‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 108 sur 242 · Cei. 36 et 37; 3 Soc. 54; Bon. 45^. S. Inle · texte numérisé non relu

Cei. 36 et 37; 3 Soc. 54; Bon. 45^. S. Inle

BIVO-TORTO 123

Les joies achetées à prix d'argent, les plaisirs bruyants, fiévreux, ne sont rien comparativement à ces joies douces, paisibles, modestes, mais profondes, durables, pacifiantes qui élargissent le cœur au lieu de le diminuer, qui reposent Tesprit au lieu de le fatiguer, à côté desquelles nous passons trop souvent, à peu près * comme ces paysans qu'on voit s'extasier devant les fusées de quelque féte foraine, niais ne pas avoir le moindre regard pour les glorieuses splendeurs d*ane nuit d été.

Dans la plaine d'Assise, h une heure de marche de la

ville et à proximité de la grande route qui conduit de Pérouse à Rome; était une maisonnette toute délabrée appelée Rivo-Torto. Un torrent, presque toujours à sec, mais qui peut devenir terrible par les orages, descend du mont Subasio et passe à côté.

La masure n'appartenait à personne; elle avait servi de léproserie avant la conslruction, par les Crucigères,^

1. Cet Ordre mériterait d*ôtre plus connu; il remontait au pontificat d^Alexandre III et se répandit rapidement à travers l'Italie centiale el l'Orient. Du vivant de François, il l ossédait dans la Péninsule et en Terre-Sainte une quarantaine de maisons consacrées au soin des lépreux. Il est fort vraisemblable que c'est à «San Salvatore délie Pareil que François vint visiter ces ) auvres malades. 11 y fit tout spécialement la connai^s mce d'un Crucigère nommé Morico, Celui-ci étant plus tard tombé malade, François lui envoya un remède qui devait le guérir, et lui annonça en même temp> qu'il deviendrait son disciple, ce qui arriva peu après. L'hôpital San Salvatore a disparu; il ae trouvait à l'endroit appelé aid<nird'hui 0$ped4»Utto, où est maintenant une petite chapelle» à moitié chemin entre Aasise et Notre-Dame des Anges. Cest de là que François mourant bénit Assise. Sur Morico Y. 3 Soc 95; Bon. 48; S GeL 3, 1S8; Confom. 63 b. — Sur Thèpital V. Bon. 49; Cmiform. 135 a i ; Honarii UI opéra, ed. Horoy, t. I» col. Cf. Potthast 7746; L. Anvray» RegiHreê de Grégaire iX, Paris

VIB DE S. FRANÇOIS

de leur hôpital San Salvatore deile Pareti. Depuis lors»

elle était abandonnée. François et ses compagnons Yîareot de nouveau y chercher un gîte ^. C'est un des côtés les plus tranquilles de la banlieue d'Assise, et de là» il leur était facile de rayonner dans les environs; oo y est à peu près à égale distance de la Porlioncule et de Saint-Damien. Mais ce choix semble avoir eu pour motif principal la proximité des Careeri. On appelle ainsi quelfjues grottes naturelles très exiguës, qui s ouvrent a .mi-côte, en plein bois, sur les flancs du mont Subasio* Bn remontant le torrent de Rivo-Torto, on y parvient en une heure par des sentiers escarpés et glissants, oii les chèvres ellds-mêmes ne se hasardent pas volontiers. Quand on y est arrivé, on pourrait se croire à mille lieues des humains, tant les oiseaux de proie y sont nombreux et y vivent en toute tranquillité*.

François aimait cette solitude et avec quelques compagnons, venait souvent s'y retirer. Les frères chargeaient en ce cas l'un d'entre eux de toutes les préoccupations matérielles, puis retirés chacun dans un de ces antres, ils pouvaient ainsi durant quelques jours n*étre attentifs qu*à la voix intérieure.

Ces petits ermitages, assez isolés pour qu on ne fut pas distrait, mais assez rapprochés des villes pour qu*on pût

1800, ia*4o, SOO. Sur les Gracigères an temps de saint François V. l'intéressante bnUe Cum tu fili prior, du 8 juillet lâOS; Migne, /«m. op., t. II, col. 135 ss. Cf. Potthast 1950 et Cum pastarU 5 avrU lâ04} Migne, loe, eit, 310. Cf. Pottliast 2169 et 4474.

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