‹ Vie de saint François d'Assise [microforme]Chapitre 19 sur 32 · CR O6 NERO —— SAINT ANTOINE DE PADOUE · texte numérisé non relu

CR O6 NERO —— SAINT ANTOINE DE PADOUE

qui l’accueillit avec amour. Il le ravit par sa science théologique, remua une partie de la France et l'Italie entière par ses prédications, ses vertus et ses miacles, et mourut dix ans après, en 1231, laissant un renom presque sans égal ; dès l’année suivante,

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le pape Grégoire [IX le canonisa au milieu des acclamations populaires : c'était saint Antoine de Padoue.

Cette même année 1220, le saint Patriarche convoqua un nouveau Chapitre, auquel furent spécialement invités les Frères des diverses Provinces de l'Italie. C'est dans ce Chapitre que le Saint remit le généralat de l'Ordre entre les mains de Frère Pierre de Catane, qui était jusqu'alors son Vicaire, “ Peu d'années après sa conversion, dit Thomas de Célano, (1) il résigna la fonction de Prélat de l'Ordre en présence de tous les Frères réunis en Chapitre, afin de mieux pratiquer la sainte vertu d'hunmilité. Je suis désormais mort pour vous, leur dit-il ; mais voici Frère Pierre de Catane, auquel vous et moi nous obéirons tous. Aussitôt il s'inclina devant lui et lui promit obéissance et respect. Les Frères pleuraient tous et gémissaient hautement de se voir orphelins d’un tel Père! Le bienheureux François se leva et dit, les mains jointes et les yeux dirigés vers le ciel: Seigneur, je vous recommande la famille que jusqu’à présent, il vous avait plu de me confier. Ne pouvant plus en avoir soin à cause des infirmités que vous connaissez, à très doux Seigneur, je la remets entre les mains des Ministres. Ils vous rendront compte au jour du Jugement si un des Frères vient à se perdre par leur négligence ou leur trop grande rigueur.” À partir de ce jour jusqu’à sa mort, saint François resta soumis au

(1) Vita secunda, p. K11, ch. LXXXI.

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Cependant les Religieux ne voulaient pas consentir à ce que leur bien-aimé Père cessât d’être le Chef de Famille et que l’un d’entre eux devint son Supérieur, Pierre de Catane se contenta de recevoir le titre de Vicaire Général. Cet humble et parfait Religieux ne demeura pas longtemps en charge : il mourut le 10 Mars de l’année suivante 1221 ; et Frère Elie, jusqu'alors Provincial de Toscane, au Chapitre qui se tint deux mois après, fut nommé Vicaire Général à sa place.

Cependant le Premier Ordre, celui des Frères Mineurs, fondé depuis douze ans, par le Patriarche d'Assise était répandu dans tout le monde, fécondant de ses sueurs les églises d'Italie, d'Allemagne, de France et d'Espagne, et arrosant de son sang la terre infidèle du Maroc, de la Mauritanie et de l'Egypte. Le deuxième Ordre, celui des Clairisses ou Pauvres-Dames, fondé peu de temps après le Premier, se développait avec une égale rapidité. L'exemple du serviteur de Dieu, François, et la grâce de Jésus-Christ qu'il portait en lui, produisaient dans les peuples un élan universel vers le sacrifice et de tous les rangs de la Société sortaient en foule des pauvres volontaires qui couraient avec un grand amour se placer sous la conduite de François, où de son illustre Fille, sainte Claire,

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s'afligeaient de ne pouvoir suivre ce mouvement divin qui semblait entraîner tous les cœurs vers le cloître. De toutes parts des hommes et 4s femmes, ployant sous le poids des sollicitudes, des charges et des soins extérieurs de la famille, venaient consulter le saint Patriarche sur les moyens de vivre chrétiennement au milieu du siècle: ils lui demandaient une règle de vie tracée de sa main, afin de marcher plus sûrement dans les voies de la perfection évangélique : de là, la fondation du Troisième Ordre, ou Tiers-Ordre de Saint François qui devait, comme les deux autres se développer et s'étendre en tous lieux et dans tous les temps, avec une rapidité irrésistible et une merveilleuse fécondité.

Le Saint allant de Florence à Cagiano près de Poggi-Bonzi, en Toscane, rencontra un des anciens [amis de sa jeunesse, le. marchand Luchesio. Cet homme, autrefois avare et violent s'était converti et édifiait ceux qu'il avait scandalisés. Charitable, chérissant les pauvres, soignant les malades dans les hôpitaux, il ouvrait sa maison aux pèlerins et les traitait avec une chrétienne hospitalité. Sa femme Bona-Donna, d’abord opposée à ces œuvres de miséricorde l'avait bientôt imité, et plus d’une fois tous deux avaient prié le Saint de leur tracer une voie de perfection appropriée à leur état.

Arrivé dans cette maison déjà sanctifiée par la charité, François leur dit : “ J'ai songé depuis peu lé instituer un troisième Ordre où les personnes mariées pourront servir Dieu d’une manière par-

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faite ; et je crois que vous ne sauriez mieux faire que d'y entrer.” Luchesio et Bona-Donna, après avoir demandé les lumières du Saint Esprit, prièrent François de les admettre dans ce nouvel Institut, dont ils furent les prémices. Le Saint leur fit prendre un habit simple et modeste, de couleur cendrée, avec une corde à plusieurs nœuds pour ceinture, et leur! prescrivit la pratique de quelques exercices de piété, jusqu’à ce qu'il eut composé la Règle.

À peine fondé, cet Ordre s'étendit merveilleusement et envahit tous les degrés de la hiérachie sociale : les Tertiaires se trouvaient partout; à la cour, à l’armée, dans les charges publiques, dans toutes les professions honnêtes : et, ces chrétiens généreux et dévoués accomplissaient, sans affectation, comme sans respect humain, les devoirs de! leur Règle, donnant ainsi à tous l'exemple de la! perfection propre à l'état séculier.

De l'Italie, le Tiers-Ordre se répandit très rapi-! dement dans toutes les autes contrées de l’Europe: en France, en Espagne, en Portugal, en Angleterre, en Sicile, dans toutes les parties de l'Allemagne; et partout des Rois et des Reines donnaient à leurs sujets d’augustes exemples, en revêtant l’humble habit de la Pénitence,

Le Tiers-Ordre franchit bientôt les limites de l'Europe, passa en Asic et alla cueillir jusque dans le Japon la palme du martyre. Les Frères Mineurs! de l’Observance l'avaient porté dans les Inde Occidentales, avec les lumières de l'Evangile ; et

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dans le recensement fit moins d’un siècle et demi après la découverte par Christophe Colomb, on put y compter cent dix-huit mille Tertiaires !

De nos jours, grâces surtout aux chaleureuses exhortations du Chef Suprême de l'Eglise, le Tiers- Ordre prend une extension vraiment surprenante, Sa Sainteté Léon XIII, entièrement dévoué à cette Institution si puissante pour le salut des âmes, non content de recommander le Tiers-Ordre dans les Audiences particulières, soit aux Tertiaires soit aux Supérieurs de l'Ordre Séraphique, en : encore prescrit la diffusion, avec les plus vives ins tances, auprès de l’Episcopat du monde entier dans quatra Lettres Eñcycliques subsécutives. Et déjà à l'heure présente, plusieurs w2//1ons d'âme; sincèrement chrétiennes se trouvent enrolées sous la bannière Séraphique dans le Tiers-Ordre de la Pénitence fondé par saint François d'Assise, (1)

(1) Une statistique approximative de l’année 1892, élève à plus de six millions le nombre des Tertiaires dans tout l'Univers Catholique,

1. INDULGENCE DE LA PORTIONCULE. -— 2. LA PROMULGATION. —— 3. LES PÈLERINAGES,

PRÈS avoir établi son troisième Ordre, François continua ses prédications dans la Toscane. C'est en ce temps-là, vers le mois d'Octobre, (1221) que l’homme de Dieu obtint la fameuse Indulgence de Sainte-Marie-des-Anges, autrement dite de la Portioncule. (1) | Les grandes lumières que le saint homme recevait dans l’oraiscn, lui découvraient le malheureux état des pécheurs:. il déplorait leur aveuglement, il en était pénétré de compassion, et souvent il priait pour eux. Une nuit qu'il demandait à Dieu leur conversion avec beaucoup d’ardeur et beaucoup de larmes, il fut averti par un Ange d'aller à l’église, où il trouverait Jésus-Christ et sa très sainte Mère, accompagnés d'une multitude d’Esprits célestes, Le Saint y alla transporté de joié et se prosterna pour rendre ses hommages à la Majesté du Fils de

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12) Plusieurs Auteurs modernes font remonter cet évènement à une époque antérieure. — Les anciens n’en ont pas indiqué l’année

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