‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 70 sur 239 · Très socii, c. m, n · texte numérisé non relu

Très socii, c. m, n

LES PREMIÈRES TENTATIVES d'aPOSTOLAT 87

craindre Dieu et à faire pénitence, téindis que Égide engageait les auditeurs à ajouter foi aux paroles du prédicateur, qui leur voulait tant de bien (i).

Leur tentative fut diversement jugée. Tandis que laccueil des uns était plein de cordialité, et que leurs témoignages d'estime et de respect faisaient déjà craindre au Fr. Egide de recevoir ici-bas la récompense qu'il n espérait qu'au ciel (2), d'autres les bafouèrent, les méprisèrent et les maltraitèrent. On les prit pour des fous. Les femmes surtout, les jeunes encore plus que les autres, s'enfuirent à leur vue, car elles craignaient d'être tentées par ce qui leur semblait une folie si manifeste (3). Pauvre monde, qui redoute de devenir insensé pour l'amour de Dieu, et qui reste esclave des vanités et des frivolités ! Ils supportèrent tout avec patience ; mais Egide se dépitait de ce que leur salutation: « Le Seigneur vous donne la paix », était si mal accueillie par un grand nombre. « Pardonnezleur, lui dit François, car ils ne savent ce qu'ils font. Je vous assure qu'il viendra un temps où beaucoup de nobles et de princes de ce monde vous honoreront grandement quand vous les saluerez ainsi (4). »

Nous ne connaissons rien des résultats obtenus par cette première tentative d'apostolat-

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