‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 66 sur 239 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

5. Cf. Act. S. S., Oct., t. II, p. 572, et April, t. III, p.220.— Qui était ce Pierre, qui fut le second disciple de François? Célano {Vita I, 1. I, c. iv, n. 25) ne le nomme pas du tout. Les Trois Compagnons (c. m, n. 28) l'appellent simplement « quidam Petrus : un certain Pierre », sans dire qui il était et d'où il venait. Saint Bonaventure (c. m, n. 29) mentionne Bernard comme premier, et Egidius comme troisième disciple, mais il ne dit pas quel fut le second. Bernard de Besse, dans son livre De Laudibus B. Fr., e. s, le désigne seulement par « frater Petrus ». La Chronique des XXIV Généraux {Anal. Franc, t. III, p. 4) et le Frère Léon {Vita fratris Aiigidii, cfr. Chron., ibid., p. 75) l'appellent Pierre Cathanus ou Cattani. Frère Léon connaissait personnellement Pierre, et devait le connaître; par conséquent, il n'est pas douteux que le second disciple et Pierre Cattani furent une seule et même personne, et non deux, comme le prétendent les

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Quelques auteurs désignent ce jour comme celui de la fondation de TOrdre des Frères- Mineurs; d'autres, au contraire, reportent cette fondation au 24 février de la même année, c'està-dire au jour où saint François, après avoir consulté FFvangile, échangea son manteau d'ermite contre une longue robe entourée d'une rude corde. Nous nous rangeons de l'avis des premiers : ce fut seulement dans le mois d'avril, en effet, que François d'Assise se décida à s'adjoindre des disciples.

Nous voulons dès maintenant aborder une question qui n'offre plus aujourd'hui qu'un intérêt historique. Dans le cours des temps, des discussions fâcheuses s'élevèrent entre les diverses branches sur le point de savoir quelle avait été la forme exacte du premier vêtement de saint François, c'est-à-dire de l'habit de l'Ordre. Il est certain que la robe portée par le Saint était d'une grande simplicité, grossière, d'apparence

Act. S. S., Oct., t. II, p. .'î8i et suivantes. (Dans notre première édition, nous avions aussi adopté Topinion des Acta.) Qu'était Pierre avant sa vocation? Les auteurs discutent là-dessus. La Chronique, déjà citée, page 4, dit qu'il fut « canonicus ecclesiœ Sancti Rufîni Assisi : chanoine de l'église Saint-Rufin à Assise ». Mais, dans sa Chron.,n. il, Jordan de Jano, un disciple de François et un contemporain de Pierre, qu'il appelle aussi Cathanus, dit que : « Vir litteratus et nohilis erat, im Juriaperitus et dominus legum : c'est-à-dire qu'il était un homme instruit et noble, un habile juriste et docteur es lois, » Nous n'hésitons pas à croire Jordan, le contemporain, qui connut personnellement Pierre. Le témoignage de la Chronica n'est pas aussi direct que celui de Jano, et, par conséc| lient, doit passer en seconde ligne.

méprisable et de couleur sombre; une corde entourait ses reins; il n'avait point de souliers, mais des sandales, comme répondant mieux à FEvangile. Il est probable qu'à l'origine il ne porta point de manteau; il Tadopta plus tard par imitation de Jésus-Christ et des Apôtres. Quand il était nécessaire, il se couvrait la tête avec un capuchon cousu à la robe. On discuta surtout sur la forme de ce capuchon, il est généralement admis qu'il était pointu. Que ce soit plus ou moins, c'est à quoi François ne paraît pas avoir attaché une grande importance. A^^adding (i), qui s'étend beaucoup sur ce sujet, a vu différents habits conservés comme souvenirs du Saint à Assise, à Florence et à TAlverne. Ces habits, quoique semblables au fond, différaient cependant entre eux parla couleur, la rudesse de l'étoffe et la forme du capuchon. L'annaliste prétend que saint François ne se servait pas du collet rond admis déjà chez les Franciscains du temps de saint Bonaventure, et que son capuchon ressemblait davantage à celui des Capucins, mais était moins pointu. La robe portée par François lorsqu'il était déjà marqué des stigmates, et que Wadding vit en Toscane, était entièrement de couleur gris-cendré, de rudesse moyenne, non

I. A\^ADDiNG, Annal. Minor., ad ann. 1208, n. 4-9 : « Religiosissimi Patres Congregationis Capucinorum plus cœteris ad hanc formam (formam, caputii S. Francisci), accedunt si non excedunt, nec enim tam oblongum et accuminatum ut illi ad scapulas demittunt, facile iudicaverim Sanctum Patrem gestasse. »

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étroite et peu fendue. On n j trouvait pas trace des morceaux que le Saint par humilité aimait à coudre à son vêtement, sinon au coude, où une pièce avait été nécessaire.

Ce qui vient d'être dit sur le débat est suffisant, ajoutons seulement un vœu : Puissent tous les successeurs et disciples du Saint se préoccuper davantage d'imiter son esprit que de discuter sur la forme de Thabit et du capuchon! L'habit convient au moine, mais ne suffit pas à faire le moine.

Ainsi queTaffirmentles Trois Compagnons(i), François construisit à la Portioncule une petite cabane pour lui et ses deux fils spirituels. Mais sept jours (2) à peine s'étaient écoulés, qu'un troisième vint grossir leur nombre. Ce fut le Fr. Egide, un habitant d'Assise, d'une nature simple et droite. Depuis quelque temps il avait conçu le projet de servir Dieu en toute perfection. Le 23 avril, en la fête de saint Georges, il serendità FégHse de ce Saint, implora Dieu, puis se mit à la recherche de François. Arrivé à un endroit où la route se divisait en trois directions, il ne savait laquelle prendre ; il se mit à genoux et pria; puis se relevant, il entra dans le chemin qu'un sentiment intérieur le poussait à choisir. Et de fait, il rencontra celui qu'il cherchait, tout absorbé par la prière, dans un lieu

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