‹ Vie de saint François d'Assise [microforme]Chapitre 4 sur 32 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

demandais quel était le sens de cette vision, une voix céleste me répondit que ce lis était le symbole de l’angélique pureté de François.” Tel est donc admirable Saint dont nous allons continuer l'histoire. Dégagé de tous les liens qui le retenaient au monde, entré, selon son désir, dans la vraie liberté des enfants de Dieu, François quitta la ville, dit Saint Bonaventure, et se retira dans les profondeurs de la solitude, afin d’être seul et de mieux entendre, dans le silence, la voix mystérieuse du Très-Haut. Or, pendant qu'il traversait une forêt, en chantant, avec jubilation, les louanges de Dieu, en langue française, des voleurs sortirent du bois, se précipitèrent sur lui et lui demandèrent avec-un air féroce qui il était, “ Je suis le héraut du grand Roi,” leur dit-il, plein d'assurance, et avec un accent prophétique.. Ces brigands le prenant pour un insensé, le frappèrent avec brutalité et le jetèrent dans une fosse remblic de neige, lui disant avec moquerie : “ Reste-là maintenant, chétif héraut du grand Roi Lorsqu'ils se furent éloignés, François sortit de la fosse, tout joyeux d’avoir souffert, et ilrecommença à chanter d’une voix plus haute les louanges du Créateur. Il arriva ainsi à la porte d'un monastère, où il reçut l’'aumône comme un mendiant : il y passa quelques jours, employé aux plus vils offices de la cuisine. De là il vint à Gubbio où un de ses anciens amis le reconnut ; il lui donna, pour le vêtir plus décemment : #ne tunique courte, une ceinture fe cutr, des souliers, un bâton: c'était le costume ordinaire

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des ermites. Sous cet habit de pénitence, il affligea son corps de nouvelles austérités, et pour se perfecionner dans la sainte vertu d’'ÆAwmilité qu'il recherchait éperdument, il se dévoua ax service des Lépreux. Cette dévotion était, nous le verrons bientôt, la dévotion PAPERS de l’époque où vivait notre Saint.

François fit alors ses délices d’habiter les léproseries, servant avec soin les malades, allant audevant de tous leurs désirs, leur témoignant la plus grande compassion. Il leur lavait humblement les pieds, pansait leurs plaies les plus hideuses, et, sur- Binontant toute répughnance, les baisait avec amour. C'est ainsi, dit Saint Bonaventure, qu’il se préparait à devenir le médecin des âmes, et c’est ce qui lui mérita une si grande puissance pour guérir et les maladies du corps et les maladies de l'âme. Je ne rapporterai ici qu'un fait, continue le Docteur Séraphique, car la réputation de François commençait à s'étendre au loin. Un homme du Duché de Spolète avait la bouche et les joues rongées’ d'un horrible cancer : cet infortuné avait employé, mais inutilement, toutes sortes de remèdes, lorsqu'un jour il rencontra François, en revenant de Rome où il avait été implorer le secours des Saints Apôtres. Il se prosterna devant le serviteur de Dieu à qui pieusement il voulait baiser les pieds. Celui-ci ne le souffrit pas, mais il le pressa dans ses bras, et l’'embrassa au visage, Or, pendant que François appliquait cet héroïque baiser sur la plaie “hideuse, le mal s’en-

fuit : la guérison était complète, Dans cet acte de François, dit en terminant le Saint Docteur, je ne sais ce qu'il faut admirer le plus, ou l’étonnant prodige d’une telle guérison, ou la courageuse humilité d’un tel baiser.

Déjà dans le monde il s'était exercé à ce genre de dévouement, malgré sa répugnance naturelle. Dieu, pour l'encourager dans ce saint exercice, lui avait dit : “ François, si tu veux connaître ma volonté, il faut que tu méprises et que tu haïsses tout ce que tu as aimé et désiré selon la chair. Que ce nouveau sentier ne t'effraie pas ; car, si les choses qui te plaisent, doivent te devenir amères, celles qui te déplaisalent, te paraîtront douces et agréables.”

François mit en pratique ces divines leçons ; et la première victoire qu'il remporta sur lui-même, fut de surmonter par la charité le dégoût profond que lui inspiraient les lépreux. Dieu l'en récompensa d’une façon admirable, Comme il chevauchait à travers la plaine d'Assise, il aperçut un lépreux qui venait à lui. Cette rencontre inattendue lui inspira une véritable horreur: mais se faisant violence, il saute en bas de son cheval, embrasse le lépreux, et lui fait l’aumône. Ensuite il remonte à cheval, et parcourant du regard la plaine toute découverte devant lui, il ne voit plus d'apparence de lépreux. Plein d’étonnement et’ inondé de joie, di. encore Saint Bonaventure, il se mit à chanter avec amour les louenges du bon Dieu, et il prit la résolution de tendre chaque jour à quelque chose de plus grand

et acte de eur, je ne nnant proe humilité

à ce genre naturelle.

ercice, lui re ma voaïsses tout r. Que ce les choses , celles qui sréables.” çons ; et la même, fut ofond que écompensa auchait à preux qui Jui inspira iolence, il épreux, et cheval, et découverte e lépreux.

di, encore ec amour

olution de

lus grand

t de plus parfait. Désormais François se souvint le cette parole du Prophète que Jésus-Christ même t réputé méprisable, prenant toutes les apparences ‘un lépreux ; et, un peu avant sa mort, il déclaræ lans son Testament, que, depuis ce jour, ce qui lui. vait paru le plus amer au service des lépreux 'était changé en douceur pour l'âme et poûr le

orps.

Lorsque plus tard, l'Ordre des Franciscairs fut tabli, le bienheureux Patriarche voulait que ceux je ses enfants qui n'avaient point d’études, ni dealent pour la prédication, s’'employassent à servir urs frères, et allassent dans les hôpitaux rendre ux lépreux les plus vils offices, avec autant

l'humilité que d'amour. Lui-même leur donnait ’exemple, et devant eux faisait les lits et pansait les,

blaies. Quand on demandait à entrer dans son ordres,

lne manquait pas d'avertir qu’il faudrait soigner es lépreux, et il faisait subir une épreuve. :i renoyait les postulants qui ne pouvaient se résoudre à aire de telles fonctions ; et ceux qui s’y soumettaient olontiers, il les embrassait avec tendresse, disant : ‘O mon Frère et mon Enfant béni, aimons et soignons nos Frères les ZLépreux : ce sont : /es Frères hrétiens par excellence !” Un de ses disciples, Frère Jacques-le-Simple, du omté de Pérouse, se distingua entre tous les autre par son zèle dans cet exercice de charité: on l’ap

pelait l’Econome et le Médecin des lépreux. Françoi:

lui avait recommandé d'une manière toute particu-

lière un lépreux dont tout le corps n’était qu'une plaie, Jacques en prit tant de soin que les forces lui revinrent un peu, et croyant que l’air contribuerait à le guérir, il le mena un jour au couvent de Sainte- Marie-des-Anges. François trouva cétte action indiscrète, “ Vous ne devez pas, dit-il à Jacques, conduire ainsi les Frères Chrétiens, cela ne convient ni à eux, ni à vous: je souhaite bien que vous les serviez dans l'hôpital, mais je ne voudrais pas que vous les en fissiez sortir: il y a beaucoup de gens qui ne peuvent en supporter la vue.” Le lépreux entendant ainsi réprimander son bienfaiteur, en eut grande peine. François s’en aperçut ; il se jeta aussitôt à ses pieds, en lui demandant pardon. Il voulut par pénitence, manger à la porte du couvent, dans la même écuelle que le lépreux ; puis, l'ayant embrassé, il le renvoya content. |

O admirable François, que vous rendez donc à vos Enfants le joug du Seigneur suave, léger son fardeau, la vertu aimable, par le séduisant exemple

de votre charité si délicate et si ingénieuse, et pour- |

tant si naturelle et si sincère, ainsi que de yotre incomparable humilité, ô mon admirable Père !

Nous empruntons aux Æzoretti un autre exemple #

qui achève de peindre tout le dévouement de François pour les pauvres Zépreux, ses bien-aimés Frères.

“°,... Des frères se trouvant donc au service des malades dans un hôpital voisin du couvent où restait. alors le Saint, y rencontrèrent un lépreux si im-

patient, si intraitable et si méchant que chacun le

it qu'une royait, ce qui était vrai d’ailleurs, possédé du démon; forces li, l'entendait proférer les paroles les plus gros< tribuerait sières ; il frappait ceux qui le servaient et il allait: e Sainte- ême, ce qui faisait horreur, jusqu’à blasphémer lé te action

hrist à jamais béni, et Marie, sa très sainte Mère: enfin, c'était au point que l’on ne trouvait plus personne qui pôût ou qui voulût le soigner. Les frères savaient bien supporter avec patience les injures et

Jacques, convient vous les

$ Pas QUE is insultes qui leur étaient adressées, ils étaient

de gens éme heureux de trouver là un moyen d'accroître € lépreux ur mérite, mais ils ne pouvaient s’accoutumer à ur, en EUt Mcntendre les injures contre Notre-Seigneur et sa il se jeta D ire Mère. Ils finirent donc par se déterminer à rdon. I D enoncer au service du lépreux, si Saint François y ; couvent, consentait ; et, comme il se trouvait alors tout près is, l'ayant D x. l'hôpital, ils lui firent aussitôt connaître le parti

qu'ils désiraient prendre,

Zz donc à À la nouvelle qu'il en reçut, le Saint: vint luiléger son même trouver le malade ; il l’aborde en le saluant exemple par ces paroles: “ Dieu vous donne la paix, mon » €t pour- D très cher frère.” Eh ! quelle paix peut-il me donner, de yotre D répondit le lépreux, maintenant qu'il m'a privé de Pere ! tout calme et de tout bien, maintenant qu'il a fait exemple D de mon corps un cadavre fétide et pourri ?—Ne de F T87- ÆÙ désespérez pas, mon fils, reprit Saint François ;: és F Teres, si Dieu nous envoieici-bas les infirmités corporelles, Frise des c'est pour le salut de nos âmes. Oui ; soyez-en où restait D sûr, ces tribulations sont pour nous la source de SIMS grands biens, si nous savons les supporter avec

hacun le

résignation,—Comment donc me parler de rési-

28 CHACITRE II

gnation, répliqua le malade, quand jour et nuit je suis tourmenté par la douleur? Et puis, mon infirmité n’est pas la seule chose qui me fasse souffrir ; les frères que vous m'avez donnés pour me soigner ne me servent pas comme ils le devraient. Le Saint connut alors par révélation, que ce lépreux était possédé du malin esprit: il se retira et se mit en prière, implorant la miséricorde de Dieu sur cet infortuné, Sa prière terminée, il retourne vers lui et ui dit: Mon fils, puisque vous n'êtes pas content de nos frères, je veux désormais vous soigner moimême.—Volontiers, répondit le malade, mate que pourrez-vous faire de plus que les autres ?—Tout ce que vous voudrez, reprit Saint François.—Eh bien ! dit le lépreux, je vous demande que vous me laviez tout le corps, car l'odeur qui s’en exhale est si infecte, que je ne puis plus me souffrir moi-même.

Le Saint fit aussitôt chauffer de l’eau avec des

herbes aromatiques ; puis après’avoir dépouillé le lépreux de ses vêtements, il se mit à le laver de ses propres mains, tandis qu'un frère lui versait l’eau dont il avait besoin, Alors, par un miracle tout divin, la lèpre disparut de chaque partie du corps à mesure que Saint François la lavait et les chairs devinrent parfaitement saines, Mais là ne se borna

pas le prodige; en même temps que le corps se

guérissait, l'âme commençait aussi à prendre un état

meilleur. Le lépreux, sentant sa guérison, éprouva,

dès lors, une grande componction et un vifrepentir de ses fautes, et il fondit en larmes. Ainsi, pendant

r et nuit uis, mon me fasse

pour me evraient, e lépreux et se mit u sur cet ers lui et s content ner Mmoimais que —Tout ce -Eh bien !

me laviez le est si oi-même.

avec des Jouillé le er de ses sait l’eau acle tout u corps à es chairs se borna

corps se.

re un état éprouva, repentir pendant

que l’eau, à l'extérieur, purifiait le corps de la lèpre, l'âme aussi, par le repentir et les larmes, se purifiait, à l’intérieur, des souillures du péché.

Lorsqu'il se vit entièrement guéri et du corps et de l’âme, le lépreux demanda humblement le pardon de ses fautes, et il s’écriait tout en pleurs; “ Malheur à moi! les paroles grossières et les injures dont j'ai accablé les frères qui me servaient, mes impatiences et les blasphèmes que j'ai proférés contre Dieu, me rendent éternellement digne de l'enfer.” Quinze jours entiers il persévéra dans ces sentiments de componction, pleurant et implorant la miséricorde de Dieu, après avoir fait à un prêtre l'entier aveu de ses péchés.

Saint François remercia la divine bonté du miracle manifeste que Dieu venait d'opérer par son entremise ; et, quittant aussitôt l'hôpital, il se retira fort loin de là, car son humilité ne pouvait supporter les honneurs qu'on lui rendait et il ne cherchait dans toutes ses œuvres que la seule gloire de Dieu.

Cependant, après quinze jours de pénitence, ik plut à Dieu d'envoyer au lépreux guéri une autre: maladie, et il mourut saintement, muni des sacrements de l'Eglise. Son âme, en montant au Paradis, apparut dans les airs à saint François, qui était alors en prière dans un bois. “Me reconnaissezvous ? ” lui dit-elle, — Qui êtes-vous ? demanda le Saint, — Je suis l’âme de ce lépreux que Jésus- Christ a guéri par votre intercession, et je m'envole maintenant vers la vie éternelle. C'est à vous, après

Dieu, que je dois mon bonheur, soyez-en béni. Oui, daigne le Seigneur répandre ses bénédictions sur votre corps, votre âme, vos paroles, sur toutes vos ärtions enfin ; car, par vous, une foule d'âmes se-

ront sauvées sur la terre. Sachez qu'il n'est pas un

jour où les saints Anges et toute la Cour céleste ne rendent grâces des fruits de salut opérés dans

tout l'univers par vous et par les frères de votre ls

Ordre. Prenez donc courage, remerciez le Seigneur et recevez sa bénédiction. À ces mots l’Âme s’envola vers les cieux et saint François demeura rempli de consolation.

La lèpre, après les Croisades, dit un savant et pieux écrivain (1), avait pris un caractère sacré aux yeux de l'Eglise et des Fidèles ; on la regardait généralement comme une marque toute spéciale de l'attention divine, Cette maladie mystérieuse et inaccessible à la science humaine, était en vénération parmi les chétiens du moyen âge. Un Ordre de Chevalerie sortit tout armé de la charité catholique pour soigner les lépr. ‘x de Jérusalem et de l'Orient : il avait un lépreux pour Grand-Maître, En Occident, nous pouvons recueillir de précieux et touchants exemples de l'amour pour les lépreux, Notre saint Louis avait pour eux une amitié toute fraternelle, Qui ne sait les beaux exemples de la charité de cette jeune Elisabeth de Hongrie, la Franciscaine, humble sur le trône, patiente dans les

(1) E. Chavin de Malan.

affictions èt n'ayant aimé des grandeurs humaines que le pouvoir de soulager les pauvres ! Qui ne sait aussi le sublime dévouement de cette admirable Dominicaine, sainte Catherine de Sienne! Elle fut latteinte elle-même de la lèpre en soignant et en

béni. Oui, ctions sur outes vos ‘âmes se-

“a de . - ensevelissant une lépreuse : mais bientôt ses mains rés dohe devinrent blanches et pures comme celles d’un ende votre 1 fant qui vient de naître. En un mot, l'Eglise se Seigneur déclara toujours l'amie et la protectrice des lépreux : ne elle en avait spécialement confié le soin aux ura rempli Eve : : :

Le Cérémonial de la séparation des lépreux était daté 2p singulièrement touchant. Le prêtre, après avoir cé- Ste ad lébré la messe pour les infirmes, inettait un surplis VUE te étole, donnait de l’eau bénite au lépreux ; que toute puis il le conduisait à la léproserie. Là, il J’exhortait :die mys- en bonne patience et charité, en l'exemple de Jésusine, était Christ et des Saints . 5 Mon Frère, cher pauvre du 1 âge, Un bon Dieu, pour avoir à souffrir moult tristesse, tri- “ chhriie bulation, maladie, meselerie et autre adversité du usalem et mon on parvient au royaume de Paradis, où il d-Maître. nya nullé maladie, ne nulle adversité, mais sont précieux tous purs et nets, sans ordures et sans quelconque lépreux. tache d ordur €, plus resplendissants que le scleil, où itié toute que vous. res sl Dieu plaît; mais que vous soyez les de la bon chétien, et que vous portiez patiemment cette ngrie, la l adversité, Dieu vous en donne la grâce ! car, mon r'rere, telle séparation n’est que corporelle ; quant à

daps les

l'esprit,qui est ie principal, vous serez toujours autant que vous fûtes oncques et aurez part et portion à

toutes les prières de notre mère sainte Eglise, comme si personnellement étiez tous les jours assistant au service divin avec les autres. Et quant à vos petites nécessités, les gens de bien y pourvoiront, et Dieu ne vous délaissera point. Seulement prenez garde et ayez patience. Dieu demeure avec vous. Amen.”

Après cette allocution consolante, le prêtre avait à remplir la partie pénible de son ministère : il prononçait les défenses légales au nombre de douze. Après quoi, il prenait de la terre du cimetière, et la répandant sur la tête du malade, il disait : Meurs au monde, renais à Dieu !.... Ô Jésus, mon Rédempteur, vous m'avez formé de terre, vous m'avez ‘evêtu dun corps; faites-moi revivre au dernier our.

Le peuple chantait : Tous mes os ont été agités, mon âme a été troublée ; ALLELUIA, Seigneur, faites-nous miséricorde et donnez-nous la santé, — Le prêtre lisait l'évangile des Dix Lépreux ; puis après avoir béni l'habit et le pauvre mobilier de la léproserie, il lui présentait ainsi chaque chose.

En lui donnant /’Aabrit que l’on appelait Housse, äl disait : “ Mon Frère, recevez cet habit, et le vestez en signe d'humilité, sans lequel désormais je vous défends de sortir hors de votre maison. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.”

… En lui donnant le bari/ : “ Prenez ce baril pour wecevoir ce qu'on vous donnera pour boire, et vous défends, sous peine de désobéissance, de boire aux rivières, fontaines et puits communs, ne de vous y

se, comme ssistant au vos petites t, et Dieu

nez garde à

s. Amen.” rêtre avait ristère : il de douze.

tière, et la Meurs au mon kRéus m'avez u dernier

té agités,

Seigneur,

santé, — UX ; puis lier de la ose,

Housse, : le vestez s je vous u nom du

>aril pour e, et vous Joire aux le vous y

laver en quelque manière que ce soit, ne vos draps, chemises, et toutes autres choses qui auraient touché votre corps.”

En lui donnant la c/iquette : “ Prenez cette cliquette, en signe qu'il vous est défendu de parler à personne, sinon à vos semblatles, si ce n’est par nécessité, et si avez besoin de quelque chose, la demanderez au son de cette cliquette, en vous tirant loin des gens et au dessous du vent.” :

En lui donnant les gants : “ Prenez ces gants, par lesquels il vous est défendu de toucher chose aucune À main nue, sinon ce qui vous appartient, et re doit venir entre les mains des autres.”

En lui donnant la pannetière : “ Recevez cette pannetière, pour y mettre ce qui vous sera élarg par les gens de bien, et aurez souvenance de prier Dieu pour vos bienfaiteurs.”

Un lépreux devait avoir une tartarelle, des sou-

liers, des chausses, une robe de camelin, une housse,

un chaperon de camelin, deux paires de drapeaux, un baril, un entonnoir, une courroie, un coutel, une escuelle de bois, un lit étoffé de coutte, un coussin et une couverture, deux paires de draps à lit, une hache, un écrin fermant à clef, une table, une selle, une lumière, une paelle, une aiguière, des escuelles, à mangier, un bassin, un pot à mettre cuir la chair.

Tous ces objets grossiers étaient bénits et sanctifiés par les prières de l'Eglise. Le prêtre, .

prenant le lépreux par son vêtement, l'introduisait alors dans sa cellule. Il disait: Voici mon

repos à jamais, je l’habiterai ; elle est l’objet de mes désirs.

Puis, en face de la porte, on plantait une croix de bois, à laquelle on attachait un tronc pour recevoir l’aumône que le pèlerin fidèle déposait en échange des prières du malade solitaire. Le prêtre, le premier, y déposait son offrande ; tout le peuple suivait son exemple.

Après cette cérémonie, mélée de tristesse et d’espérance, les fidèles retournaient à l’église, précédés de la grande croix processionnale, Alors tous se

orostérnaient, et le prêtre, élevant la voix, adressait |

À Dieu cette touchante prière : “ O Dieu tout-puisant ! qui, par la patience de votre Fils unique, avez risé l’orgueil de l’antique ennemi, donnez à votre serviteur la patience nécessaire pour supporter pieusement et patiemment les maux dont il est accablé. Amen.” Et tout le peuple répondait: Amen.

Ainsi étaient séparés de la société les pauvres malades du bon Dieu. Heureux s’il possédaient la vertu et la résignation; car alors ils étaient dans tout le pays considérés comme des personnages trèsélevés dans l’ordre moral, Exilé sur la terre, privé de toutes les illusions qui entourent la’ vie commune, l’état habituel du lépreux était une humble et douce tristesse. Mais nous, qui n'avons plus la foi, nous ne pouvons pas comprendre tout ce que la pitié céleste a fait pour la souffrance: elle a posé des bienfaits jusqu’à la dernière limite du malheur. Au moyen âge, on honorait un lépreux comme un

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confesseur de la foi ; on prévenait des noms les plus affectueux ces hommes que le cicl consolait mystérieuscment. On les appelait: /es malades du bon Dieu : les chers pauvres du bon Dieu....

François s'était fortifié dans la pratique de l’hu-

{ milité et de la charité chétienne par le service des

Lépreux, dans hôpital de Gubbio. Il n'avait pas non plus oublié la voix du Crucifix lui ordonnant de restaurer l’église de Saint-Damien, Il revint

‘à Assise, comme un homme inspiré, publiant par les

rues les grandeurs de Dieu, et mendiant des pierres : il disait à ses concitoyens, avec une grande simplicité : “ Qui me donnera une pierre, aura une récompense : qui m'en donnera deux, en aura deux : qui m'en donnera trois, en aura trois.” ‘ Plusieurs le

croyant fou, se moquèrent de lui, et le couvrirent de

mépris ; d’autres, au contraire, étaient émus jusqu'aux larmes, le voyant si subitement passé de la

à vanité du siècle à l'ivresse de l'amour divin. Quant à François, insensible aux mépris comme aux

louanges, il ne s'occupait que de la restauration de sa petite église dé Saint-Damien. On lui apporta des offrandes, et lui-même, portant sur ses épaules, des pierres et du mortier, y travailla comme un simple manœuvre. : |

Le prêtre de Saint-Damien eut compassion du pieux ouvrier et prit soin de lui préparer un bon repas, quand il revenait du travail. François, ayant reçu cette charité pendant quelques jours, fit réflexion sur son état, et se dit à lui-même: “ Trou-

veras-tu partout un prêtre qui ait pour toi autant de bonté? Ce n'est pas là le genre de vie que tu as choisi: va-t-en donc désormais de porte en porte, comme un pauvre, quêter ta nourriture, pour l’amour de Dieu, avec un plat, où tu recevras, sans rougir, tout ce que la charité publique voudra bien te donner. Car, c'est ainsi que désormais tu dois vivre pauvre, pour l'amour de Celui qui est né Pauvre, qui à vécu Pauvre, qui est mort sur la Croix, à dans une absolue pauvreté, et qui, après sa mort, a été mis dans un sépulcre d'emprunt” e

Le lendemain il alla ainsi mendier avec un plat, à et il s'assit dans la rue pour manger. Devant ce d mélange dégoûtant, son cœur bondit, et sa main se L retira, Mais immédiatement son amour pour la I sainte Pauvreté prit le dessus ; il rougit de sa faiblesse, et malgré les répugnances de la nature, il mangea courageusement, et confessa plus tard, que le bon Dieu assaisonna si merveilleusement ces mets rebutants, qu’il ne se souvenait pas d’avoir jamais fait un repas aussi excellent. |

Cependant Pierre Bernardone, exaspéré de voir son fils vêtu comme un mendiant et devenu la risée publique, l’accablait d’injures, en le rencontrant, et lui lançait toutes sortes de malédictions, L'âme si tendre de François en était attristée outre mesure: mais Notre-Seigneur le consola. Il rencontra un! vieillard pauvre, mendiant, mal vêtu. Le Saint jeune homme s’adressa à lui et lui dit avec une grande: effusion de cœur : “ Bon vieillard, venez, vous serez.

»n autant que tu as en porte, pour l'avras, sans idra bien s tu dois ui est né r la Croix, s sa mort,

c un plat, Devant ce sa main se ir pour la de sa fainature, il tard, que

t ces mets oir jamais

ré de voir nu la risée ontrant, et

L'âme si

e mesure:

contra un Saint jeune ne grande vous serez à

mon Père; nous partagerons nos aumônes. Et quand mon père Bernardone me lancera ces affreuses malédictions qui me déchirent l’âme, je me tournerai vers vous, et je vous dirai : Bénissez-moi, mon père, et je serai béni !”

Ange, son frère unique, jeune ingrat, plein de l'esprit du monde, le raillait aussi et tournait en ridicule toutes ses actions. Comme il le vit un jour dans une église, grelottant de froid, avec son pauvre habit d’'ermite, et priant Dieu, il dit à un de ses amis : “ Va donc trouver François, et prie-le de te: vendre pour un enter de sueur:” François, plein

L d’une joie toute céleste, lui répondit : “ C’est au bon

Dieu, mon bon ami, que je vendrai ma sueur: et lui me l’achètera bien plus cher que toi!”

François acheva ainsi, au milieu de toutes sortes d'humiliations, la restauration de sa chère petite église de Saint-Damien, devenue ensuite si célèbre dans l’histoire de son Ordre. Après cela, il entreprit de réparer deux autres sanctuaires, également proches d'Assise : l’un était une église dédiée à saint Pierre, qu'il affectionnait beaucoup, à cause de sa tendre dévotion Dour le Prince des Apôtres ; l’autre était une pauvre chapelle, vieille, et si délabrée qu'elle ne servait plus que de retraite, dans LA mauvais temps, aux pâtres de la vallée: mais venue, par la suite, célèbre dans le monde entier, et dont nous allons immédiatement décrire la touhante origine.

“Saint Cyrille, patriarche de Jérusalem, raconte

dans une lettre à l'empereur Constance qu’en l’année 351, apparut dans les airs, une Croix lumineuse, plus resplendissante que le soleil. Cette Croix immense, vue en plein jour, s’étendait depuis la montagne du Calvaire jusqu'au sommet du Mont des Oliviers.

Peu de temps après cette céleste apparition, quatre pieux ermites quittèrent Jérusalem, pour aller à Rome, visiter le tombeau des Saints Apôtres, et s'établir ensuite en Occident, Le plus riche trésor qu'ils portaient avec eux, était un /r7agment du Tombeau de la sainte Vierge Marie que saint Cyrille leur avait donné avant leur départ. Les quatre Pèlerins de Terre-Sainte reçurent du Pape, à Rome, le conseil de s'établir dans la vallée de Spolète : ils se rendirent à Assise, et bâtirent dans la plaine, à deux milles de la ville, un petit ermitage, avec une modeste chapelle, C’est là qu'ils déposèrent la précieuse Xelique du Tombeau de la Vierge : l’humble

sanctuaire fut dédié à la Mère de Dieu, sous letitre de Sainte-Marie-de-Josaphat, en mémoire de la | célèbre vallée où repose le Tombeau vide de la :

Reine des Cieux. | Les pieux ermites ornèrent en même temps l'autel d'un tableau représentant l’Assomption de

Marie, montant aux cieux, au milieu d’une mul-

titude d’Anges. De là le nom donné ensuite

par les Fidèles de Sarnte-Marie-aux-Anges où | Sainte-Marie-des-Anges. Ce titre fut confirmé: enfin par les fréquentes apparitions de ces Esprits,

l’année nineuse, "oix imla monont des

parition, m, pour Apôtres, he trésor du Tom- : Cyrille iatre Pèà Rome, )lète : ils plaine, à avec une t la prél’'humble s letitre re de la

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Célestes. Ce pieux sanctuaire, délaissé insensible: ment, on ne sait trop pourquoi, par ses premiers desservants, fut donné en 516, au nouveau Patriarche des Moines d'Occident, saint Benoit. Les Religieux du Mont Cassin le desservirent pendant plusieurs siècles. Durant ce temps, les Anges y firent de fréquentes apparitions, et faisaient entendre la nuit des hymnes célestes. Les Moines y virent plusieurs fois une échelle mystérieuse atteignant jusqu’au ciel, et le long de laquelle, les Anges montaient et descendaient en chantant les louanges de Notre-Seigneur et de sa divine Mère.

Les Moines du Mont Cassin furent remplacés par les Bénédictins de Cluny, qui, à leur tour, cé: dèrent la petite chapelle aux Cisterciens. En 1075, le petit couvent se trouvait tellement délabré qu'il était devenu inhabitable pour une Communauté. Les religieux se retirèrent tous dans l’abbaye voisine du Mont Soubase, et la petite Chapelle devint la propriété de cette abbaye,

Entre temps les âmes pieuses continuaient à se rendre à la petite Chapelle pour. implorer la Protection de la Reine des Anges. Parmi elles se trouva la Dame Pica qui obtint, par l’intercession de la douce Reine des Cieux, la naissance de son premier: né François, après sept ans de mariage. Dans la suite, la pieuse mère se plaisait à continuer ses visites à l’humble sanctuaire ; et elle avait soin de se faire accompagner du petit François, pour im:

primer dans son jeune cœur un vif amour pour Dieu et la Reine des Anges.

“François aima ce lieu, dit saint Bonaventure, plus qu'aucun autre au monde: là il commença son œuvre dans l'humilité : là, il la continua avec générosité : là, il la couronna heureusement. A sa mort, il le‘recommanda à ses Frères, en déclarant

qu'il était particulièrement cher à la Sainte Vierge.

Marie. Un de nos pieux Frères eut à ce sujet, avant sa conversion, une vision qui mérite d’être rapportée. Il vit une multitude innombrable d'hommes frappés de cécité, la face tournée vers le ciel et les genoux en terre, se tenant avec persévérance dans l'enceinte

de cette petite église. Les mains élevées en haut, |

ils suppliaient Dieu avec larmes, lui demandant le pardon et la lumière. Et voilà qu'une magnifique

splendeur, s’abaissant du ciel, se répandit sur tous ! ces pauvres aveugles et leur apporta, avec l'usage

de la vue, le salut qu'ils imploraient.”

Cette dernière église étant donc restaurée, Fran-

çois la choisit de préférence aux deux autres : il y passait les jours et les nuits, dans de ferventes prières.

Il conjurait avec larmes la charitable Mère de Jésus, de lui obtenir de son divin Fils de lui montrer clai-!

rement les Voies de la perfection évangélique. Or,

un jour qu'il assistait dans cette église. à une messe! qu'il avait prié le vertueux prêtre de Saint-Damien. de lui dire en l'honneur des saints Apôtres, il mé-! dita profondément ces paroles du saint Evangile: #,,,.Partout où vous irez, annoncez que le ro-:

venture, mmença ua avec t,. À sa jéclarant e Vierge.

jet, avant apportée.

:s frappés s genoux l'enceinte en haut, andant le agnifique

VIE DE SAINT-FRANÇOIS qi

yaume de Dieu est proche. Rendez la santé aux malades, ressuscitez les morts, guérissez les lépreux, chassez les démons. Donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement. N'ayez ni or, ni argent, ni aucune monnaie dans votre bourse, ni un sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton.” La lumière était faite pour François: l'avenir n'avait plus pour lui dé nuage, Notre-Seigneur lui-même lui traçait sa voie. “ Voilà ce que je cherche, s'écria-t-il, tressaillant d’allégresse, voilà ce que je désire de toute l'ardeur de mon âme.” A l'instant même il quitte son bâton, jette sa bourse avec horreur, ôte ses souliers, et échange sa ceinture de cuir contre une grosse corde. Sa pauvre tunique d’ermite lui parait trop belle et trop délicate: il l'échange contre une autre plus :rossière et plus rude. Enfin ne respirant plus que pauvreté, humilité, ab-

sur tous ! 1 ON RES sa ; .c l'usage jection, il choisit le vêtement le plus simple, le plus vil, le plus propre à s’attirer les railleries et les humi- Lée, Fran-! liations. | | res ni De ce jour (1208) date véritablement le comes prières. mencement de la Famille F ranciscaine, de cet > de Jésus, Ordre des Frères-Mineurs qui devait en quelques 4 mires ais années s'étendre jusqu aux extrémités de la terre. É À lique. Or, | ne messe! ne t-Damien 4 es, il mé-! PISELR À Evangile: 14

ue le ro-:

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