‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 143 sur 242 · Gel, ea · texte numérisé non relu

Gel, ea

2. i Gel. 06 ; Cf. Bon. 180 ; 1 Cel. 67 ; Cf. Bon. 482 ; 1 Cel. 69; Bon. 183. Après la mort de saint François, les Narniates furent les plus empressés à venir prier sur sou tombeau. 1 Gel. 128, 135» 136, 138, 141 ; Bon. 275.

L*aOMHE INTERIEUR BT LE TflADMATDRGB 209

De là, il paraît s'être eDgagédans la vallée de Rieti, où Greccio, Foote-Golombo, Sau-Fabiaao, Sani-Ëleuthero, Poggio-Busoone consenrent ses traces mieux encore que les environs d'Assise.

Thomas de Gelano ne nous donne aucun détail sur la roule suivie, mais s'étend par contre sur les succès de Tapôtre dans la Marche d*Ancône, et surtout à Ascoli. Les gens de ces contrées se rappelaient-ils encore les appels que François et Égide étaient venus leur adresser six ans auparavant (1209)» ou faut-il croire qu*ils étaient tout particulièrement préparés pour comprendre TEvangile nouveau? Quoi qu'il en soit, nulle part ailleurs on n'avait montré pareil enthousiasme ; Teifet des prédications fut si grand qu'une trentaine de néophytes reçurent immédiatement Thabit.

La Marche d*Anc6ne devait rester la province franciscaine par excellence. C'est là que sont Oifida» San- SeverinOy Macerata, Forano, Cingoli, Ferme, Massa et vingt au très ermitages ou la pauvreté devait trouver pendant plus d*un siècle ses hérauts et ses martyrs; c est de là que sont sortis Jean de TAlverne, Jacques de Massa, Conrad d'Offida, Angelo Clareno, et ces liions de révolutionnaires anonymes, de rêveurs, de prophètes, qui depuis les frères extirpés en 1244 par le général de rOrdre, Crescentius de Jesi, ne cessèrent de se recruter, et» par leur fière résistance à tous les pouvoirs, écri- Tîrent une des plus belles pages de Thistoire religieuse du moyen âge.

Ces succès, qui ioendaient de joie Tflme de François» ne provoquaient pas chez lui le plus petit oiouvement d'orgueih Jamais homme n*a eu une plus grande puissance sur les coeurs» parce que jamais prédicateur ne

s'est moins prêché lui-même. Un jour frère Masseo voulut mettre sa modestie à répreuve :

«Pourquoi toi? Pourquoi toi? Pourquoi toi ? répéta-t-il à plusieurs reprises, comme s'il avait voulu so railler de François.» — «Que veuz-tu done dire, s'écria enfin celui-ci.» — «Je veux dire que tout le monde te suit, chacun désire te voir, t'entendre, t'obéir, et pourtant tu n'es ni beau, ni savant, ni de noble famille. D'où vient donc que ce soit toi que tout le monde veut suivre ?»

— A Touïe de ces paxoles, le bienheureux François plein de joie leva les yeux au ciel, et après être resté un long moment absorbé dans sa contemplation, il s'agenouilla, louant et bénissant Dieu avec une ferveur extraordinaire. Puis se tournant vers Masseo : «Tu veux savoir pourquoi c'est moi que l'on suit? Tu veux le savoir? C'est que les yeux du Très-Haut l'ont voulu ainsi : ils regardent sans cesse les bons et les méchants, et comme ces yeux très saints n'ont aperçu parmi les pécheurs aucun homme plus petit, ou plus insuffisant ou plus pécheur que moi, ils m'ont choisi pour accomplir l'œuvre merveilleuse que Dieu a entreprise -, il m'a choisi, parce qu'il n'en a pas trouvé de plus vil, et qu'il a voulu ainsi confondre la noblesse et la grandeur, la force, la beauté et la science du monde ^.»

Cetto réponse jette un rayon de lumière sur le cœur de saint François : le message qu'il apporte au monde, c'est encore une fois la bonne nouvelle annoncée aux pauvres; son but est la reprise de cette œuvre messianique entrevue par la Vierge de Nazareth dans son Âfagnificatf ce chant d amour et de liberté, dans les

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