‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 13 sur 242 · TLD£ CRITIQUE DES SOURCES · texte numérisé non relu

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grande que l'autorité officielle des luiuiâtres et des gardieiiB* Le peuple se toorDait d'instinct rers eux comme vers les véritables continuateurs de l'œuvre do saint François. Ce n'était pas sans raison.

Ils avaient la vigueur, la véhémence des convictions absolues; Teussent-ils voulu, ils n'auraient pas pu transiger. On les voyait apparaître tout à coup dans les villes ou les villages pour sommer les grands aussi bien que le peuple de faire pénitence. Lorsqu'ils descendaient de lenrs ermitages des Âpennins, les yeux brillants de fièvre, perdus encore dans la contemplation, tout dans leur personne racontait leurs radieuses visions \ et la ftule étonnée et subjuguée s'agenouillait pour baiser la trace de leurs pas, le cœur mystérieusement troublé.

Un groupe pins nombreux était celui des frères qui, sans être moins saints, condamnaient ces allures. Nés loin de TOmbrie, dans des contrées où la nature semble une marfttre, où l'adoration, bien loin d'être l'acte instinctif de rruuo heureuse s'épanouissant pour bénir le Père céleste, est au contraire le cri de détresse de l'atome perdu dans l'immensité, ils voulaient surtout une réforme religieuse, rationnelle et profonde. Ils rêvaient de ramener l'Église à la pureté des anciens jours, et voyaient dans le vœu de pauvreté, entendu dans le sens le plus large, le meilleur moyen de lutter contre les vices du clergé; mais ils oubliaient ce qu'il y avait eu, dans la mission de saint François, de fraîcheur, do gaieté italienne, de poésie ensoleillée.

Pleins d'admiration pour lui, ils voulaient cependant élargir la base de sou œuvre, et pour cela ne renoncer à aucun moyen d'influence, surtout pas à la science.

Cette tendance dominait en France, en Allemagne et eu Angleterre.

En Italie elle était représentée par une fraction très

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puissante, sinon par le nombre, du moins par Tautoriié de 868 représentants. C'était celle que favorisait la ))apauté* Ce fut celle de frère Élieetdetous les ministres généraux de l'Ordre au XII1° siècle, si on eu excepte Jean de Parme (1247—1257) et Raymond Oanfridi (1289-^1295).

Dans la Péninsulei un troisième groupe, celui des relâchés, était de beaucoup le plus nombreux : les hommes vulgaires auxquels la vie monastique paraissait la plus facile existence, les moines girovagues heureux de s'attirer un regain de succès en étalant la Règle nouvellei y formaient la majorité de la famille franciscaine.

On comprend sans peine que des documents émanés de milieux si divers portent l'empreinte de leur origine. Les hommes qui vont nous apporter leur témoignage, sont les combattants de la lutte sur la question de la pauvreté, lutte qui a troublé l'Église pendant deux siècles, passionné toutes les consciences^ et qui a eu ses bourreaux et ses martyrs.

Pour déterminer la valeur de ces témoignages, il faut donc avant tout en rechercher l'origine. U est évident qu'un récit des intransigeants de droite ou de gauche peut n'avoir qu'une très mince valeur s'il s'agît de points controversés ; d'où la conclusioUi que l'autorité d'un narrateur peut varier de page à pa^ ou môme de ligne à ligne.

Ces idéesy si simples qu'on a presqne besoin de s'excuser de les exprimer, n'ont cependant jamais guidé

ceux qui ont étudié la vie de saint François. Les plus savantS| comme Wadding et Papini| ont juxtaposé les récita des divers biographes, élaguant çà et là ceux qui étaient par trop contradictoires ; mais ils ont fait cela au hasard, sans règle ni méthode, guidés par l'impression du moment.

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