‹ Vie de saint François d'Assise [microforme]Chapitre 5 sur 32 · SES PREMIERS COMPAGNONS.—2, VOYAGE A & ROME.—3. RIVO-TORTO · texte numérisé non relu

SES PREMIERS COMPAGNONS.—2, VOYAGE A & ROME.—3. RIVO-TORTO

MITATEUR parfait de Jésus-Christ, François

devait s'attacher d’abord douze disciples, image "Ÿ de ceux du divin Maître, À -étons-nous un instant à esquisser, en quelques îts, la céleste physionomie de ces premiers-nés de la grande Famille Franciscaine,

Le premier, qui tint toujours à cause de cela, une place toute spéciale dans le cœur de François, fut Bernard de Quintavalle, homme très riche et très sage, d’une des premières familles de la ville, et jouissant près de ses concitoyens, d’une grande autorité. Touché de la sainteté de François, il voulut

contempler de plus près ses merveilleuses vertus. ! Il offrit donc au Saint l'hospitalité dans sa maison, 4 et suivant l'usage du temps, ils couchèrent dans la !

même chambre. Bernard feignant de dormir,

observait François attentivement. Le Saint se leva : doucement, se mit à genoux, fendant en larmes, les . yeux au ciel, les bras en croix, et prononçait len- : tement ces paroles, qu’il répéta toute la nuit: Deus !

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meus et omnia : “ Mon Dieu et mon tout.” C'est là véritablement un homme de Dieu, se dit Bernard, rempli d’admiration.

Quelques jours après, la grâce ayant merveilleusement agi dans son âme, il dit à François : “ Si un esclave avait reçu de son maître un trésor, et qu'il n'en eût pas besoin, que devrait-il faire? — Il devrait le rendre au maître, répondit François. — Ainsi donc, reprit Bernard, je rendrai au Seigneur tous les biens de la terre qu'il m'a donnés avec tant d'abondance, — Votre dessein est d’une grande importance, ajouta saint François. Il faut consulter Dieu sur le moyen de le mettre à exécution.

Demain, dès le matin, nous irons demander une messe au Curé de Saint-Nicolas, qui est connu pour homme de bien, et après l'avoir entendue, nous continuerons de prier jusqu’à l’heure de Tierce. Et c'est ce qu'ils firent le lendemain très exactement.

Il y avait alors dans le peuple une manière fort en usage, de consulter la volonté divine : en l’honneur des trois personnes de la sainte Trinité, on ouvrait trois fois de suite, le Livre des saints Evangiles sur l’autel, et le premier verset qui tombait sous les yeux devenait un oracle. Dieu se plaisait souvent à bénir cette simple et naïve confiance, François s’en servit. A la première ouverture, on trouva : “ Si vous voulez être parfait, allez, vendez ce que vous avez, et donnez-le aux pauvres.” A la scconde : “ Ne portez rien en voyage” A la troisième : “ Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il

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