Très socii, c. 11, n
'2. On pourrait entendre par là que ce bien a été peutêtre acquis par un commerce illicite. Mais il se pourrait aussi, et cette opinion nous parait plus vraisemblable, que révoque doutait que François eût le droit de disposer librement de la fortune de son père. Ses paroles, en présence du père, s'expliquent ainsi plus facilement.
r)0 VIE DE SAINT FRANÇOIS D ASSISE
père Fargent, qui le préoccupe tant, et tous les vêtements que je tiens de lui, afin de pouvoir dire désormais : « Notre Père, qui êtes aux « cieux », et non plus « Père Pierre Bernar- « done * (i). En Dieu seul, j'ai déposé mes trésors, mon espoir et ma confiance (2). »
Jamais un fils ne prit plus solennellement congé de son père; jamais un homme jeune encore ne renonça plus complètement aux biens du monde, et ne se jeta avec plus d'abandon -dans le sein de Dieu. Les témoins de cette scène furent profondément émus ; mais Bernardone, exaspéré par la fureur et la douleur, s'empara des habits et de l'argent, et se retira, ne laissant pas même à son fils, au grand scandale de tous, le nécessaire pour couvrir sa nudité. L'évêque, qui connaissait le jeune homme et qui admirait sa fermeté, le serra sur son cœur et le couvrit de son propre manteau jusqu'à ce qu'un de ses serviteurs eût apporté un autre pauvre manteau, dont François se revêtit. L'évêque reconnut un grand mystère dans ce total renoncement (3) à toute chose terrestre, et resta dès lors le protecteur et le soutien de celui qui en avait donné l'exemple; il l'encouragea, l'estima et l'entoura de la plus vive affection (4).
Le jeune homme accepta avec reconnaissance le manteau du serviteur de l'évêque, s'en alla,