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FEBMliEBS TENTATIVES 8CE LES INPIDitES 203
p<MraiDes; elle n'est chez lui qa*oiie manifestalion du
seotiment de la nature, seDlimeot tout mystique, ou dirail panthéisle, si œ moi o'avail un sens philosophique trop déterminé et absolument en opposition avec la pensée franciscaine.
Ce sentiment qui, chez les poêles du treizième siècle, est si souvent faux et maniéré, n'est pas seulement vrai chez lui, mais il a quelque chose de vivant, de sain, de robuste^. C'est cette veine de poésie qui a rendu à rilalie conscience d'elle-même, loi a foit oublier en quelques années le cauchemar des idées caihares, et Ta amchée an pessimisme. Par elle aussi, François est devenu l'initiateur du mouvement artistique qui a précédé la Renaissance, rinspirateur de cette nuée de ^ Préraphaélites, dessinateurs maladroits^ parfois gro- * tesques, auxquels nous retournons aujourd'hui avec une sorte de piété, trouvant à leurs saints disgracieux une vie intime, une expression morale que nous cherchons en vain ailleurs.
Si la voix du petit pauvre d'Assise fut si bien *
1. On a voulu com|)arer i cet égard François à quelques-uns de ses contemporains j mais la similitude des mots fait éclater la diversité d'iospiraUon : qu'Honorius 111 dise: Forma rosœ ut inferius anguêtOf superius ampla et tignificat quod Christus pauper fuit in nmndo^ $ëd têt Dominuê auptr onmia et implet univerea, Nam eieut forma rotœ etc. (édit. Horoy 1. 1, éd. XXIV et S04) et fiuse temt un sermon sur le symbolisme de la rose, ces dissertations alarobiqnées n'ont rien à Toir avec le sentiment delà nature. C'est l'arsenal de la rhétorique médiévale, employé a disséquer nn mot. 11 y a lé on effort inteUectnel» et non un chant d'amour. L'Imitation dira : 8i votre eœur était droite toute eréature eerait pour voue un y miroir de vie et un livre de sainte doctrinct lib. II, cap. 2. Le son* timent naïf de la beauté de la création est encore absent ici ^ elle devient un pédagogue déguisé.
SOI VIE DE 8, FEANfOIS
eatendae» c'est qu'ici comme ailleurs, elle n'avait rien
de convenu. Comme on est loin, avec lui, de la piété efiarouchée et pharisalque de ces religieux qui défendaient l'accès des couvents aux fenielles des animaux. Sa DOliou de la chasteté oe rappelle en heu cet e&cès de pruderie : un jour, à Sienne, il se fit donner des tourterelles, et les tenant dans le paa de sa tunique : c Tourterelles, petites sœurs, vous éles simples, innocentes el chastes, pourquoi vous êles-vous laissé prendre? Je Tais TOUS sauver de la mort et vous faire des nids pour que vous puissiez procréer et multiplier, seloa le commandement de notre Créateur. »
Il alla en effet faire des nids pour toutes, et les tourterelles se mirent à pondre, à couver et à élever leurs nichtes sous les yeux des frères ^.
 Rieti, une famille de rouges-gorges était la commensale du monastère, et les petits venaient picorer sur la table môme où les frères prenaient leur repas K Mon loin de lè^ à Grecclo ^, on apporta à François un levraut vivant qui avait été pris au piège : «Viens à moi, lui dit-il, frère levraut.» Et comme la pauvre béte lâchée se réiugiait auprès de lui, il la prit, la caressa, et enGn la mit par (erre pour lui rendre la liberté; mais elle revint à plusieurs reprises, si bien qu'il fallut la porter jusqu'à la forêt voisine, pour qu'elle consentit à reprendre sa liberté '*.