‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 56 sur 239 · S. Bon AV., c. 11, n · texte numérisé non relu

S. Bon AV., c. 11, n

la Palestine en Italie (i) ; ils s'établirent dans la plaine d'Assise avec Fautorisation du pape Libère (352-366) et construisirent une petite chapelle sous le vocable de Sainte-Marie de Josaphat. Ce nom lui fut donné parce que les pèlerins avaient apporté avec eux une petite relique du tombeau de la sainte Vierge de la vallée de Josaphat. L'autel était consacré à l'Assomption de Marie. Dès le vi*^ siècle la chapelle passa entre les mains des Bénédictins du mont Cassin, qui l'agrandirent et la desservirent jusqu'au xi^ siècle; à cette époque, elle devint la propriété des Bénédictins du mont Soubase (2).

Ce sanctuaire était favorisé du ciel ; là les

1. Cfr. Spader, Liuni Serafici di Portioncula, Venet. 1701. — LiPSiN, Comp. hist. S. Fr., p. 82, 85.

2. Du temps de François, il y eut sur le mont Soubase, au pied duquel est située Assise, une abbaye de Bénédictins; la petite église de la Portioncule leur appartenait et ils l'avaient confiée à un prêtre. L'abbaye n'existe plus; ses ruines témoignent de son ancienne grandeur. A cette époque, le mont Soubase était plus solitaire et plus désert qu'aujourd'hui. Comme la plupart des montagnes de rOmbrie, il est rempli de gorges et de cavernes, où ne vivaient et ne vivent encore que des animaux sauvages et des oiseaux de proie. François et ses disciples aimaient ces ravins; ils y restaient souvent dans la prière et la méditation.' Parmi les cavernes, celles qu'on appelle les Carceri sont devenues célèbres; avec le temps, elles furent transformées en un couvent habité par des Franciscains. Saint Bernardin de Sienne y construisit une plus grande chapelle à côté de celle qui existait déjà. Aujourd'hui, on montre aux Carceri divers souvenirs de François. Les Carceri sont situés à une heure et demie d'Assise; le Rivotorto passe dans le voisinage. Le chemin en est rude et escarpé. François doit avoir reçu les

prières des fidèles étaient plus vite exaucées ; là de nombreux prodiges s'opéraient ; les anges semblaient y résider d'une manière permanente ; ils apparaissaient très fréquemment, chantant les louanges de Dieu. Ces manifestations célestes devinrent si nombreuses que Fancien vocable de la chapelle fut peu à peu remplacé par celui de « Sainte-Marie des Anges ». Durant des siècles, le vénérable sanctuaire reçut la visite des habitants d'Assise et des environs, mais insensiblement cette dévotion déclina et disparut complètement (i). Au temps de François, c'étaient la solitude et l'abandon ; les murs délabrés de l'édifice servaient de refuge aux bergers et à leurs troupeaux contre la chaleur, le froid et les orages. Seules, quelques personnes d'Assise, parmi lesquelles se trouvait Pica, la mère du Saint, continuaient à l'honorer; c'est là que, d'après Octavius, elle avait demandé au ciel son premier-né, François.

La petite église fut encore appelée « Portioncule » (2), parce qu'elle se trouvait sur une parcelle de terrain {port iuncula)^ qui, ainsi qu'il

Carceri des Bénédictins, en I2I.5. Plus bas se trouvent les Carcerelli, grottes qui' furent transformées en un petit couvent par les premiers Capucins venus à Assise. Aujourd'hui, ce ne sont plus que des ruines habitées par de pauvres gens des environs. — Cf. Cristofani. Vita brève del Patriarca S. Francesco, p. ii5, n. 3. — Les Carceri sont célèbres dans la tradition franciscaine; mais, dans la vie de François, ils ne jouent aucun rôle particulier.

1. CÉLANO, Vita I, 1. 1, c. m, n. 23. — S. Bonav., c. ii, n. 23, 24.

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