais avant qu'il en vint à l'exécution, Dominique vit la sainte Vierge se jeter aux genoux de son Fils, le suppliant d'épargner les malheureux pécheurs. Il entendit aussi Marie disant à Jésus qu'elle connaissait des hommes qui arrêteraient la corruption du monde. Puis elle lui présenta deux hommes vêtus en religieux, dans l'un desquels Dominique ne fut pas peu étonné de se reconnaître lui-même, mais il ne savait pas quel était l'autre, ne l'ayant jamais vu. « Mon Fils, dit la sainte Vierge à Notre-Seigneur, mon Fils, ces deux hommes réformeront le monde et y restaureront la piété perdue. » Jésus-Christ fut apaisé et déposa les dards. En sortant de l'église, Dominique rencontra François et reconnut en lui l'homme qu'il avait vu dans la vision et qui devait avec lui convertir le monde. Il courut à lui et, le serrant dans ses bras, lui dit : « Vous êtes mon compagnon, nous travaillerons ensemble; demeurons unis et personne ne pourra prévaloir contre nous. » Puis il raconta sa vision à François, et, de ce moment, leurs deux âmes, brûlant de zèle pour la gloire de Dieu et le bien

des hommes, furent unies par la plus inaltérable amitié. Il semble difficile que le lien de Famour et de Tamitié ait enchaîné des cœurs plus purs et plus aimants (i).

A partir de ce moment, tous deux se considérèrent comme des médiateurs entre Dieu et les hommes; ils acceptèrent les difficultés de leur tâche à la lumière de la foi, se déclarèrent prêts à tous les sacrifices et se concertèrent sur la manière de remplir dignement le devoir imposé par Jésus et Marie. « Ce fut, dit Fernand Castillo (2), une merveille de voir deux hommes pauvres et mal vêtus, sans puissance et sans considération humaines, se partager le monde entre eux et entreprendre d'en faire la conquête. Qui n'aurait souri en les entendant former un projet pour l'exécution duquel ils paraissaient si peu doués. Et cependant ils y réussirent, parce que Dieu choisit la faiblesse pour confondre la force. Ils furent semblables aux apôtres Pierre et Paul, qui entreprirent, dans la même ville de Rome, de convertir le monde par la prédication de l'Evangile. Dieu ranimait ainsi la foi par les mêmes moyens qui avaient servi à la répandre.

Ce qui accrut le zèle des deux Saints, ce fut la pensée d'agir pour la gloire de Dieu et le salut des pécheurs en union avec la sainte Vierge, et

1. AVadding, Annal. Minor., ad aiin. I2i(), n. 14. — Gerardo de Frachet, Vita dé frati predicatori, 1. 1, c. i. — Les premiers biographes de notre Saint ne disent rien de cette première rencontre entre les deux grands fondateurs d'Ordre, à Rome.

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