‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 83 sur 239 · WADDjN&,-<A?ih<5fZ'' Minov.j ad ann. 1210, .n · texte numérisé non relu

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sa glorieuse stigmatisation, et assista au décès de sainte Claire, en i253. Il mourut à Assise, le i3 février I258, et fut inhumé dans la basilique près de son ami et Père. Dieu, dit-on. Ta honoré de miracles pendant sa vie et après sa mort (i).

Si, maintenant, nous nous demandons quels furent les résultats de ces premiers essais apostoliques, il nous faut avouer qu'ils furent nuls ou presque nuls, du moins si nous ne consultons que les biographes ; en effet, ceux-ci ne parlent un peu que des œuvres des FF. Bernard et Égide, à Florence. Cependant, cette première tentative des pauvres d'Assise ne pouvait être infructueuse. L'histoire sans doute ne signale ni

I. LiPSiN, Comp, Hist. S. F., p. 88, 107. — Il n'y a aucune uniformité entre les anciens biographes sur le rang, les époques d'admission et les noms des douze premiers disciples. Aucun d'eux ne les nomme tous: Pisan. le premier, les énonce dans son Lib. Conformit. D'après Célano ( Vita I, 1. I, c. iv), et les Trois Compagnons (c. m), François avait onze disciples avant le voyage de Rome. Saint Bonaventure aussi (c. m), en nomme onze, mais place Sylvestre comme sixième disciple, tandis que d'autres ne parlent de son admission qu'après le voyage de Rome, ce qui paraît plus probable. Selon les Trois Compagnons (c. iv, n. 4G, 5i), il est certain qu'avant d'aller à Rome, François n'avait que onze disciples : " Dixit illis imdecim ipse duodecimus... notificamus summo Pontifici... », et qu'au départ de Rome, ils étaient encore au nombre de douze : « Datisque tonsuris beato Francisco et aliis undecim... A'olens omnes illos duodecim esse clericos (scilicet Cardinalis), relinquens urbem vir I)ei cum dictis fratribus... » Célano également {Vita /. I. 1, c. IV, n. 32) dit : « \'enit (Franciscus) pro inde Romam cum dictis fratribus nimirum luidccim, c|uihus ipse Franciscus junctus erat duodecimus. »

grands concours de peupJes, ni conversions éclatantes, ni disciples se joignant en foule aux Frères. Les Trois Compagnons disent simplement que quelques candidats se présentèrent pour être admis. En quoi donc consista le résultat de cette prédication? L'Ombrie, une partie de rÉmilie et de la Toscane furent témoins d'un spectacle nouveau. A la vérité, elles avaient déjà vu des pauvres, mais peut-être pas- encore des hommes qui, pour Famour de Dieu, s'étaient dépouillés de leurs biens et les avaient distribués aux déshérités de la terre. La pénitence ne fut jamais goûtée par le monde, et TOmbrie et la Toscane furent exhortées à cette vertu et à sa pratique par de pauvres prêcheurs inconnus. A cette époque, on ne connaissait pas la paix, et celle-ci fut annoncée par des mendiants et non par des conquérants accoutumés à la -victoire. Le monde, au moins celui d'alors, ne savait rien de l'humiliation volontaire, ni du contentement au milieu des plus grandes privations : et il vit réalisé par les pénitents d'Assise ce qui paraissait impossible. Cette démonstration convaincante que la pauvreté et la pénitence rendent plus heureux que la richesse, la considération et la puissance, n'était-ce pas un magnifique résultat?

Quant aux Frères, qui étaient encore timides et craintifs, qui avaient peur des hommes et du monde, ils s'aguerrirent, dans cette première mission, contre leur faiblesse et leur aversion naturelles pour les souffrances, les privations.

LES PREMIÈRES TENTATIVES d'APOSTOLAT I03

le dédain, les mauvais traitements ; ils reconnurent qu'avec la grâce divine, ils pouvaient supporter ces choses. Et, comme un chef d'armëe constate si ses troupes se sont bien conduites au premier feu, François se convainquit qu'il pouvait compter sur ses chers disciples. Il lui était donc permis de concevoir de grands projets pour la gloire de Dieu, le bien de rÉglise et le salut des âmes. Ce furent là les fruits magnifiques de ses premiers essais d'apostolat.

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