i Gel. 34; 8 Soc. 53; Bon. 9e
2. Probablement à Olricoli qui se trouve sur la grande route de Rome à Spolèle. Orte est à une heure et demie de marche. C'est l'ancienne Otriculum où l'on trouve beaucoup d'antiquités.
VIE DE S. FEAI^ÇOiS
vivre dans la retraite» uoiquemeat atteatif au dialogue iotérieur de l'àme avec Dieu^*
Oq verra cette aspiration au repos égoïste du cloître reparahre plusieurs fois dans sa vie; Tamour rempoilera toujours la victoire. Il était trop enfant de son temps pour oe pas se seotir parfois teolé par ce bonheur que le moyeu ftge regardait comme la suprême jouissance des élus dans le paradis ; la paix. Beaii mùrtui quia quiescunil Sa grande originalité est de n'avoir jamais cédé.
Les réflexions de François et de ses compagnons durant leur séjour à Orte ne firent que leur rendre plus claire et plus impérative leur mission d apôtres. Lut surtout, semblait rempli d*une ardeur nouvelle et comme un vaillant chevalier, brûlait de se jeter dans la mêlée.
Ils s'engagèrent dans la vallée de la Nera. Le contraste entre ces gorges fraîches, remplies de mille voix et la désolation de la campagne de Rome dut vivement les frapper: la rivière n*est qu*un gros torrent, mais elle roule si bruyamment sur les cailloux et les rochers, qu'elle semble converser avec eux et avec les arbres des forêts voisines. Autant sur la route de Rome à Otricoli on se sent seul, autant ici on se sent entouré par la vie, la fécondité, la gaieté du paysage.
Le récit de Thomas de Celano prend un tour si vif, pour raconter la vie de François à cette époque, qu'on ne peut guère s'empêcher de penser qu'il dut le voir alors, et que cette première rencontre resta
i. i Gel. 35; Bon. 40 et 41.
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pour luL comaie la radieuse aurore de sa vie spirituelle^.
Les Frères s'étaient mis à prêcher daos toutes les localités qui se trouYaieot sur leur passage. Leurs paroles étaient toujours à peu près les mèiiies; ils souhaitaieot la paix et exhortaient à la péûiteuœ. Enhardis par Taccueil qui leur avait été fiiit k Rome et qu'ils pouvaient très innocemment considérer comme plus favorable qu*il n'avait élé en réalité, ils le racontaient à tout venant et rassuraient ainsi les scrupules.
L'efiet de ces exhortations, où François ménageait si peu ses auditeurs, mais où ses reproches les plus sévères étaient mêlés de tant d'amour, fut énorme. L*homme veut surtout être aimé, et s*il rencontre quelqu un qui 1 aime sincèrement, il lui refuse bien rarement son cœur et son admiration.
Ce n'est que le bon sens vulgaire qui confond l'amour avec la faiblesse et la complaisance. On voit parfois les malades baiser fiévreusement la main du chirurgien qui les opère: nous faisons souvent de même pour les chirurgiens spirituels, car nous sentons tout ce qu'il y a de vigueur, de pitié, de compassion dans les tortures qu'ils infligent, et les cris qu'ils nous font pousser, sont autant des cris de reconnaissance que des cris de douleur.
On accourut de tous côtés pour entendre ces prédicateurs plus sévères encore à eux-mêmes qu aux autres. Des membres du clergé séculier, des moines, des
1. La seule route reliant Celano & Rome ainsi toute lltaUe centrale et septentrionale, passait par Aqnila, Rieti, et Tenait rejoindre à Terni les grandes voies eondoisant du nord de la Péninsale vers Rome.
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hommes instruits, même des riches, se mêlaleot souvent aux auditoires improvisés qui se formaieol daus les rues et sur les places publiques. Tous ne se convertissaient pas, mais il leur était bien diiiicile d'oublier cet iacounu, qui 8*ëtait rencontré un jour sur leur chemin, et qui, en quelques paroles, avait porté le trouble et la craiole jusqu'au fond de leurs cœurs.
François était vraiment, comme dit Celano, l étoile briiiaute du matin. Sa prédication si simple s emparait des consciences, arrachait les auditeurs k la booe mêlée de sang dans laquelle ils piétinaient, pour les entraîner malgré eux, bien haut, en plein ciel, dans les • . sereines ré.^^ions ou tout se tait, sauf la voix du Père céleste: «Tout le pays tressaillait. Les champs en friclie se couvraient déjà de riches moissons; la vigne desséchée recommençait à fleurir^.»
Seule une âme profonclémenl poétique et religieuse — (n'est-ce pas tout un?) — peut comprendre les ravissements et les joies qui inondaient TAme des fils spirituels de saint François.
Le plus grand crime de notre civilisation industrielle et commerciale est de ne nous laisser de goût que pour ce qui s*achète è prix d'argent, et de nous faire oublier les jouissauces les plus pures, les plus vraies, qui sont là, à notre portée. Le mal remonte bien loin : c Pourquoi, disait le Dieu du vieil îsaïe, pesez-vous de l'argent pour ce qui ne nourrit pas? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas? Écoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, et votre âme se délectera de mets succulents 2. i>