Très socii, c
66 YIE DE SAINT FRANÇOIS d'aSSISE
Ange, venant à passer avec quelques compagnons, lui fit demander s'il ne voudrait pas vendre une goutte de sueur. François lui répondit, en français, avec une joie rayonnante : « Je vends ma sueur plus cher au Seigneur (i). »
Ce fut donc avec des peines, des fatigues inexprimables, avec l'aide de Dieu et de nombreux bienfaiteurs, qu'il parvint à restaurer Saint-Damien en peu de temps. Ce sanctuaire avait pour lui une grande signification, qui le lui rendait particulièrement intéressant. C'est là qu'il avait reçu tant de consolations dans l€s heures les plus pénibles de sa vie passée ; c'est en ce lieu que le Seigneur lui avait adressé la parole du haut de la croix, qu'il avait brisé les liens de la nature et du sang en renonçant volontairement au monde, et que Dieu avait pour la première fois soulevé devant ses jeux le voile de l'avenir, et l'avait chargé d'annoncer ce qui devait arriver. Car pendant les travaux de la reconstruction, il affirma que ce lieu verrait naître une plantation dont la beauté et le parfum réjouiraient l'Église entière. « Venez, disaitil, et aidez-moi à restaurer l'église de Saint- Damien, car il y aura ici quelque jour un monastère de pieuses femmes, dont la vie et la renommée feront glorifier le Père céleste dans
I. Très socii, c. ii, n. 23. — Bernardone et Ange disparcùssent de Thistoire du Saint à partir de ce moment. Le premier doit être décédé en I2i5, et le second en 1228. (Voir Cristofani, Stor. d'Assisi, vol. I, p. 78, 79.) Pica, également, n'apparaît plus dans cette histoire, depuis le jour où elle délivra son fils de la captivité.
toute la chrétienté (i). » Cinq ans plus tard, la prédiction était accomplie; Claire et ses filles établissaient leur demeure à Saint-Damien, étonnant le monde par leur sainte vie.
Encouragé par le succès de la restauration de Saint-Damien, François se mit, dès le commencement de l'année 1208, à entreprendre la réparation de deux autres églises situées dans le voisinage d'Assise. La première, une petite chapelle de campagne, était dédiée à saint Pierre (2). En la remettant en bon état, le Saint eut la satisfaction de donner un témoignage de son amour et de sa vénération pour le Prince des Apôtres, dont il avait visité le tombeau à Rome [3). L'autre sanctuaire était consacré à la Vierge Marie.
Dans la plaine d'Assise s'élève aujourd'hui une basilique majestueuse, à laquelle sont adossés les bâtiments d'un vaste couvent. Quand on pénètre dans l'intérieur, le regard est immédiatement attiré par la vue d'une simple et antique chapelle. L'ampleur du temple extérieur a sa raison d'être par l'existence du sanctuaire intérieur, auquel il sert d'enveloppe protectrice. Cette chapelle et l'église qui la contient ont leur histoire.
Vers l'année 352, quatre pèlerins vinrent de