Ibid
CONVERSION DE FRANÇOIS 3l
L'amour du prochain, et, en particulier, l'amour des pauvres, s'accrurent chez François avec l'amour de Dieu. Partout où il rencontrait des nécessiteux, il leur donnait largement; et si pour l'instant l'argent lui faisait défaut, il leur distribuait ses vêtements et son linge. Il profitait surtout de l'absence de son père pour se montrer bienfaisant à l'égard des malheureux. Un jour que Bernardone était éloigné, il sei*vit la table avec tant d'abondance que Pica, étonnée, lui demanda pour quels hôtes il la préparait ainsi ; il répondit que c'était pour les pauvres, parce qu'il s'était proposé de donner l'aumône à tous ceux qui la lui demanderaient au nom de Dieu. La pieuse mère ne fit aucune opposition.
Mais François assistait avec une particulière sollicitude les prêtres et les églises délaissées ; dans ces dernières, il remplissait souvent les plus bas offices, et les pourvoyait de l'huile et des ornements indispensables. Il éprouvait plus de bonheur à donner que les pauvres n'en ressentaient à recevoir.
Quel changement dans ce jeune homme !
Tandis qu'autrefois, à la grande désolation de ses parents, il cjuittait souvent la table, sans s'être rassasié, pour suivre ses turbulents camarades, maintenant il trouve sa joie h servir des prêtres et à être entouré de pauvres (i). Pica, seule dans la maison, remarquait avec joie la transformation de son fils.