Conc. Lateran. IV, c. xii. xiii
un des Ordres existants. Il convient d'ajouter que, par cette interdiction, l'Église cherchait à s'opposer aux schismatiques et aux hérétiques qui formaient alors des groupes ayant l'apparence de congrégations. Innocent sanctionna ce canon, mais il déclara solennellement que cette décision ne touchait ni l'Ordre des Frères-Mineurs, qu'il avait approuvé verbalement et qu'il approuvait derechef, ni celui que devait fonder Dominique et qu'il avait aussi approuvé à l'avance. L'assemblée partagea cet avis et rangea les deux Ordres au nombre de ceux que l'Église a reconnus (i).
Cette solennelle reconnaissance de son Ordre était de grande importance pour François, aussi était-il allé à Rome pour l'obtenir. A la vérité, ses Frères avaient jusque-là trouvé bon accueil en Italie et en Espagne, mais, dans un temps où de nouvelles sectes surgissaient constamment, ayant des vêtements de pénitents et pratiquant la plus sévère pauvreté, ils devaient pouvoir se présenter comme de vrais enfants de l'Église, devant les évéques et le peuple chrétien. L'approbation verbale du Pape, en séance publique du concile, suffit à François qui ne réclama aucun acte écrit. La sanction écrite ne devint nécessaire que lorsque l'Ordre vint à se répandre hors d'Europe, et même dans le monde entier, ainsi que nous le verrons plus tard.
François et Dominique apprirent à se con-