‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 14 sur 242 · ÉTUDE CRITIQUE DES SOURCES XUX · texte numérisé non relu

ÉTUDE CRITIQUE DES SOURCES XUX

Le long travail da Bollandiste Sujsken est vicié par un défaut analogue : rivé à son principe que les plus anciens docaments sont toujours les meilleurs il s'est établi sur la Première Vie par Thomas de Celano comme sur un roc inébranlable et a jugé toutes les autres légendes à travers celle-là'.

Quand on rattacbe les documents aux circonstances troublées de leur apparition, quelques-uns perdent un peu de leur autorité, d'autres qui avaient été négligés, comme étant en contradiction avec les témoignages devenus quasi otbcielsi reprennent tout à coup voix au chapitre, tous enfin gagnent une vie qui double leur intérêt.

Ce changement de point de vue dans l'appréciation des sources, cette critique que je serais tenté d'appeler solidaire et organique, amène une transformation profonde dans la biographie de saint François. Par un phénomène qui peut sembler étrange, on arrive à tracer de lui un portrait qui se rapproche bien plus de celui qu'il a dans l'imagination populaire en Italie, que de celui qu'en ont &it les savants historiens mentionnés plus haut.

Lorsque François mourut (1226), les partis qui divisaient l'Ordre étaient déjà entrés en lutte. Cet événe- Dieat précipita la crise : frère Eiie remplissait depuis cinq ans les fonctions de ministre général avec le titre deTicaire. Il déploya une stupéfiante activité. Investi de la confiance de Grégoire IX, il écarta les eeLanti

1. Il va sans dire que je ne veux pas m'élever contre ce principe, UQ de« plus féconds de la critique^ mais encore ne faut-il pas remployer isolément.

S. Les travaux d'érudition parus en Allemagne dans ces dernières ^QDéei pèchent par le même défaut* On les trouvera cités en temps «tOe duis le corps de Fouvrage.

des charges, fortifia la discipline jusque dans les provinces les plus éloignéesi obtint de nombreux privilèges de la curie, et prépara avec une incroyable rapidité la construction de la double basilique où devaient reposer les cendres du Stigmatisé; mais malgré tous ses efforts, le chapitre de 1227 le laissa de côté et choisit Jean Parenti comme ministre général.

Furieux de cet échec, il mit aussitôt tout en œuvre pour être nommé au chapitre suivant. Il semble même qu'il n'ait tenu aucun compte de la nomination de Jean Parenti, et qu'il ait continué à se comporter comme s'il eût été ministre ^

Très populaire parmi les Aasisiates, tout éblouis de la magnificence du monument qui surgissait sur la Colline de V enfer y devenue la Colline du paradis'^ sûr d'être appuyé par une partie considérable de l'Ordre et par le pape, il poussa les travaux de la basilique, avec une décision et un bonheur peut-être uniques dans les annales de rarchitecture^.

1. Eccl. 13. Yoltteninl ipsi, quos ad et^itulum eoneetserat venire frater Hehcw; nam omnu eoncmit etc. An, /V*. 1. p. 241. Cf. Mon. Germ. hist. Script, t. 38, p. 564.

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