Gel. 18; âl; SSoc. 34; âCdl
i78 VIE DE 8. FRANÇOIS
Poriioocule^. L'enoemi de l'âme, pour lai comme pour
Jésus, c*est Ta varice euteudue dans sud seos le plus large, c'est-à-dire cel aveaglement qui eotrafoe l*homme à consacrer soq cœur à des préoccupatioas matérielles, en fait l*esclave de quelques pièces d*or ou de quelques arpenls de terre, le rend insensible aux beautés de la nature, et le prive des joies iafiaies que savourent seuls les disciples de la pauvreté et de Tamour.
Quicouque était libre intérieurement de toute servitude matérielle, quiconque était décidé à vivre sans thésauriser, tout riche qui voulait travailler de ses mains et distribuer loyalement tout ce (ju'il n'aurait pas consommé, pour constituer ainsi le capital commun que saint François appelait la table du Seigneur ^ tout pauvre qui voulait trt- 1 vailler, quitte à recourir dans la stricte mesure de ses be- | soins à cette table du Seigneur, étaient alors de vrais Franciscains. i C'était toute une révolution sociale. | Il n'y avait donc ni un, ni plusieurs ordres^ : rÉvangile i des béatitudes était retrouvé, et comme douze siècles auparavant, il pouvait se plier à toutes les situations.
1. An. Periis. A. SS. p. 600. Cf. 3. Soc G<). Les trois Ordres sont conlomj)orains; on devrait même due les quatre, en y comprenant celui (pli échoua parmi les j)rô'res séculiers. V. ci-apn'^s.
Dans une lettre, sainte Claire parle de son Ordre comme ne faisant qu'un avec celui des frères: Sequaris consilia Reverendi Patris i}Oittri fratris EUœ Minùitri generalis totiwi ordinis. A. SS. Martii, t. I, j). 007.
2. Ce point de vue est mis en ndief pr un trait du De laudibus de Bernard de Bcs.se (manuscrit de Turin, 113 a). Voici comment il termine le chaj). VII sur les trois ordres: Nec Sanctu^ his contci\tus ordinibus sataycbnt omnium gcncri salulis et penitcntiœ viam dare. Undc parochiali cuidam sacerduti diccnti sibi quod vellct rctenta tamen ecclesin, Fmtcr esse, data vivendi et ivdiicndi »nodo, dicitur indixisse ut annuatim, colîectis EccUsiœ fructibus darei pro Dec, quod de prœteritis supei esset.
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Hélas! rÉglise personnifiée par le cardinal Hugolin devait sinoo faire avorter le mouveiueot fraociscaio, du moins Tendiguer si bien que quelques années plus tard, il avait perdu à peu près tous ses caractères originaux.
Comme on l*a vu, le mot de pauvreté n'exprime que très imparfaileuieot le point de vue de saint François, puisqu'il contient une idée de renoncement, d^absH" iience, tandis que dans sa pensée le vœu de pauvreté est un vœu de liberté. La propriété, c'est la cage aux barreaux dorés, à laquelle de pauvres aloueltes sont parfois si bien habituées qu'elles ne songent plus même a s'en échapper pour s'élancer en plein azur*.
Saint-Damien fut, à Torigine, Textréme opposé de ce qu'est maintenant un monastère de Clarisses de la stricte observance; il est encore aujourd'hui à peu près tel que le vit François. Il faut savoir gré aux Frères Mineurs d avoir conservé intact ce vénérable et délicieux ermitage, et de ne pas l'avoir gftté par de stupides embellissements. Ce petit coin de terre ombricune sera, pour nos descendants, comme ce puits de Jacob oii Jésus s'assil un instant, un des parvis preieres du culte en esprit et en vérité.
En y installant Claire, François lui remit la règle qu'il lui avait préparée ^, sans aucun doute semblable
1. Voir le joli récit des Ftor. 13;Gf. Sj^e. 65 a; ConformAeS hi.
2. Le texte en a ôtu sûrement inséré jadis dans le chapitre VI de l i Uè^le octroyée aux Clarisses de Saint-Daraien, leU ;iOùt 1253, i)ar la bulle Solft annuere. Potthast 150S6. Mais ce chapitre a été complètement bouleversé dans be lUcoup d'éditions. 11 faut lire le texte du ISpeculum Morin, Rouen 1509. Tract. III, 226b. L'étude critique à f lire sur ce texte en le rapprochant des indications données par la bulle Angelin gaudium du il moi 1238. Sbaralea I , P* est trop longue pour trouver place ici.
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à celle des Frères, sauf pour les préceptes coDcemaiH
la vie missionnaire. Il l'accompagna de l*engagemeat ^, pris par lui et ses frères, de subTCoir par le travail ou laumôae à tous les besoins de Claire et de ses futures compagnes. En retour, elles devaient travailler, elles aussi, et rendre à leurs frères tous les services dout elles seraient capables. Ou a vu le zèle que François mettait à ce que les églises fussent dignes du culte qui s*y célèbre; il ne pouvait pas souffrir que les linges sacrés fussent malpropres. Glaire se mit à iiler, pour confectionner des nappes d'autel et des corporaux que les frères se chargeaient de distribuer aux églises pauvres de la contrée^. Ëniin pendant les premières années, elle soigna aussi les malades que François lui envoyait, et Saint-Damien fut pour quelque temps une sorte d'hôpital ^.
Un ou deux frères, qu'on appela zélateurs des Pauvres DameSt furent spécialement chargés du soin des sœurs, et se ûrent des huttes à cùlé de la chapelle, sur le modèle de celles de la Portioncule. François, lui aussi, était bien près: une sorte de terrasse de quatre pas de long domine Termitage; Claire s'arrangea là un minuscule jardinet, et quand, au crépuscule, elle venait arroser ses Qeurs, elle voyait, à peine à une demi-lieue^ la Portioncule tout auréolée des feux du couchant.
Pendant plusieurs années, les relations entre les deux maisons furent continuelles, pleines de charme et de