SONT DD
Pendant toute la nuit, les Frères-Mineurs chantèrent autour du corps des psaumes et des hymnes avec une si grande jubilation d'amour qu’on aurait cru assister à une fête angélique dans le ciel plutôt qu'aux funérailles d’un homme sur la terre. Ainsi s'expriment les Compagnons du Saint, heureux témoins du glorieux trépas de leur Séraphique père
Le iendemain Dimanche eurent lieu les obsèques : dès le matin, le clergé et les magistrats d'Assise vinrent à Sainte-Marie-des-Anges, où s'était réunie une foule immense des populations ombriennes. Les Frères-Mineurs des couvents voisins étaient venus toute la nuit. Le convoi se mit en marche: le peuple portait des branches d’olivier ; les Frères sur deux longues files tenaient à la main des torches ardentes. Le saint corps, placé sur de riches tapis, était porté par deux magistrats et deux Frères- Mineurs : le clergé fermait le cortège. Le chant des psaumes, des hymnes et des cantiques en langue vulgaire, n'était interrompu que par les sons éclatants des grandes trompettes guerrières, placées de distance en distance. Au feu de prepdre le chemin direct qui mène à Assise, on choisit le sentier détourné qui conduit à Saint-Damien, le Couvent de Sainte Claire. On déposa le corps dans la chapelle des Pauvres-Dames, afin qu’elles eussent la consolation de contempler une dernière fois le visage : transfiguré de leur illustre Père. On ouvrit la grille du chœur des Religieuses ; et Claire, malade, portée
dans les bras de ses Filles, put vénérer et toucher, non sans verser beaucoup de larmes, les cinq plaies du stigmatisé de l’Alverne, Elle essaya d’arracher un des clous miraculeux pour le conserver comure une pieuse Relique ; mais voyant qu’elle n'y pouvait réussir, elle se contenta de tremper un linge dans le sang qui coulait de la blessure et de prendre la mesure exacte de la taille du Saint pour faire prendre son portrait dans le chœurdes Religieuses.
Partant de Saint-Damien le cortège traversa les rues d'Assise, tendues de draperies et de guirlandes de verdure, jusqu’à l’église Saint-Georges, où la dépouille mortelle fut déposée dans une châsse en cyprès. “ C’est là que notre Saint avait été initié à l'étude des lettres chrétiennes ; c’est là qu'il avait fait sa première prédication de pénitence et d'amour. Là aussi, dit saint Ponaverture, devait être son premier lieu de repos.” ss
A la mort de saint François, Frère Elie était Vicaire-Général de l'Ordre. Frère Elie avait toujours été, durant sa vie, très attaché au Saint dont il avait su ainsi gagner l'affection et garder la confiance ; et durant les grandes maladies de l’homme de Dieu, il l'avait entouré de tant de soins, qu’au témoignage de ses Contemporains, il lui avait véritablement tenu licu de wère. Il écrivit, à la mort du Saint, à tous les Provinciaux de l'Ordre une Lettre dont nous Aonnons ici de longs extraits et qui est restée tout empreinte des tristesses de son âme. :L'exemplaire que reçut le Provincial de France
oucher, q plaies irracher comuie pouvait ge dans endre la ur faire igicuses.
versa les irlandes s, où la jâsse en s initié à il avait amour.
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lie était ait touint dont r la conl’homme s, qu'au
avait véà la mort dre une
its et qui son âme.
France
porte cette souscription : “ À mon Frère en Jésus- Christ, le Frère Grégoire, Ministre des Frères qui
sont en France, et à tous ses Frères et les nôtres. Le Frère Elie, pécheur, salut.
Avant de commencer, je soupire. Comme un
torrent qui déborde, ainsi la douleur envahit mon
âme. Hélas! le malheur que je redoutais a fondu sur nous; celui qui nous consolait n’est plus. Chéri de Dieu et des hommes, il est monté au séjour de la lumière, lui qui enseignait à Jacob la loi de la science cet de la vie et qui a laissé à Israël le testatament de la paix. Nous ne saurions trop nous réjouir pour lui; ne ne saurions trop pleurer sur
nous-mêmes, privés que nous sommes de sa pré-
sence et comme ensevelis à l’ombre de la mort. La
perte est pour tous ; le péril n’est que pour moi, à cause des soucis et de l’affliction qui m'oppressent, Ma douleur est sans mesure ; voilà pourquoi, mes Frères, je viens vous conjurer de la partager, comme je partage la vôtre. Nous sommes orphelins et privés de la lumière de nos yeux. Oui, notre Père était vraiment une lumière envoyée par la vraie Lumière qui éclaire les hommes assis dans les ténèbres de la mort, afin de diriger leurs pas dans les voies de la paix.
Semblables au soleil dans son midi, il éclairait les -
esprits, et il échauffait les cœurs du feu de son amour, prêchant partout le royaume de Dieu et préparant au Seigneur une génération nouvelle. Son nom s’est répandu jusqu'aux îles les plus lointaines, et les dif-
férentes contrées de la terre ont admiré ses œuvres
Cependant, ne vous attristez pas outre mesure, mes Enfants et mes Frères: Dieu qui est le Père des orphelins ne nous refusera pas ses divines consolations, D'ailleurs, François est passé à une vie meilleure ; et avant de mourir, il a béni tous ses enfants, comme un autre Jacob, leur pardonnant toutes les fautes qu’ils auraient pu commettre contre lui. Maintenant, voici que je vous annonce une grande joie et un prodige inouï jusqu’à nos jours. C'est que peu de temps avant sa mort, notre bienaimé Père à reçu et porté dans sa chair les Stigmates de Jésus crucifié.... Bénissez donc le Dieu du ciel et de la terre : louez-le de ses ‘éternelles miséricordes ; et souvenez-vous devant le Seigneur de notre incomparable Père, pour la louange et la gloire de Celui qui l’a exalté parmi les hommes et g'orifié devant |c5 Anges.... Le quatre des Nones d'Octobre, jour de Dimanche, à la première heure de la nuit précédente, notre Frère et notre Père, François, est allé vers son Créateur !.... Et parce que c'est une pensée salutaire de prier pour les morts, priez pour lui, c’est son dernier désir, Que chaque prêtre donc dise trois messes : chaque clerc, le psautier : les Frères Laïcs, cinq Pater, et que les
clercs fassent en commun la vigile des morts. 4
Frère Elie, pécheur.
PR, but
e mesure, st le Père vines conà une vie i tous ses ardonnant tre contre loncé une nos jours.
otre bienles Stigic le Dieu éternelles Seigneur ange et la ommes et des Nones ère heure tre Père,
Et parce
pour les sir. Que que clerc, et que les
morts, —
- Monte-Marino, près de Bénéven
1. MIRACLES APRÈS SA MORT. — 2, SA CANONI- SATION. — 3, SA TRANSLATION.
que nous venons de rapporter plus en détail sur les funérailles de saint François, le Docteur Séraphique saint Bonaventure continue ainsi,
“ Désormais face à face avec Dieu, et illuminé sans interruption de la divine lumière, le Bienheureux manifesta son Pouvoir et sa bonté par de nombreux prodiges : sa sainteté qui pendant sa vie s'était fait connaître au monde et l'avait édifié par les exemples d’une justice si haute, fut ainsi confirmée du haut du ciel, où il règne désormais avec Jésus-Christ, par les miracles que la puissance divine opéra par son intercession” Et le saint Docteur donne une longue liste de miracles qui ont Suivi la mort de l’homme de Dieu, et dont nous reproduisons ici quelques-uns À la louange de Dieu et à la gloire de notre séraphique Père.
À PRÈS avoir dit en résumé dans sa Légende, ce @ \ é à
DES MORTS RESSUSCITÉS, Dans le bourg de
nte- t une femme qui avait une grande dévotion À saint F rançois, subit le
sort réservé à tous les hommes : elle mourut. Des clercs, en grand nombre, se réunirent la nuit à la maison mortuaire pour célébrer les obsèques et pour chanter des psaumes et des prières ; voilà que subitement, à la vue de tous les assistants, la défunte se leva sur son lit, et s'adressant à un des prêtres présents, elle lui dit : “ Je veux, mon père, me confesser. Morte, j'étais réservée aux tourments d’une prison éternelle, parce que j'avais caché un péché que je vais vous avouer maintenant, Mais à la prière de saint François, pour qui j'ai toujours eu une grande dévotion, il a été accordé à mon âme de rentrer dans mon corps afin de refaire une bonne - confession et mériter ainsi la vie éternelle.” Elle se confessa donc, en tremblant, au prêtre qui tremblait lui-même, et après avoir reçu l’absolution de ses fautes, elle se remit tranquillement au lit et s'endormit cette fois paisiblement dans le Seigneur.
— Dans le bourg de Pennaco, aux montagnes de la Pouille, un père et une mère avaient une fille : unique, encore jeune, qu'ils aimaient tendrement. Une maladie grave la cond‘isit à‘la mort : ses parents qui n'espéraient pas une autre héritière se : regardaient comme morts avec leur fille. Les parents et amis se réunirent pour les funérailles. Sa
pauvre mère était plongée dans une douleur telle
qu’elle ne voyait plus rien de ce qui se passait autour d’elle. Cependant saint François, seul avec
: ün de ses compagnons apparaît à cette mère dé#{ solée, qui lui avait voué, elle aussi une grande dé-.
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votion et il lui dit avec une pieuse affection : “ Ne pleurez plus : car le flambeau de votre vie que vous croyez éteint, se rallumera par mon intercession.” La mère se lève sur-le-champ, et racontant à tous ce que le Saint lui a promis, elle ne permet point qu'on enlève le corps de sa fille défunte, Mais elle invoque saint François avec une foi complète, et saisissant de ses mains sa fille morte, elle la soulève vivante et guérie ; tout le monde la voit et admire l’'étonnant miracle qui vient de s’accomplir.
— Des Frères de Nocéra demandaient à un habitant du pays, nommé Pierre, un chariot dont ils avaient besoîn pour quelques instants ; cet homme leur répondit en insensé, les accablant d’injures à cause du service qu'ils lui demandaient et blasphémant le nom de François à l’occasion de l'aumône que ces Religieux imploraient en l'honneur du Bienheureux.” Mais cet homme se repcatit aussitôt de sa folie ; la peur le saisit ; il craignit la punition du ciel qui, en effet, ne se fit pas attendre ; à l'instant son fils aîné tomba malade et expira bientôt après. Son infortuné père, fou de couléur se roulait par terre, et, ne cessant d’invosuer saint François, il s'écriait: “C'est moi qui ai péché, c'est moi qui ai mal palé, c'était sur moi, sur noi seul que devait tomber le châtiment. O grand Saint, reridez à mon repentir ee que vous m'avez enlevé, à cause de mon impiété. Je ne cesserai désormais d'offrir à Jésus-Christ des louanges et des actions de ; râces, pour l'honneur de votre 7e” © prodige!
à ces paroles, l'enfant se leva, demandant qu’on cessât de pleurer et confessant que son âme qui avait quitté réellement son corps venait de le reprendre, par la charitable intercession de saint François.
—- Dans la vüie de Capoue, sur les rives du Volturne, un enfant jouait avec d’autres enfants. Il se laissa imprudemment. tomber dans le fleuve ; et, entraîné par le courant, il fut bientôt enseveli sous le sable. Ses camarades se mirent à crier, et une grande multitude accourut sur les lieux. Or, tout ce peuple suppliait le Bienheureux François et le conjurait dévotement par ses mérites de prendre en pitié son père qui lui était dévoué, en arrachant son enfant à la mort. En ce moment un nageur cui se tenait à distance, ayant entendu les clameurs, s’approcha: après de longues recherches, et lorsqu’il eut invoqué, lui aussi, le secours du Bienheureux François, il trouva enfin le lieu où le limon du fleuve avait recouvert le cadavre de l'enfant et lui avait fait une sorte de tombeau. Continuant ses efforts, .il le tira de cette position et ne Lat s’empêcher de gémir en le voyant sans vie. Mais la foule qui ne pouvait s’arracher à ce triste spectacle, ne cessait de crier : “ Saint François, rendez cet enfant à son père” Les Juifs eux-mêmes, accourus avec d’autres, émus de pitié, disaient : “ Saint François, rendez cet enfant à son père.” A la fin, subi- . tement, au milieu des cris de joie et d’admiration
de la foule, l'enfant se leva parfaitement rendu à
ant qu'on n âme qui ait de le n de saint
es du Volints. Il se fleuve ; et, seveli sous ier, et une . Of, tout nçois et le prendre en achant son eur qui se eurs, S'apet lorsqu'il enheureux limon du ant et lui nuant ses dt s'em- , Mais la spectacle, dez cet en-
accoUurus |
aint Fran- E fin, subidmiration
rendu à
lui-même, et se fit conduire immédiatement à l’église de Saint François, pour remercier Dieu d’une si bellé faveur, reconnaissant que c'était la vertu du Saint qui l'avait miraculeusement retiré des ténèbres de la mort.
— À Suessa, dans la rue des Colonnes une maison s'écroula tout à coup et couvrit de ses ruines un jeune homme qui fut tué. Des hommes et des femmes, au bruit que ñt la chute de la maison, accoururent de tous points ; ils écartèrent les débris de bois et de pierres, et purent enfin retirer le cadavre du milieu des décombres. La mère du jeune homme qui était accourue, éclatant en sanglats, faisait entendre ce cri douloureux : “ Saint François, Saint François, rendez-moi mon fils” Et non-seulement la mère, mais tous les assistants, priaient le Saint avec elle ; mais, comme il ne se manifestait ni voix ni sentiment, ils placèrent le cadavre sur un lit, attendant le lendemain pour l’enterrer. Cependant la mère éplorée qui espérait en Dieu, à cause des mérites du Saint, fit le vœu de couvrir son autel d'une nappe nouvelle, s’il rappelait son fl: à la vie. Vers minuit, le jeune homme commença à remuer : ses membres reprirent leur chaleur maturelle. Enrn ii se leva plein de vie et il convia tous les assistants à louer Dieu avec lui et à bénir son glorieux serviteur, le Bienheureux François. }
PERSONNES PRÉSERVÉES DE LA MORT, — Dans le voisinage de Rome, un gentilhomme du nom de
218 CHAPITRE XIl
Rodolphe donna dans sa maison l’hospitalité à des Frères-Mineurs. Il faisait cet acte de charité d’accord avec sa pieuse épouse, tant pour lhospitalité en elle-même que comme un hommage à saint François et par amour pour le Bienheureux. Cette nuit-là, au haut d’une tour dormait un gardien du château étendu sur un tas de pièces de bois placées sur le bord de la tour; mais ces pièces se détachèrent les unes des autres, roulèrent en bas et notre gardien tomba aussi, d’abord sur le toit du palais et de là sur le sol. Le bruit de cette double chute, du bois et de l’homme, éveilla toute la maison, et on crut que c'en était fait du gardien. Le Seigneur et la Dame, du château, ainsi que les bons Frères accoururent. Quant au gardien qui était tombé du haut de la tour, il était si profondément endormi, que ses deux voyages cuccessifs dans les airs et les secousses de ses repos forcés ne l'avaient point éveillé, non plus que lagitation et les cris de toute Ja maison qui était venue à lui. On le poussa, on le remua avec les mains, et il commença à se plaindre enfin qu’on l’arrachât à un repos délicieux ; il dormait avec bonheur, dit-il, entre les bras du Bienheureux François ; mais il connut enfin par le récit qu’on lui en fit, l'accident qui lui était survenu. II se voyait au pied de la tour, après s'être couché sur le sommet et ne pouvait assez s'étonner de ce fait, dont il ne s'était point aperçu pendant qu'il s’accomplissait. Il promit, en présence de tout le monde de faire pénitence et de mener toujours une sainte
lité à des é d'accord italité en int Frante nuit-là, 1 château ées sur le détachès et notre 1 palais et chute, du son, et on igneur et ‘rères acombé du endormi, airs et les nt point de toute sa, on le plaindre < ; il dorlu Bienr le récit rvenu. Il juché sur le ce fait, qu’il s’acle monde ne sainte
vie, à l'honneur de Dieu et de son grand serviteur, saint François.
— À Léontino, des hommes venaient d'extraire d’une montagne une pierre énorme, destiné à servir de base à un autel dans une église qu’on devait consacrer dans le voisinage à saint François. Une quarantaine d'ouvriers employaient des efforts répétés à placer cette pierre sur un chariot, lorsqu'elle se renversa sûr Lun d'eux et le couvrit comme d’une pierre sépulcrale. Les autres, abasourdis par ve malheur ne savaient que faire et le plus grand nom-
bre d’entr'eux désespérés, s’en allèrent. Il en resta:
dix qui se mirent à invoquer avec tristesse saint François et à le conjurer de ne pas permettre qu’un homme mourût d’une mort si affreuse en travaillant à son service. Puis ils reprennent courage et se mettent à l’œuvre ; la pierre cède aussitôt à leurs efforts, et aucun d'eux ne doute que ce succès facile ne doive être attribué à l'assistance de saint François. Leur compagnon se releva parfaitement intact dans tous ses membres : bien plus, il recouvra une vue parfaite, lui qui l'avait auparavant très obscurcie. Ainsi tout le monde put comprendre combien dans les cas les plus désespérés, les mérites de François étaient d’une puissante efficacité. :
# , 4 .— Quelque chose de semblable arriva près de .
San-Severino dans la marche d’Ancône. On apportait de Constantinople une pierre immense qui devait servir à la Basilique du Bienheureux Fran-
çois. Traînée par un grand nombre d'hommes, elle
ET D nn ne EU MECS ns Es Las
glissa tout à coup de son assiette et tomba sur un des : ouvriers. Non-seulement on le croyait mort, mais on pensait qu'il était entièrement broyé : avec l'assistance du Bienheureux François qui souleva la pierre, il put repousser ce poids énorme, et il se leva bien portant et sans aucune blessure.
DES SAUVÉS DU NAUFRAGE. — Le Frère Jacques de Riéti traversait une rivière sur yne petite barque avec d’autres Frères : il déposa d’abord ceux-ci sur la rive opposée, et il se préparait à les suivre, lorsque la frêle embarcation vint par malheur à renverser. Le conducteur de la barque se mit à la nage et le Frère fut lancé au fond de la rivière, Les Frères qui étaient sur le bord invoquaient avec effusion le Bienheureux François et le suppliaient avec des gémissements et des larmes de secourir l’un de ses Enfants, leur Frère. Quand à celui-ci, enfoncé dans l’abîme, il ne pouvait faire entendre sa voix, mais il priait de cœur son Bienheureux Père de le sauver. Par l'assistance du saint Patriarche, il marchaiït au fond du fleuve comme sur une terre solide; de plus, il relevait la barque sub- ‘mergée et parvenait avec elle au rivage. Ce qui est le plus extraordinaire, c'est que ses vêtements
n'étaient pas humectés, et que pas une goutte d’eaü n'avait atteint sa tunique |
— Le Frère Bonaventure traversait un lac sur une barque avec deux hommes. La barque, fort endommagée par la violence-des eaux se pérdit et
qe Leu Vire SAN LUE AE ONE
1 hs: dt > *
Ja Sur un
ait mort,
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Jacques e barque IX-Ci sur suivre, lheur à mit à la ère, Les nt avec pliaient secourir celui-ci, ntendre leureux int -Pame sur ue subqui est ements e d’eaû
lac sur e, fort.
rditet °Æ .
précipita avec elle au fond du lac, le Frère et les deux hommes. Dans cette triste position, ils invoquèrent avec confiance le Bienheureux Père saint François ; et aussitôt la barque remplie d’eau n’en monta pas moins au-dessus des flots, sous la conduite du Saint, et arriva heureusement au port avec ses passagers. 4e, |
— Des matelots d'Ancône ballotés par une tempête affreuse se voyaient submergés ; ils désespéraient de sauver leur vie, lorsqu'ils se mirent à invoquer saint François. Une grande lumière apparut sur la mer, et avec cette lumière se fit divinement un calme parfait ; il sembla que par son admirable vertu le Bienheureux pouvait commander aux vents et à la mer.
Je ne crois pas qu'il soit possible de raconter en détail tous les miracles par lesquels il se glorifie encore toutes les fois que sur les plages liquides il apporte secours et assistance à des hommes en danger. Et l’on ne doit pas s'étonner qu'il lui ait été donné dans la gloire puissance sur les eaux, puisque durant sa vie sur la terre, toutes les créa-
tures, revenues à l’état de leur primitive origine luf
obéissaient et le servaient d’une manière admirable.
DES AVEUGLES GUÉRIS. — Au couvent des Frères-Mineurs, à Naples, un Frère nommé Robert
était aveugle depuis bien des années, TI] lui avait poussé dans les yeux une excroissance de chair qui
empéchait le mouvement et l'usage des paupières
KO Eu { Fra) Ë PRE $ n &
es
» 4 fa
CIIAPITRE XII
sa couche,
contrées lointaines.
Dans ce même Couvent, plusieurs Frères se trouvaient réunis, destinés à la prédication dans les diverses parties du monde.
miroir de la sainte obéissance, pour les porter à continuer avec courage leur voyage apostolique, voulut les frapper par un miracle, et dans cette vue, il guérit en leur présence le Frère Robert de la manière suivante :
C'était la nuit, et Frère Robert était étendu sur malade mortellement :
avait fait la recommandation de l’âme. Le Bienheureux François se présenta en ce moment à lui; il était accompagné de trois Frères, qui tous ont laissé une réputation de grande sainteté ; Frère Antoine, Frère Augustin et Frère Jacques d Assise. Aptès l'avoir suivi fidèlement pendant la vie, ils l'accompagnaient heureusement après sa mort. Saint François, avec un instrument tranchant fit une incision, enleva l’excroissance de la chair, et rendit à Frère Robert la lumière qu’il avait perdue: il le rappela en même temps des ombres de la mort et lui dit avec une grande douceur :
mon Enfant, la faveur que je vous ai accordée est un signe donné à nos Frères qui S'en vont dans des Ils doivent voir par là que je les précède et que je dirigerai leurs pas. Qu'ils aillent donc avec joie et qu'ils exécutent avec ardeur l’obéissance qui leur a été imposée,
— Dans la Campanie, un enfant de quatorze ans du bourg de Pophis, pris d'une douleur subite,
Le Bienheureux Père,
déjà même on
“ Frère Robert,
se troudans les ux Père, porter à stolique, ette vue, rt de la
ndu sur lême on .e Bien-
at à lui ; :
ous ont : Frère l’Assise, Vie, ils rt. Saint une inrendit à e:1ille mort et Robert, -dée est ans des
que je Qu'ils It avec
rze ans subite,
perdit complètement l'œil gauche. La souffrance fut telle qu’elle déplaça l’œil de son orbite, et que, pendant huit jours, le nerf étant relâché de Ja‘longueur d'un doigt, on vit l'œil descendre jusqu’à la mâchoire, et il se desséchait : c'était lamentable à voir, Tout remède humain était inutile. Le père du jeune adolescent se tourna alors tout entier vers le Bienheureux François ; l'infatigable ami des malheureux ne fut pas sourd aux prières de ce père infortuné : il replaça l'œil desséché dans son orbite, lui rendit son ancienne force et l’illumina des rayons de la lumière si désirée.
— Le fils d'un gentilhomme, aveugle de naissance, reçut par les mérites de saint François la vue qu’on demandait pour lui. Cette circonstance le fit nommer //uminé. Plus tard, lorsqu'il fut en âge, il prit l’habit des Frères-Minéurs en reconnaissance du bienfait qu’il avait reçu par saint François. Il fit de tels progrès dans la lumière de la vertu et de la grâce qu'il se montra en effet le fils de la vraie lumière, Enfin par les mérites de notre Bienheureux Père, des débuts si saints le conduisirent à une fin plus sainte encore. ;
—-AÀ Lachanto, bourg près d’Ananie, un soldat appelé Girard avait complètement perdu la vue. Or, il arriva que deux Frères-Mineurs, venant de loin, se présentèrent chez lui pour demander l’hospitalité. Ils furent pieusement accueillis et traités avec bienveillance par toute la famille, par respect
. pour saint François. Ils rendirent donc des actions
de grâces à Dieu et à leur hôte, et se rendirent à l'habitation des Frères la plus voisine. Mais pendant la nuit, le Bienheureux François apparut en songe à l’un de ces Frères et lui dit: “Levez-vous, allez avec votre Compagnon à la maison de votre hôte: c'est moi, c'est Jésus-Christ qu'il a reçu en vous recevant. Je veux reconnaître ce bienfait:; il est devenu aveugle pour des fautes qu’il n’a pas travaillé à expier par la confession et la pénitence.” Le Bienheureux Père disparut ; et le Frère se leva aussitôt pour accomplir avec son Compagnon l’ordre qu’il avait reçu. Ils vinrent à la maison de leur “hôte : ils lui racontèrent cn détail tout ce que l’un d'eux venait d'apprendre par révélation. Girard resta fort surpris, mais, confirmant lui-même ce qu'on lui disait, il se repentit avec larmes, et fit une sincère confession, et promit sincèrement de se corriger. L'homme intérieur fut renouvelé entièrement ; et aussitôt la vue fut rendue à l’homme extérieur. Ce miracle fit grand bruit, et il en porta plusieurs, non-seulement à la dévotion envers François, mais encore à l’humble confession de leurs fautes et à la pratique d’une charitable hospitalité,
Les miracles opérés en si grand nombre durant . la vie du séraphique Patriarche, continuaient donc à se multiplier après sa mort ; aussi le jugement du Saint-Siège ne se fit-il pas longtemps attendre pour notre Bienheureux Père: Honorius IIT n'avait pas survécu longtemps au saint Fondateur des Frères- ! … Mineurs; il était mort le 18 Mars 1227. Dès le
idirent à ais penparut en /EZ-VOUS, de votre reçu en nfait; il n’a pas itence.” > se leva n l’ordre de leur que l’un Girard ême ce - fit une se corement ; térieur.
usieurs, is, Mais ‘ét à la
durant .
it donc
ent du
re pour ait pas Frères- : Dès le
lendemain, les Cardinaux s'étaient assemblés et avaient élu tout d’une voix le Cardinal Ilugolin qui, en montant sur la chaire de säint Pierre prit le nom de Grégoire IX. Les commencements de son Pontificat furent troublés par une sédition excitée dans Rome par les émissaires de l’empereur. (1) Le Pape, forcé momantanément de quitter la Vil'e vint-à Assise, comme dans un refuge, après avoir habité quelque temps Riéti et Spolète, Il donna à tous les évêques de l'Ombrie la commission spéciale de faire dans toute l'étendue de leur juridiction des enquêtes sévères et détaillées sur la vie merveilleuse de François, et il nomma une commission de Cardinaux qui devait soigneusement examiner tous ces. rapports, sous la présidence du Cardinal Rinaldi, son neveu, à qui il avait confié la charge, si chère à son cœur, de protéger l'Ordre des Pauvres de Jésus-
: Christ, Grégoire IX, pour se conformer aux usages
de l'Eglise Catholique qui agit toujours avec une si grande sagesse dans la canonisation des Saints, voulut examiner lui-même, en plein sonsistoire la validité de la procédure; il fixa la solennité de la canonisation pour le dimanche, seizième jour de Juillet, moins de deux ans, après la mort du Saint !
Dès la veille, le Pape qui se trouvait alors à Pé: rouse, arriva, escorté de toute sa cour, et fit une
entrée triomphale dans la patrie du Saint ; où lat
tendaient l'Evêque d'Assise et Jean Parent, récem-
Er
*(1) C'était dans le temps des fêtes pascales en1228.
EC
(Je
À Fu i:
‘ment élu Ministre Général de l'Ordre (1227) et suc-
cesseur immédiat du séraphique Patriarche ; de toutes les partieS de l'Italie s'était assemblée une grande multitude de prélats, de seigneurs et de peuple ; jamais la vieille cité d'Assise n'avait ouvert ses portes à tant d’empressement et d'amour.
“ Combien glorieux, au dimanche matin, se leva le soleil pour éclairer le triomphe de son /rère François. La petite église de saint Georges, où tout enfant il avait apprit à bégayer le nom du bon Dieu, dilata ses entrailles maternelles pour une si auguste solennité. La tombe du Saint étant ouverte, le Pape, après une fervente prière monta sur le trône qui lui avait été préparé, et dans l'ivresse de sa reconnaissance, sa parole s’élança comme un hymne.
“ Comme l'étoile du matin dans le milieu des nuages ; comme la lune dansson plein ; comme le soleil dans tout son éclat, ainsi il a brillé dans le : temple de Dieu.
“ La dernière tête du dragon, portant le claire des vengeances, agite le septième étendard, il s'élève contre le ciel et cherche à attirer une grande partie des astres au nombre des réprouvés.
“ Mais voilà que du côté du Christ un nouveau Légat est envoyé ; sur son corps béni brille l’image de la Croix.
François, noble prince, porte un signe royal ; il rassemble les peuples dans tous les pays de lunivers; contre la haine schismatique du dragon, il!
. organise trois milices de chevaliers armés à la légère
| et suche ; de lée une et de ouvert
se leva
Frère où tout 1 Dieu, uguste e Pape, qui lui nnais-
-u de; # ame le
lans le :
glaive s'élève partie
uveau image
al ; il Punion, il légère
pour disperser les hordes infernales sur lesquelles s'appuyait le dragon...
Quoique le grand éclat de la sainteté de François suffise pour faire croire qu’il est dans l'Eglise triomphante, néanmoins l'Eglise militante ne l'aurait point encore déclaré Saint, parce qu’elle ne juge point ce qui n’est pas de son ressort ; mais Dieu ayant honoré de plusieurs grands miracles, dont nous sommes pleinement informés, une vie si notoirement sainte, et qui nous est si bien connue par les liaisons intimes qu’ ‘il avait avec nous lorsque nous étions dans un moindre rang : de l'avis et du consentement de nos Frères, nous avons résolu de je mettre au catalogue des Saints, ayant cette confiance que par la miséricorde de Dieu, Nous et le troupeau qui nous est confié, serons aidés par ses suffrages, et que nous aurons au ciel pour Protecteur, celui que nous avions pour ami sur la terre, (1) Alors le Cardinal Octavien, cousin d’Innocent III, lut publiquement la relation des miracles examinés. La plupart de ceux sur qui ces miracles avaient été opérés se trouvaient présents ; ils s’écriaient : c’esi à mot que cela est arrivé. Le Cardinal Rainerio Capoccio qui avait eu des relations intimes avec Dominique et avec François, raconta ensuite tout ce qu'il savait de cet homme admirable, Sa voix était entrecoupée de vifs transports de tendresse : l’auditoire était ému jusqu'aux larmes. Enfin le Sou-
(1) Bulle de canonisation : elle fut publiée à Pérouse le 19 Juillet,
verain Pontife se lève au milieu de l'attente silencieuse, et, les bras étendus, il prononce ces solennelles paroles : “ A la gloire de Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, de la bienheureuse Vierge Marie et des saints Apôtres Pierre et Paul, et à TJhonneur de l'Eglise Romaine, Nous is résolu de l’ayis de nos frères les Cardinaux e. les autres Prélats d inscrire au Catalogue des Saints le bicnheureux Père François, que Dieu a glorifié dans le ciel, et que nous vénérons sur la terre. Sa fête sera célébrée le 4 Octobre.” (1)
‘“ Alors déposant ia tiare, il entonna le 7e Deurm que les Cardinaux et les Frères-Mineurs continuèrent avec lui. Le peuple y répondit par d’immenses acclamations et les trompettes -uerrières, placées à l’extérieurde l’église sonnèren riomphe. Descendant ensuite de son trône, Grégoire IX alla se prosterner devant le tombeau et y déposa son offrande. Tous les Cardinaux et les chevaliers l’imitèrent ; et la châsse découverte fut placée au milieu du sanctuaire, décorée avec la plus somptueuse ma- ‘gnificence. Le Pape commença la messe. Tous les Enfants du saint Patriarche portant des flambeaux et des branches d’olivier, formaient une couronne autour de l'autel et chantaient en chœur:
‘ € Franciscus pauper et humilis, cœlum dives ingreditur ; hymnis cœlestibus honoratur : François
(1) E. Chavin de Malan.
nte silenes solen- -puissant, se Vierge Paul, et à is résolu
es autres s le bicenjé dans le fête sera
Te Deum rs contipar d’imucrrières, riomphe.
e IX alla DOSa son crs l’imiau milieu euse Mma- Tous les imbeaux ouronne
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humble et pauvre, monte riche au ciel ; les chœurs angéliques célèbrent son triomphe.”
Après la messe, le Souverain Pontife, ayant invoqué tout haut, le nouveau Saint: “ Père saint François, priez pour nous,” accorda les Indulgences d'usage et donna la Bénédiction Papale.
La canonisation des Saints est toujours une ovation sans égale dans l'Eglise de Dieu. Celle du séraphique Père se distingue entre toutes par des circonstances exceptionnelles. C'était la première fois qu’en dehors de Rome, un Pape accomplissait ce grand acte sur la tombe même du nouveau Saint, Le Saint-Siège, nous l'avons déjà dit, porta un jugement définitif soins de deux ans, après la mort de l'élu de Dieu. Enfin la pieuse Pica, la vénérable mère de François ‘tait présente à ces triomphales Cérémonies. Heur use mère! en retour d’une vie de sacrifices et d’immolation, elle goûtait la plus douce récompense qu’une mère puisse ambitionner ici-bas ; elle était couronnée dans son fils !” (1)
“ On n'a pas oublié que François avait désigné la Colline d'Enfer, où l’on exécutait les criminels, pour le lieu de sa sépulture. Quand le Frère Elie se mit en devoir d'exécuter les dernières volontés de son bienheureux Père, toute la Cité se récria contre lui, regardant le choix de cet emplacement comme un outrage pour elle-même et pour la mé-
s SES . sit - - rm ennemis
(1) R. P. Léopold de Chérancé, ©. M. C. — Saint François
d Assise.
moire du plus illustre de ses Enfants. Il fallut en appeler à la décision du Pape. Grégoire IX approuva les idées et les plans d’Elie, mais par une inspiration vraiment admirable, il décréta que dorénavant la Colline d'Enfer se nommerait la Colline du Paradis. Les Consuls d'Assise, heureux de la décision, joignirent la Colline du Paradis aux autres fiefs du Saint-Siège.
Le Souverain Pontife commanda au Frère Elie de bâtir une Basilique digne du trésor qu’elle allait contenir ; il en bénit lui-même la première pierre au lendemain des solennités de la canonïisation, et quoique la révolte de Frédéric II rendit ces temps calamiteux pour le Saint-Siège, il contribua largement de ses propres deniers à l'érection du mausolée. L'obole du pauvre se mêlait aux offrandes du Pape et à l'or des princes chrétiens, et le Frère Elie, soutenu par de si hauts encouragements, et aidé de l'architecte le plus renommé de cette époque, Jacques l'Allemand, poussa les travaux avec une incroyable activité. On ne peut se le dissimuler, l’entieprise était gigantesque. La Colline du Paradis n'était qu'une masse de roches plus ou moins irrégulières, adossées aux remparts, à l’extrêmité occidentale de la ville. Il fallut arracher du sol une montagne énorme, pour poser dans cette crypte le tombeau de saint François. Sur les sommets granitiques de la colline, nivelés avec art, Jacques l'Allemand assit solidement une église qui renferme autant de merveilles que de pierres.
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“ Dès le printemps de l’année 1230, le Ministre Général qui était toujours Jean Parent (1) après avoir rendu compte à Grégoire IX de l’état des travaux et avoir bris ses ordres, écrivit à tous les Frères-Mineurs et à tous les princes chrétiens, pour leur annoncer que la Translation du corps de saint François, de l’église Saint-Georges dans la nouvelle Basilique, aurait lieu le 25 Mai de la même année, Le Pape,ne pouvant assister à cette Fête, soit à cause de son grand âge (il était presque centenaire,) soit à cause de la gravité des événements politiques, députa trois Légats pour déposer en son nom, sur le tombeau du glorieux Patriarche, une croix d’or, enrichie de pierres précieuses et contenant une parcelle de la vraie Croix, des vases sacrés en or et en argent, un rétable d’autel en or, rehaussé de perles et de pierreries, des ornements sacerdataux d’une grande richesse et une grosse somme d'argent pour l'achèvement de l'édifice.” (2)
“ Le 25 Mai, veille de la Pentecôte, la cérémonie commença. Un Délégué du Pape lut publiquement au peuple les Lettres Apostoliques données à cette. occasion. Grégoire IX y laissait parler son cœur :
‘“ Au milieu des maux dont nous sommes accablé, nous trouvons un sujet de joie et d'actions de grâces dans la gloire que Dieu répand sur le bienheureux
(1) Frère Elie qui avait été Vicaire Général jusqu’en 1227, ne fut élu Ministre Général qu’en 1233.
(2) Le R, P. Lécpold de Chérancé, s6i@.
François, notre Père et le vôtre, et peut-être plus le nôtre que de vous tous. Outre les merveilles éclatantes dont il a été l'instrument, nous avons des preuves authentiques que, depuis peu, un mort est ressuscité en Allemagne par son intercession. C’est ce qui nous anime de plus en plus à publier de toutes nos forces les louanges de ce grand saint, avec cette confiance, que nous ayant si tendrement aimé lorsqu'il était dans le monde, où il vivait comme hors du monde, il nous aime encore davantage, maintenant qu’il est plus uni à Jésus-Christ, qui est amour, et ne cesse point d'’intercéder pour nous, Espérant aussi que vous, qu'il a engendrés en Jésus-Christ et qu'il a laissés héritiers des richesses de son extrême pauvreté, vous que nous portons - dans les entrailies de notre amour, avec un désir ardent de procurer le bien de votre Ordre, vous emploierez vos prières pour obtenir de Dieu que nos tribulations soient utiles à notre salut.” Ensuite le saint corps fut levé, au bruit des trompettes et des acclamations du peuple, et porté par les trois Légats et Frère Elie, sur un char décoré avec une variété merveilleuse, et traîné par des bœufs couverts de caparaçons d’écarlate sur lesquels étaient brodés en or des plantes et des oiseaux. Toutes ces draperies avaient été envoyées, l’année précédente par l'empereur de Constantinople, Les Frères-Mineurs marchaient sur deux longues files, portant des palmes et des flambeaux. Autour du char étaient les trois Légats, Frère Elie, les Evêques,
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à VIE DE SAINT-FRANCÇOIs 233
le clergé et ceux des Frères spécialement désignés par le Pape pour être ses vicaires apostoliques dans cette glorieuse circonstance. Les Magistrats, suivis d’une troupe de citoyens armés, fermaient la marche, et comprimaient les flots du peuple qui se pressait de toutes parts On chanta des psaumes et des hymnes composées par le Pape lui-même,
“ Une race est sortie du ciel, faisant de nouveaux prodiges ; elle découvre le soleil aux aveugles, elle ouvre des chemins dans la mer desséchée,
“ Les Egyptiens sont dépouillés ; le riche devient pauvre, sans perdre ses biens et son nom; il est heureux dans le malheur.
“ François avec ses Apôtres monte, comme le Christ, sur la montagne de la lumière nouvelle dans les richesses de la pauvreté,
“ Suivant le vœu de Simon, faites trois tentes où résidera éternellement le Très-Haut.
“ A la loi, au prophète, à la grêce, rendant un hommage de reconnaissance ; dans une fête solennelle il célèbre l'office de la Trinité.
“ Tandis que l'hôte, par ses vertus, répare le triple
hospice, et consacre au Christ le temple des esprits bienheureux. :
. ©O François! notre Père, hâtez-vous! venez, à Père ! venez secourir ce peuple qui gémit sous le fardeau et est accablé par la boue, la paille et la brique ; ensevelissez l'Egypte sous le sable ; amortissez nos vices et délivrez-nous.” (Hymne des premières Vêpres.)
Dans ces dernières lignes se reflète tout entière l'âme triste et mélancolique de Grégoire IX, qui avait survécu à ses deux saints amis Dominique (1) et François, pour porter, presque centenaire, au milieu des tribulations, le pesant fardeau de la sollicitude de toutes les Eglises.
Arrivés à la Colline du Paradis, les habitants d'Assise virent un mouvement, un empressement de la foule, ils crurent qu'on allait enlever leur trésor, Ils se précipitèrent sur le char, prirent tumultueusement le saint corps, entrèrent dans l’église, fermèrent les portes et placèrent ce sacré dépôt dans le lieu où il devait être, sans qu'il fût permis aux prêtres, aux Frères et au peuple de lui rendre aucun honneur. Le Pape, informé de ce grave désordre, en fut affligé douloureusement ; il écrivit aux Evêques de Pérouse et de Spolète: “ J’ai comblé les habitants d'Assise de bienfaits ; ils devaient en avoir de la reconnaissance surtout dans une occasion qui m'était si sensible ; et les ingrats m'ont outragé ! Sachant qu'après avoir canonisé saint François, je fais bâtir en son honneur une église dont j'ai mis de mes propres mains la première riërre ; que je l'ai illustrée de plusieurs titres qui honorent leur ville ; que j'y fais transporter par l'Autorité Apostolique le corps du Saint ; que j'ai établi mes Vicaires à cet effet, le Ministre Général des Mineurs
(1) Saint Dominique était mort à Bologna, le 6 Août 1221, à l’âge de 50 ans.
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et d’autres bons Religieux du même Ordre ; et que
j'ai attaché de grandes Indulgences. Comme Oza, ils ont été insensés pour mettre leu:s mains profanes et sacrilèges sur ce qui ne pouvait être touché que par des ministres sacrés ; ils ont empêché de rendre au Saint l'honneur qui lui est dû ; ils ont troublé toute la Fête” La ville d'Assise envoya aussitôt des députés à Rome pour donner satisfaction, et tout fut pardonnc.
Cet événement peu important par lui-même, a jeté un voile mystérieux et impénétrable sur la vraie position du corps de saint François d'Assise. Le moyen âge avait bâti là-dessus de belles té: gendes, consacrées par la peinture: François, les bras étendus vers le ciel, était debout au fond d'un riche sanctuaire souterrain, Ce n’est que dans notre siècle qu’on a connu l’exacte vérité: c’est Pie VII, en 1818, qui a comblé Ja Basilique d'Assise de cette splendeur de gloire et de dignité qui paraissait manquer encore à son entière et parfaite illustration. I permit au Frère de Bonis, Ministre Général de l'Ordre des Mineurs Conventuels, de faire des recherches sous le maître-autel, Paul V l'avait autrefois défendu expressément, Letravail fut entrepris en secret, prolongé pendant cinquante-deux nuits, et poussé avec une vigueur incroyable, Après avoir brisé et rompu des roches, des massifs, des murs, Qn trouva une grille en fer, qui renfermait un squelette humain, couché dans un cercueil de pierre ; et d'où s'exhalait une odeur très suave. Le Souverain
Pontife délégua les Evêques. d'Assise, de Nocera, de Spolète, de Pérouse et de Foligno, pour en faire l'examen juridique et en constater l'authenticité ; et ensuite, conformément au décret du Concile de Trente, il nomma une commission de Cardinaux et de Théologiens, et le 5 Septembre 1820, du haut de la Chaire de Pierre, il déclara dans un Bref solennel : ai
“ Bénissant le Père de toute consolation, et animé de la vive confiance que la merveilleuse découverte du corps de saint François nous est un éclatant témoignage et une nouvelle assurance de là protection et de l'assistance salutaire que ce grand Saint nous accordera dans des circonstances aussi difficiles: de notre Autorité Apostolique, Nous déclarons, par la teneur de ces présentes, qu'il conste de l'identité du corps récemment trouvé sous le maître-autel de la Basilique inférieure d’Assise, que ce corps est véritablement celui de saint François, Foadateur de l'Ordre des Frères-Mineurs.” (1)
CONCLUSION. — Après la mort de saint François, ses Enfants déjà répandus dans tout l'univers, conservèrent fidèlement son esprit et continuèrent avec zèle sa mission providentielle. Cette nouvelle milice que Dieu venait de donner à l'Eglise, était destinée à raviver l'esprit de Jésus-Christ au sein
(1) E, Chavin de Malan.
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rères-Mi-
aint Franl'univers, tinuèrent e nouvelle blise, était st au sein
des nations chrétiennes ; et, pour accomplir cette: haute mission, le saint Foridateur des Frères-Mineurs ne leur avait donné d’autre code que l’'Evangile ; il ne leur avait prescrit d’autre forme de vie que celle des Apôtres.
L'Ordre de saint François embrasse tout à la fois et l’œuvre de la prédication dans les pays catholiques et l’œuvre des missions chez les infidèles. Il n'est pas de nation barbare que les missionnaires franciscains n’aient évangélisée : il n’est pas de pays si reculé et de plage si inconnue qu'ils n'aient arrosés de leurs sueurs et'de leur sang. Dès les commencements même de l'Ordre, les Frères-Mineurs avaient pénétré dans toutes les régions connues. De nos jours, le zèle apostolique ne s’est point ralenti dans l'Ordre Séraphique : il entretient des missions dans les cinq parties du Globe, On retrouve les disciples de saint François en Asie, sous le soleil brûlant de l'Afrique, dans les vastes régions des deux Amériques et au milieu des peuplades sauvages de l'Océanie. (1)
(1) L'on se fait difficilement une idée exacte de la diffusion prodigieuse de l’Ordre de saint François, depuis son origine, jusqu’à l’époque néfaste de la grande Révolution.
Le Père Hélyot, dans son grand Ouvrage sur les Ordres Religieux, dit en parlant de l'Ordre de saint François: ‘..,,.. Cet Ordre (vers le début du 18me siècle) nonobstant les sanglantes persécutions. de l’hérésie, où il a perdu we im/finité de Monastères, compte encore plus de sept mille Maisons et plus de ce” guinse mille Religieux 1°?
Au Chapitre Général de 1762, la Famille de l'Observance, sans
L'Ordre de saint François ne doit, en effet, cette inépuisable fécondité qu’à l'esprit de haute sainteté qui a toujours fleuri dans son sein, L'amour du cœur brûlant de François a passé dans celui de ses généreux Enfants. Le Ménologe du Franciscain Fortuné Huéber, édité en 1698, compte près de sir mille Martyrs ou Confesseurs ; cent quinze. dont la cause a été introduite en Cour de Rome, et eux cents dont le corps se conservait, en tout ou en partie, sans corruption.
Depuis deux siècles, les Enfants de saint François n'ont pas cessé de peupler le ciel, après avoir embaumé la terre du parfum de leurs vertus.
D'après un compte-rendu publié au Chapitre Gé-
néral,-tenu à Rome en 1856, le nombre des seuls
Religieux de lObservance, (1) #7orts en odeur de
sainteté, depuis l’année 1768, c’est-à-dire en moins |
d’ur: siècle, dépassait le chiffre de quatre cents ! Ah! däigne donc le Père des Miséricordes et le !
Dieu de toute Consolation conserver toujours dans
le cœur des Enfants des trois Ordres qui forment
| compter les Provinces de France, d’une partie de l'Amérique, de ! | Venise, de Corse, etc., possédait encore à elle seule soixaste-sept | mille huit cent soixante-dix-neuf Religieux !
(1) Pour les différentes dénominations d’Observants, Récollets, Alcantarins, Déchaussés, Capucins, Conventuels, etc., que l’on rencontre à chaque page des Annales de l'Ordre Séraphique, voir notre Brochure intitulée : Ze 7ïers-Ordre, publiée tout récemment aux ! Trois-Rivières et dont, en l’espace de quelques mois, nous avons écoulé dix mille exemplaires |
n effet, cette aute sainteté L'amour du celui de ses Franciscain e près de six ingze. dont la me, Ct deux
tout ou en
saint Franaprès avoir eurs vertus.
hapitre Gé-
re des seuls
en odeur de :
re en moins re cents !
icordes et le Jujours dans qui forment
l'Amérique, de le soxante-sept %
rants, Récollets, c., que l’on renrique, voir notre
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lois, nous avons |
la grande Famille F ranciscaine, comme aussi dans le cœur des Chrétiens sans nombre qui lui sont affiliés par le Cordon Séraphique, le véritable esprit du Séraphin d'Assise, leur puissant Protecteur, leur incomparable Père !