SAINTE CLAIRE
filles voulaient se consacrer au Seigneur. Claire apparut alors au monde comme ja plus belle plante du jardin de l'Epoux céleste, et comme la radieuse étoile, brillant à l’aurore de cette sainte Institution. Son père Favorino Scifi, comte de Sasso-Rosso, et sa mère Ortolana, de l’illustre famille des Fiumi, tenaient un rang distingué dans la ville d'Assise par leur nom, leurs richesses et leur vertu. Ortolana avait consacré sa vie à toutes les œuvres de miséricorde, et dans son grand amour pour Notre-Seigneur, elle avait visité la Terre-Sainte avec tous les Lieux, témoins des mystères de notre Sainte Rédemption. Avant de donner le jour à l'enfant dont nous allons raconter des merveiiles, Ortolana redoubla ses prières et ses bonnes œuvres Un jour : que, prosternée devant l’image de Jésus crucifié, elle répandait avec plus de ferveur ses supplicz. ions et ses larmes, le Seigneur daigna lui faire entendre ces paroles : “ Ne craignez point, Ortolana, car vous énfanterez heureusement une lumière qui éclairera le monde entier.” Comme autrefois la mère de saint Jean Baptiste, Ortolana imposa elle-même à son enfant un nom reçu du ciel, elle l’appela Claire. C'est le 16 Juillet 1194, que vint au monde cette enfant de bénédiction.
Dès ses plus tendres années, la jeune Claire nous apparaît ornée des plus rares vertus; son unique désir est de plaire à son céleste Epoux, le
crifié à l’amour de Celui qui seul déjà possède son :
Claire e plante radieuse titution.
0-Rosso, s Fiumi, d'Assise Ortolana de miséotre-Seivec tous e Sainte l'enfant Ortolana
Un jour :
crucifié, )lica. ions entendre car vous éclairera mère de -même à la Claire.
nde cette
1e Claire tus ; son Epoux, le
ut est sa-
sède son
cœur, Et si quelquefois elle est obligée de faire
usage de vêtements précieux, elle s’en dédom-
mage en secret, en portant un rude cilice sur son corps innocent. Claire assistait aux prédications de François ; son cœur se sentit tout embrasé par la parole inspirée de l’homme de Dieu : elle voulut le voir et lui découvrir les secrets de son âme, François l'exhort: au mépris des vanités du monde, et l'encouragea fortement. dans sa résolution de se consacrer toute à Dieu, par la vie religieuse. Claire attendait avec une sainte impatience le moment heureux de se retirer dans la solitude, pour y vivre tranquille, au service.de son divin Maître. Ses désirs furent accomplis le Dimanche des Rameaux, de la même année 1212. Elle s'était rendue, le matin, parée de ses plus riches vêtements, à la cathédrale d'Assise. Toute absorbée dans la prière, celle ne s'approcha point de l’eutel pour recevoir la palme distribuée aux fidèles. L'évèque, qui officiait, s’en aperçut. Cédant à une inspiration divine, il quitta le sanctuaire, et alla lui présenter ce rameau béni, présage de la prochaine victoire.
La nuit suivante, Claire sortait secrètement de la maison paternelle, accompagnée d’une pieuse veuve,
sa confidente, et se dirigeait vers Sainte-Marie-des-
Anges. Saint François et ses disciples venus à sa rencontre, des cierges à la main, l’introduisirent au chant des hymnes et des cantiques dans Fhumble Sanctuaire. C'est là qu’elle allait s'offrir en holocauste sur l'autel de l'amour divin. Elle se dépouilla
de ses riches vêtements, et le séraphique Patriarche la revêtit d'une tunique grossière ; il coupa sa che- | velure et couvrit sa tête d’un voile épais ; c’est ainsi | que l’humble vierge fut consacrée au Seigneur; | c'était le 19 Mars de l’année 1212; Claire avait alors dix-huit ans, Le Deuxième Ordre de saint François, l'Ordre des Clariss 5; ou des Pauvres Dames, qui devait donner à l'Eglise d'innombrables phalanges de vierges fidèles était désormais fondé.
N'ayant pas encore de monastère établi pour le nouvel Ordre de la Pauvreté, François conduisit Claire dans un couvent de Bénédictines. Là, son père, irrité de sa fuite, lui livra de rudes assauts ; | mais Claire avait mis toute sa confiance dans le | Seigneur qui la rendit victorieuse.
Claire avait laissé à la maison paternelle une jeune sœur, nommée Agnès, qu’elle aimait tendrement, Quelques jours après, l’aimable enfant qui n'avait pas encore atteint sa quinzième année vint se jeter dans ses bras, disant : “ Ma sœur, je veux servir Dieu avec vous.” Claire lui répondit, en l’embrassant avec une grande effusion de joie : “ Très douce sœur, je rends grâces à Dieu de ce qu'il a exaucé mon plus ardent désir.” Claire se trouvait alors dans un autre couvent de Bérédictines, où François l'avait faite passer pour la préserver des fréquentes visites de ses parents. Ces derniers vinrent, avec une nouvelle colère et en compagnie de quelques chevaliers, leurs amis, chercher Agnès. . Dans toute la brutalité des mœurs de cette époque, .