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lorsqu'elles n'étaient pas adoucies par la piété, un de ces chevaliers prit l’innocente enfant par les cheveux, lui donna de grands-coups et la traina hors de la maison ; mais Dieu la délivra miraculeusement. Elle revint auprès de sa sœur désolée, et le bienheureux François alla les consoler, Il donna à la jeune Agnès l'habit de religion comme à sa sœur Claire, et mit à leur disposition l'église de Saint-Damien et ses humbles dépendances où tout respirait une extrême pauvreté,
Quelques années après, Favorino que la grâce divine avait déjà transformé, s'endormit du sommeil des justes, et la pieuse Ortolana, ainsi que Béatrix, sa plus jeune fille, allèrent bientôt rejoindre Claire et Agnès, pour embrasser avec elles les austérités de la pénitence |
11 y avait déjà plusieurs années que sainte Claire était dans sa tranquille solitude de Saint-Damien lorsqu'il lui vint le désir de revoir l'église dé Sainte-Marie-des-Anges, où elle avait renoncé au monde. Et, admirable simplicité des âmes innocentes ! elle avait aussi le désir de prendre un repas dans le couvent, avec François, son père spi es À cette époque les règles de la clôture n existant pas encore, le Saint pouvait lui accorder cette pieuse satisfaction. Plusieurs fois elle en fit la demande, et François lui refusa constamment | la permission, Ses compagnons qui connaissaient le désir de la Sainte, lui dirent un jour: “Père, il nous semble que la rigueur dont vous usez des
Sœur Claire n’est pas inspirée Lar la divine charité, Cette vierge si sainte et si chérie de Dieu souhaite prendre un repas avec vous, et vous refusez de la satisfaire dans uné chose de si peu d'importance. Vous oubliez donc que c’est à votre voix qu'elle a renoncé à toutes les richesses et à toutes les pompes du siècle? A vous dire vrai, vous demandât-elle quelque faveur bien plus grande, elle est votre fille spirituelle, et vous ne devriez pas la désobliger. — Vous croyez donc, répondit le Saint, que je dois me rendre à ses désirs ? — Oui, Père, reprirent les Frères, Sœur Claire mérite que vous lui accordiez ce qu’elle vous demande. — Eh bien ! répliqua saint François, votre avis est le mien, je consens ; et, pour procurer à notre sœur une plus grande consolation, je veux qu’elle vienne prendre ce repas à Sainte- Marie-des-Anres. Depuis longtemps déjà elle est renfermée à Saint-Damien ; ce sera pour elle un bonheur de revoir ce couvent où elle a déposé les jivrées du siècle pou: 5e faire l'épouse de Jésus- Christ ; c'est là que nous mangerons ensemble au nom du Seigneur.”
Au jour convenu pour ce repas, sainte Claire sortit de son monastère avec une de ses compagnes, et, conduite par quelques-uns des Frères, se rendit à Sainte-Marie-des-Anges. Lorsqu'elle y fut arrivée, elle alla se prosterner au pied de l'autel devant lequel on lui avait coupé les cheveux et donné le voile ; puis, en attendant l'heure du repas, on la conduisit visiter le couvent. Pendant ce temps.
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saint François faisait tout préparer; et, sui
son usage, il voulut que les mets finsent pe terre. Enfin, à l'heure indiquée, lui-même se de ses compagnons, et la Sainte avec sa he ù . «s rangèrent autour des mets qu'on avait dis ie et les autres Frères prirent aussi elle mit à : place, Au premier mets, le Saint se mit à parl he Dieu avec tant de suavité, de profondeur . d'a s quence, que l'abondance divine descendant bientôt
sur C i l’é î ds SR l'écoutaient, tous se sentirent ravis en , et ils se tenaient les mains et les ycux levés
vers le ciel, En ce moment, les habitants d'Assi
de Bettone et des environs virent l’église de S NE Matie-des-Anges, tout le couvent di les bois 4 die enflammés, que tout paraissait en proie à È immense incendie. Dès qu'ils aperçurent Ics flam + les habitants d'Assise s’empressèrent d'acces d a les éteindre; mais arrivés près du pese ss voyant trompés, ils entrèrent-et trouvèrent nt François, sainte Claire et tous ceux qui les .. pagnaient ravis en Dieu par la contemplatio à assis autour de quelques. pauvres mets, Ils se prirent alors que c'était un feu divin ne ue . matériel que Dieu avait fait Date Le SR de ee. par là, les Php à
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âmes. Ils se retirèrent EE re consolation. Après une longue extase, sai . es çois, sainte Claire et tous les autres den de vinrent à eux et se sentirent tellement HS ss
distrait et qui dissipe, qui fait aussi relâcher de la
la nourriture spirituelle qu’ils venaient de recevoir, qu’ils ne songèrent plus aux mets grossiers qu’on avait disposés. Ainsi se termina ce repas béni; et sainte Claire suivie de sa compagne, reprit le chemin de son monastère.... (1)
Cependant après sa prédication du Carême à Assise (1212) et après avoir installé les nouvelles Religieuses # Saint-Damier, François voulut s’occuper de ce qui le regardait personnellement, et il se trouva plusieurs jours dans une grande perplexité sur la conduite qu'il devait tenir. Pour se déterminer, il consulta ceux de ses Frères avec qui il s'entretenait plus-familièrement, et leur proposa ainsi sa difficulté :
“Mes Frères, que me conseillez-vous ? Lequel des deux jugez-vous meilleur, que je vaque à loraison ou que j'aille prêcher? Il semble que l’oraison me convienne mieux, car je suis un homme simple qui ne sais pas hien parler, et j'ai reçu le don de la prière plus que celui de la parole. D’ail- ‘eurs on gagne beaucoup en priant : la prière est la source des grâces. En prêchant, on ne fait que distribuer aux autres ce que Dieu a communiqué.
L’oraisoti purifie notre cœur et nos affections, nous unit au seul vrai et souverain bien, et nous affermit dans la vertu. La prédication rend poudreux les pieds de l'homme spirituel; c'est un emploi qui
(1) Ceci se passa en l’année 1221.
recevoir, s quon Déni; et » chemin
arême à ouvelles Jut s’ocent, et il erplexité se déterrec qui il | proposa
discipline régulière. Enfin, dans l'oraison nous parlons à Dieu, nous l'écoutons et nous conversons avec les Anges, comme si nous menions une vie angélique. Dans la prédication, il faut avoir beaucoup de condescendance pour les hommes, et vivant parmi eux, voir et entendre, parler et penser en quelque sorte comme eux, d’une manière humaine, Mais il y a une chose qui parait l'emporter sur tout cela devant Dieu, c’est que son Fils unique, qui est la Sagesse souveraine, a quitté, pour le salut des âmes, le sein de son Père, afin d’instruire les hommes par son exemple et par sa parole, de les racheter au prix de son sang divin, qu’il fit couler en abondance sur eux; enfin leur donnant tout, sans se rien réserver pour lui-même, Or, nous devons toujours agir suivant les exemples qu’il nous a donnés, exemples qui frappent nos yeux dans sa Personne divine, comme s'ils partaient du haut d'une montagne lumineuse. [Il semble donc plus conforme à la volonté de Dieu que je renonce aux douceurs de la contemplation, pour me livrer au ministère apostolique.” Malgré toutes ces réflexions, son esprit demeura dans une pénible incertitude, Et cet homme, dit saint Bonaventure, d’ailleurs rempli de merveilleuses connaissances par l'esprit de prophétie, ne pouvait par lui-même résoudre cette question d’une
-manière claire. Dieu le permettait ainsi, afin de
donner plus d'éclat, par une révélation du ciel, au mérite de la prédication, et pour conserver à François son humilité et la rendre plus profonde,
Pour sortir de son incertitude, le Serviteur de Dieu appella Frère Massée et lui dit: “ Allez trouver Sœur Claire : dites-lui de ma part, de s'unir à quelques-unes de ses compagnes les plus pieuses et de prier Dieu de me faire connaître sa volonté adorable. Puis, vous irez trouver le Frère Sylvestre et vous lui ferez la même demande.
Or, ce Frère Sylvestre était celui-là même qui, lorsqu'il était encore séculier, avait vu sortir de la bouche de saint François une croix d’or, dont la partie supérieure s'élevait jusqu’au ciel et dont les bras s’étendaient jusqu'aux extrêmités du monde. Depuis son entrée en religion, il avait fait de si merveilleux progrès dans la sainteté et dans la dévotion qu'il obtenait de la divine bonté toutes les faveurs qu'il lui demandait. Aussi saint François avait pour lui une grande vénération.
Frère Massée partit donc, suivant l’ordre du Père, -et s’acquitta de la commission dont il était chargé, d'abord près de sainte Claire, puis près de Frère Sylvestre. Celui-ci dès qu'il connut les intentions Ju Saint, se mit en prière, et après avoir reçu de Dieu la réponse qu’il demandait, alla trouver Frère
Massée et lui dit : “ Annoncez à Frère François, de la part de Dieu, que ce n’est pas seulement pour sa propre sanctification qu’il est appelé au genre de vie qu’il a embrassé, il faut encore qu'il travaille au salut des autres.” Alors Frère Massée retourna vers sainte Claire pour savoir ce qui lui avait été révélé ; ‘et la Sainte lui rénondit qu'elle et ses compagnes
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avaient reçu de Dieu la même réponse que Frère Sylvestre.
Il retourna donc vers saint François qui le reçut avec une grande charité, lui lavant les pieds et lui préparant lui-même son repas ; puis, quand le Frère eut mangé, il l’appela dans le bois, et là, se jetant à ses pieds, il baisa son capuce, étendit les bras en croix et lui demanda: “ Que veut de moi men Seigneur Jésus-Christ P” — Voici, répondit Frère Massée, ce que le Christ Jésus a révélé à Frère Sylvestre, à Sœur Claire et à ses compagnes ; sa volonté est que vous alliez prêcher par le monde, car il ne vous a pas choisi seulement pour votre propre sanctification, mais aussi pour le salut de vos Frères !
A cette réponse, instruit de la volonté d'en Haut, le Saint s’écria : ‘“ Allons donc, au nom du Seigneur !” Saisi de l'Esprit de Dieu, comme autrefois: les Prophètes, et tout embrasé du feu de la charité, François s'élance et part avec deux compagnons,, Frère Massée et Ange de Riéti. Il marchait avec tant de vitesse, pour obéir à l’ordre du Ciel, qu’on voyait bien que la main du Seigneur agissäit sur: lui, et qu'il était revêtu d’une nouvelle force d’en Haut, pour le ministère de la prédication. Marchant tous les trois, dans un saint enthousiasme, et sans. faire aucune attention aux chemins qu’ils prenaient, ils arrivèrent à un château, appelé le château Savurniano, où saint François se mit aussitôt à prêcher. Des hirondelles gazouillaient alo:s autour de lui ; il
leur ordonna de se tenir en silence jusqu’à la fin de sa prédication, et les hirondelles obéirent. Alors, il prêcha si merveilleusement que les gens du château, entraînés par sa parole, voulaient immédiatement tout quitter et le suivre ; mais François les en dissuada, en leur disant: N’agissez point avec précipitation ; restez dans votre demeure. Je vous promets de vous faire connaître ce que vous avez à faire pour le salut de vos âmes. Ce fut à cette occasion qu'il projeta l'établissement du Tiers- Ordre, pour la sanctification de tous. François prit congé des gens du château, qu'il laissa pleins de consolation et tout disposés à la pénitence, et il se rendit dans un pays situé entre Cannaio et Bevagna.
Il cheminait ainsi plein de ferveur, quand, levant les yeux, il vit, près de la route, des arbres sur lesquels se trouvait une raultitude d'oiseaux. Cette vue le remplit d’admiration, et aussitôt il dit à ses compagnons: ‘“ Atte:.dez-roi ici, car il faut que jaille prêcher les oissaux, mes petits Frères.” Et sc dirigeant vers l'endroit où ils étaient posés, il se mit à prêcher ceux qui se trouvaient à terre. A sa voix, les autres, qui étaient encore sur les arbres, vinrent se réunir autour de lui et se tinrent immo-
biles durant tout le tempe de sa prédication, il avait même cessé de parler qu'ils demeuraient encore, et ils ne se dispersèrent qu'après avoir reçu la bénédiction de leur Prédicateur. Frère Massée, le témoin réjoui de ce merveilleux spectacle, disait
À la fin de
Alors, il a château, diatement >s en disvec préci-
Je vous us avez à t à cote du Tiersinçois prit pleins de ce, et il se io et Be-
nd, levant es sur lesix, Cette | dit à ses l faut que ères.” Et posés, il se rre, À sa les arbres, ent immoication ; il -meuraient avoir reçu re Massée, acle, disait
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