‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 136 sur 242 · V. ci-dessus, p. XC. Cf. A. SS. p. 823 s · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, p. XC. Cf. A. SS. p. 823 s

3. Âujourd hui Sasso-Feltrio eatre leConca et le MarecchîOi aa tud et à deux heures de marche environ de Saiot-liarin.

4b La bonheur que J'attende est si grand, que toute peine m'est une joie.

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ment favorable à la contemplation, elle est tout à fait isolée etooDviendrait bien à qui voudrait faire péaitenoe, loin des bruits du monde; si elle vous plaisait, je vous la doDoerais volontiers à vous et à vos frères pour le salut de mon àme.]>

François accepta avec joie, mais comme il devait être à la Portioncule pour le chapitre de la Pentecôte, il remit à un moment plus favorable, la visite qu*il voulait faire à TAIverne*.

Est-ce dans cette même tournée qu'il passa par Imola? En tout cas rien ne s*y oppose. Toujours courtois, il était allé dès son arrivée se présenter à révéque et lui demander Fautorisation de prêcher : c Je n'ai besoin de personne pour m'aider dans ma tâche,» lui répondit sèchement celui-ci. François s inclina et se retira plus poli et plus doux encore qu*à l'ordinaire. Hais moins d*une heure après il était revenu: ccQuesl-ce donc, frère, que me voulez-vous encore «Monseigneur, répondit François, quand un père chasse son fils par la porte, celui-ci rentre par la fenêtre, d

Uévêque désarmé par une si pieuse insistance donna

Tautorisation demandée^.

Le but de François n*était cependant pas d*évangé-

liser alors la Péninsule; ses frères y étaient déjà répandus en très grand nombre, et il voulait plutôt leur

ouvrir l'accès de contrées nouvelles.

1. Tous les documents donnent le texte de François en italien, ce qui suffirait à prouver que ce fut non seulement la 1 mgue de ses poésies, mais aussi celle de ses sermons. Spec, 92 a ss. ^ Confornu 113 a 2; 231 a 4 ; Fior., Prima consid,

a. 2 Gel. 3, 85 ; Bon. 82.

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N*ayant pu atteindre les Infidèles en Syrie, il résolut d'aller les trouver au Maroc : quelque temps auparavant (juillet 1212) les troupes des Almohades avaient essuyé dans les plaioes de Tolosa une défaite irréparable; battu par la coalition des rois d'Aragon» de Navarre et de Caslille, Mohammed-el-Naser était retourné mourir à Maroc. François trouvait que cette victoire par les armes ne serait rien si elle n*était suivie d*UDe pacifique victoire de Tesprit évangélique.

Il était si plein de son projet, si pressé d*arriver au but de soo voyage, que bien souvent il oubliait sou compagnon, et hâtant le pas, le devançait beaucoup. Les biographes sont malheureusement fort laconiques sur cette expédition, ils disent seulement qu'arrivé en Espagne il y fut assez gravement malade, pour que le retour s*imposflt. A part quelques légendes locales d'assez uiauvais aloi, nous ne possédons plus aucun renseignement sur les travaux du Saint dans ce pays, ni sur la route qu'il parcourut soit à l'aller, soit au retour^.

Ce silence n*a rien d'étonnant et ne doit pas faire illusion sur l'importance de cette mission. Celle d'Égypte qui eut lieu six ans plus tard, avec tout un cortège de frères, et à un moment où l'Ordre était bien plus développé, n'est mentionnée qu'en quelques lignes par Thomas de Celano; sans la découverte récente de la chronique de frère Jourdain de Giano. et les longs détails donnés par Jacques de Vitry, nous en serions réduits, sur elle aussi, à des conjectures. Les légendes espagnoles, dont il vient d*être question, peuvent donc n'être pas tout à fait sans

i . 1 Gel. 56 i Bon. 132.

tt

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foDdemeot» de même que celles qui coaceraeut le passage

de saint François à travers le Languedoc et le Piémont, mais dans Tétai actuel des sources, il est impossible da faire un triage ayant quelque autorité, entre le fond historique et des excroissauces sans valeur.

La mission en Espagne eut sans doute lieu entre la Pentecôte de 1214 et celle de 1215 ^ ; François avait, je pense, passé Tannée précédente^ en Italie. Peut-être alla-t-il alors voir TÂlverne. La Marche d'Âncone et la vallée de Rieti ont dû également l*attirer vers cetteépoque; enfin raccroissement des deux branches de TOrdre devait rendre sa présence nécessaire à la Porlioncule et à Saint-Damien.

La rapidité et Timporlance de ces missions n*ont rien qui doive surprendre, ni faire naître des scrupules critiques exagérés. On devenait en quelques heures membre de la fraternité, et il ne faut pas mettre en doute la sincérité de ces vocations» puisqu'elles avaient pour condition Tabandon immédiat, au profit des pauvres, de toute propriété quelconque. A peine reçus, ces nouveaux frères en recevaient d'autres à leur tour, et souvent devenaient, dans la localité même où ils se trouvaient, les chefs du mouvement. La façon dont

1. V. Wadding, ann. 1213-1215 Cf. A. SS. p.a)2et 603, 825-831. Marc (le Lisbonne, lib. I, cap. 45, p. 78-80 ; Papini, Storia dî S. FrimccscOf 1, p. 79 ss. (Foligno, 1825,2 vol. in-4o). On s'étonne de voir le P. Suyskexi appuyer si lourdement sur ïargumentum a aiUntio.

2. De la Pentecôte de 1213 à eeUe de 1214.— Pott non multum veto imporiê vemu Marochium iter arripuit, dit Thomas de Celano (1 Gel. 56) apris avoir mentionné le retour d'EseUiTOiiie. En tenant compte de VtuuB loquendi de l'autear, cette phrase paratt établir an certain temps d'arrtt entre les deux missions.

PAËMli^AËS X£NTATIV£S SUll LES INFIDÈL£S 199

Dous voyons les choses se passer en 1221 en Aliemagoe» et en 1234 ea ADgleterre, nous donne un très vivant tableau de celte germioation spirituelle.

Pour qu*un monastère fût fondé, il suflSsait que deux ou trois frères eussent à leur disposition un abri quelconque d'oii ils rayonnaient dans la ville et les campagnes voisines.

Il serait donc également exagéré de faire de saint François un homme qui passe sa vie à fonder des couvents, et de nier en bloc les traditions locales qui lui attribuent Térection d'une centaine de monastères. Dans bien des cas, il sufllt d'un simple coup d'oeil pour savoir si ces prétentions d*antiquité sont justifiées : avant 1230» rOrdre n'eut que des ermitages, dans le genre de TAl- ▼eme ou des Carceri, et uniquement destinés aux frères qui allaient passer quelque temps dans la retraite.

Revenu à Assise» François admit dans l'Ordre un €«*tain nombre d'hommes instruits, parmi lesquels était peut-être Thomas de Celano. Celui-ci dit en effet que le bon Dieu voulut bien alors se souvenir de lui, et il ajoute plus loin, avec une satisfaction naïve qui semble se trahir : « Le bienheureux François était d*une exquise noblesse de cœur et plein de discernement, aussi rendaitil avec le plus grand soin à chacun ce qui lui était dû» considérant avec sagesse chez tous le çlegré de leurs dignités. »

Ceci ne s*accorde pas très bien avec le caractère que nous avons esquissé de François; on ne se le figure pas conservant dans l'Ordre les distinctions si profondes qu'on faisait alors entre les divers rangs sociaux, mais il avait cette politesse vraie et éternelle, qui a ses racines dans 1^ cœur, et qui n'est qu'une forme du tact et de

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l'amour. Il ne pouvait en être autrement chez un homme qui voyait dans la courtoisie une des qualités de Dieu.

Nous touchons à Tune des périodes les plus obscures de sa vie. Il semble avoir passé après le chapitre do 1215 par une de ces crises de découragement si fréquentes chez ceux qui veulent réaliser l'idéal dès ici-bas. Avait-il découvert les signes avant-coureurs des épreuves réservées à sa famille? Avait-il compris que les nécessités de la vie allaient ternir et déflorer son rêve ? Avait^ il vu dans l'échec de ses missions en Syrie et au Maroc une indication providentielle d'avoir à changer de voie ? Nous ne savons. Mais vers ce temps il eut besoin de s'adresser à sainte Claire et à frère Sylvestre, pour leur demander conseil au sujet des doutes et des hésitations qui Tassaillaient; leur réponse lui rendit la paix et la joie : Dieu par leur bouche lui ordonnait de continuer son apostolat^.

Il se leva aussitôt et partit dans la direction de Bevagna^, avec une ardeur qu'on ne lui avait jamais vue. Ën l'invitant à persévérer, Claire lui avait en quelque sorte inoculé un enthousiasme nouveau. Une parole d'elle avait suffi pour lui rendre toute sa vaillance, et Ton trouve, dès ce moment dans sa vie, encore plus de poésie et d'amour qu'auparavant.

Il marchait plein de joie, lorsqu*apercevant des bandes d'oiseaux, il s'écarta un peu de la route pour aller au milieu d'eux. Bien loin de prendre la fuite ils s'empressèrent autour de lui, comme pour lui souhaiter la

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