‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 27 sur 239 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Dès que François eut compris la grandeur de la religion, cette fiancée divine, il se méprisa luimême et dédaigna tout ce qu'il avait aimé jusqu'alors (i) ; il se retira de plus en plus du tumulte du monde et des affaires, et s'efforça de régler son intérieur à l'imitation de Jésus. Presque chaque jour, il consacrait de longues heures à la prière, à laquelle le portait la suavité spirituelle qu'il y goûtait fréquemment (2).

Les douceurs et les consolations dans la prière sont l'appât dont Dieu se sert pour attirer les âmes adonnées aux joies des sens, afin de les amener à se détourner plus volontiers des satisfactions mondaines. Il y a dans ces consolations un fond de sensualisme dont l'âme, appelée à se donner entièrement à Dieu, doit se débarrasser peu à peu. Mais, au début de la conversion, ce genre de consolation est nécessaire. L'âme y fait un échange de délectations ; elle ne possède pas encore le courage et la force de quitter le monde et soi-mènie pour le seul amour de Dieu. Le Maître le sait bien; aussi traite-t-il avec une véritable douceur le novice de la vie spirituelle.

Page 1